‹ Leçons sur les maladies microbiennesChapitre 176 sur 207 · TECHNIQUE · texte numérisé non relu

TECHNIQUE

ti pies à cause de la présence d’innombrables bactéries que I on y rencontre toujours, quelque chose comme 40 millions par gramme de matière. Je ne puis vous fournir d’amples détails techniques qui sont très longs et très minutieux; vous les trouverez exposés dans les divers mémoires de MM. Widal et Chantemesse, ainsi que dans l'excellent manuel de M. Macé. Dans les urines, lés bacilles se montrent fort rarement et c'est tout à fait illusoire que de les y rechercher, d’autant mieux que dix, vingt, cent examens négatifs ne prouveraient rien. Le seul mode de constater leur présence sur le vivant, c’est l’examen d’une petite quantité de liquide splénique. Cette petite opération, pratiquée avec tous les soins de l’antisepsie la plus rigoureuse, est complètement inoffensive ; je doute pourtant qu’elle sorte jamais de la pratique des hôpitaux pour s’établir dans la clientèle civile. Cette recherche doit se pratiquer seulement à la période d’état; au début et à la lin de la maladie, le résultat serait toujours négatif. La rate étant bien délimitée par la percussion, la peau est très exactement lavée et brossée au savon noir, puis lavée à la solution de sublimé ; quant à l’aiguille capillaire, elle doit être flambée avec soin. Le liquide obtenu par l’aspiration de la seringue peut être examiné directement, ou bien il peut servir à faire des cultures; l’aspect et l’examen des colonies qui en résulteront vous permettront d’asseoir votre diagnostic.

Sur le cadavre, c’est dans la rate ou dans les ganglions mésentériques tuméfiés, que vous rencontrerez en plus grande abondance les bacilles typhogènes et vous les trouverez parfaitement vivants vingt-quatre heures après la mort, car le bacille continue sa multiplication après que l’individu qui le porte a cessé de vivre. L’organe splénique étant bien lavé dans une solution de sublimé au 1/1000, vous l’ouvrez avec un

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couteau bien stérilisé, et quand vous êtes parvenus en plein parenchyme, vous enlevez de petits fragments que vous pouvez examiner. La stérilisation des instruments qui doivent vous servir est la chose capitale.

Je termine ici ce que j'avais à vous dire de la lièvre typhoïde et nous allons maintenant commencer l'étude des maladies dites zymotiques, dont le poison est d'origine tellurique.

Avant que Koch eût démontré le micro-organisme cholérigène, divers travaux de Wirchow, Pouchet et Pacini avaient rapporté l'origine de cette maladie à une invasion parasitaire. Plus tard, MM. Llayem et Reynaud découvrirent aussi des bactéries eholérigènes. Une mission scientifique envoyée en Egypte, et composée de MM. S li ■aus, Roux, Nocard et Thuillier, arrivait aussi de son côté à des résultats analogues. Mais c'est bien à Robert Koch que revient l'honneur d'avoir le premier, en 1884, décrit et cultivé le microbe générateur du choléra auquel il a donné le nom de Komma bac illus ou bacille virgule. Ses résultats ont été confirmés et corroborés par les travaux postérieurs de MM. Aicati et Rietsch, Van Ermcngem et Doyen. C’est dans le liquide intestinal que le bacille du choléra se trouve très abondant, et spécialement dans cette couche qui semble former comme une crasse au-dessus de la muqueuse. Lorsque la maladie a duré quelque temps, il n’est pas rare de voir les microbes dans l’épaisseur de la muqueuse, ou au-dessous de celle-ci. On les rencontre encore dans les glandes diverses de l’intestin grêle.

Le bacille virgule est un bâtonnet de 1 . SO £i 3 de long et d’une largeur quatre ou cinq fois moindre. Ce bacille est toujours recourbé et cette inflexion est plus ou moins prononcée, de là lui vient son nom. C’est par erreur qu'on en a décrit de droits, et cette erreur provient de ce que

LE BACILLE

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on les a observés, alors que le plan lumineux passait en même temps sur le corps du bacille et sur sa partie recourbée. La motilité est toujours très prononcée et la partie recourbée semble en modifier le sens, llüppe prétend que lorsqu’un bacille va se sporuler, son mouvement s’arrête, puis il se gonfle démesurément. Enfin il s’étrangle à son milieu, le point d’étranglement délimitant. deux corps sphéroïdaux, qui restent unis et enveloppés dans une même enveloppe. Ces corps ne sont pas des spores à proprement parler, mais ils en jouent le rôle, servent à la multiplication de l’espèce, sont doués de propriétés de résistance beaucoup plus énergiques que le bacille adulte, qu’ils reproduisent parfaitement lorsqu’ils sont placés dans un milieu favorable. Huppe leur donne le nom d 'arthrospores. Ce sont là les seuls éléments reproducteurs que l'on connaisse au bacille cholérigène, on ne lui connaît pas de spores proprement dites. La forme virgulaire n’est pas cependant absolument constante, et pour plusieurs auteurs, elle ne serait qu’une phase dans l’évolution morphologique du bacille, dont le dernier terme serait la forme spirulaire, la partie recourbée n’étant que l’ébauche de ce futur devenir.

C’est du reste un parasite doué d'une très médiocre résistance, la dessiccation lui est promptement funeste, mais en revanche il supporte assez longtemps la température de moins 10 degrés sans périr. Par contre, une température de 30 à 35 degrés est pour lui intolérable, et il en meurt au bout de peu de temps. L’acidité, quelque faible qu’elle soit, arrête promptement son développement. tl est également très sensible à l’action des diverses substances antiseptiques, notamment du sublimé qui l’empêche de pulluler à la dose de un cent millième. L’oxygène lui est indispensable sous la forme la plus facilement absorbable; c’est donc un aérobie dans toute la force du terme.

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