‹ Leçons sur les maladies microbiennesChapitre 171 sur 207 · PT0MA1NES · texte numérisé non relu

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maïne a été isolée par ce savant qui l’a obtenue des cultures du microbe, en faible quantité à la vérité, mais encore en quantité très suffisante pour produire des effets toxiques, aboutissant le plus souvent à la mort. C’est donc cette substance, à laquelle son inventeur a donné le nom de typhotoxine , qui imprime aux typhoïsants cet aspect particulier tellement caractéristique qu’il éclaire souvent le diagnostic. Des quantités infinitésimales de typhotoxine cristallisée ont été injectées sous la peau de certains animaux, et elles ont déterminé leur mort en donnant lieu aux symptômes suivants : hébétude, faiblesse extrême, diminution progressive des mouvements respiratoires et des battements du cœur aboutissant à la mort. Du reste, j’ai eu occasion de vous dire que de pareilles expériences avaient été faites. Sirotinin, Deumer et Peiper ont inoculé des liquides de culture filtrés ou bouillis, de telle sorte qu'ils ne pouvaient injecter ainsi que des ptomaïnes non isolées, mais présentes incontestablement dans le liquide, et dans ces conditions, la mort des animaux dans une sorte de stupeur était de règle absolue. Brieger avait, du reste, fait ces expériences en mélangeant, avec de la viande qu’il faisait cuire, les ptomaïnes extraites des cultures, et les animaux qu’il nourrissait avec cette viande présentaient toujours les symptômes d'une véritable intoxication. Il est incontestable que, dans certaines manifestations cérébrales de la fièvre typhoïde, c’est à l’activité toxique de ces ptomaïnes sur les éléments nerveux qu’il faut rapporter bien des désordres cérébraux. Mais il ne me parait pas douteux que, dans quelques cas, la présence des bacilles dans les méninges vient accentuer ces désordres, si tant est qu’elle soit impuissante à les créer de toutes pièces.

Il me reste maintenant à vous indiquer quels sont les endroits où se retrouve, dans la nature, le bacille de la fièvre typhoïde, les voies par lesquelles il pénètre en

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nous, et comment, lorsqu’il est entre' clans notre économie, il y prend pied et s’y développe, de façon à constituer la maladie telle que nous l’observons.

Un organisme humain n’est pas indispensable an bacille d’Eberth pour qu’il conserve sa vitalité; il s'implante souvent dans notre organisme, sans que nous le prenions d’un de nos semblables, malade de son fait. Issu d’un malade, et rejeté avec ses déjections, le microbe de la fièvre typhoïde aboutit au sol dont la composition fournit un milieu convenable, sinon à sa pullulation. du moins à sa conservation pendant un temps plus ou moins long, jusqu’à ce qu’un hasard le fasse pénétrer de nouveau dans un organisme humain, où il fera souche d’innombrables descendants, déterminant ainsi par cette phase évolutive une fièvre typhoïde chez son hôte de passage. Telle est d’habitude le roulement vital qui aboutit à la conservation de l’espèce de ce bacille, à moins que ce cercle ne soit interrompu dans sa continuité, et que le bacille, ne trouvant plus dans le sol les conditions normales, se sporule et laisse à ses germes le soin de procréer de nouvelles générations dans un milieu convenablement approprié.

L’eau où le bacille finit par aboutir, en s'insinuant au travers des éléments constitutifs du sol. paraît être son milieu de prédilection. On a même prétendu qu’il n’était pas rare de le voir pulluler dans l’eau, à la condition qu’il ne s’y trouve pas en présence d’espèces bactériennes plus âpres que lui au combat pour 1 existence. Cependant, d’après de nombreuses expériences, l’eau absolument pure ne conserverait pas longtemps les bacilles, ils finiraient par y disparaître. Mais ces expériences, d’origine allemande, sont loin d’être admises par tous les hygiénistes français, et d'après d autres faits observés par M. Gabriel Pouchet et par MM. Widal

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