‹ Leçons sur les maladies microbiennesChapitre 173 sur 207 · EXAMEN DE L'EAU · texte numérisé non relu

EXAMEN DE L'EAU

aussi vous faire connaître le résultat des recherches effectuées pour arriver à la connaissance exacte des substances à employer pour détruire les bacilles dans les matières qui en sont d’ordinaire le réceptacle. L’acide phénique les détruit si on se sert d’une dissolution à 1 p. 200 ; le sublimé corrosif à 1 p. 20000, le chlorure de chaux à S p. 100, voilà les substances; les plus habituelles, celles qui peuvent être d’un usage plus courant ; mais, ne l’oubliez pas, le moyen le plus prompt, le plus simple et le plus efficace, c’est encore l’eau bouillante.

Je dois encore vous indiquer quel est le meilleur procédé à employer pour examiner, au point de vue bactériologique, un milieu soupçonné d’être l’auteur d’une épidémie de fièvre typhoïde, et comme c’est, l’eau qui, le plus souvent, est ce milieu, c’est à la recherche du bacille typhique dans l’eau que je bornerai ce que j’ai à vous dire à ce sujet. Ne croyez pas que ce soit là une opération simple et facile et qu’il vous suffise d’un examen superficiel pour pouvoir vous prononcer en connaissance de cause. Les espèces bactériennes nombreuses, que peut renfermer l’eau, créent parfois de sérieuses difficultés, d’autant plus que le liquide renferme parfois des bactéries dont les caractères sont très voisins de ceux qui sont l’apanage de l’espèce que nous étudions; c’est là une des principales causes d’erreur. Le mieux est d’user du procédé indiqué par MM. Widal et Chantemesse, qui consiste à ajouter à l’eau dont on veut faire l étude une faible quantité d’acide phénique, environ 1 p. 600 ; par ce moyen, on empêche le développement de bien des espèces. L’eau suspecte est ensemencée sur diverses plaques de gélatine, avec de grandes précautions, de manière à ce que les colonies puissent se montrer avec la plus grande netteté. Ces plaques, mises à l’étuve, seront ensuite observées au

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microscope, de façon à s’assurer si les colonies de nouvelle formation montrent bien, par leur aspect extérieur, les caractères que nous avons signalés comme appartenant aux colonies du bacille typhique. Celles qui présenteront cet aspect seront minutieusement examinées au microscope. Leur morphologie, la manière dont se comporteront les éléments en présence des réactifs colorants, notamment des couleurs d’aniline et de l’hématoxyline, permettront de les différencier d'avec les autres espèces et d’affirmer leur nature. Au besoin, leur sporulation caractéristique viendrait révéler leur nature.

Nous avons encore à étudier, pour terminer l’étude du bacille typhique, par quelles voies il pénètre dans notre organisme et comment, quand il y a pénétré, il y prend pied, s’y implante et s’y multiplie, de façon à donner lieu à tous les symptômes de la lièvre typhoïde que nous avons étudiés. G est ce que nous ferons dans notre prochain entretien.

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