II OLE R A
Le microbe virgule se cultive avec assez de facilité, l’eau pure lui fournit même un milieu sinon extrêmement favorable, du moins suffisant. La présence de matières organiques en voie de décomposition favorise singulièrement sa pullulation. Dans tous les cas, il peut vivre longtemps dans l’eau et ses mouvements y sont très évidents. Les cultures sur plaques de gélatine ou d'agar-agar réussissent toujours fort bien. Les colonies se montrent au bout d’une trentaine d'heures sous forme de petites perles blanches, opalines, granuleuses d'abord à un faible degré, mais d’une façon de plus en plus nette. Puis les cultures s'étendent et se rapprochent, liquéfiant la gélatine autour d'elles, elles arrivent ainsi à se fusionner en se fondant progressivement les unes dans les autres, la liquéfaction de la gélatine augmente et l'ensemble exhale une assez mauvaise odeur. 11 esta remarquer que toutes les colonies qui constituent la masse, encreusent la plaque de culture, quand celle-ci est composée de gélatine ou d'agar-agar, tandis que sur le sérum, le développement se fait plus en surface, déterminant une cavité plus étendue, moins creusée à l’emporte-pièce.
Quand un liquide riche en bacilles cholérigènes est piqué dans des tubes de gélatine, maintenus à la température de 20 degrés, la présence du micro-organisme est encore plus prompte à se manifester; vingt heures lui suffisent. C’est une dépression cupulaire de la substance qui la révèle. A cette cavité fait suite un prolongement blanchâtre, qui lui donne progressivement l’aspect d’un bonnet rond surmonté d’une longue aigrette. Les jours suivants, le bonnet s’agrandit, le prolongement s’épaissit et la cavité s’emplit d’un liquide trouble et odorant. La liquéfaction continue à faire des progrès et arrive à gagner toute la partie supérieure de la substance contenue dans le tube. Quand on laisse ainsi
INOCULATIONS
vieillir ces cultures, on trouve, en les examinant, que le bacille y affecte des formes qui, quelquefois, s’éloignent assez du type ordinaire que nous avons décrit; il n’est pas rare en effet de le trouver globuleux aune de ses extrémités.
Le bouillon est aussi un excellent milieu de culture, la mul tiplication du bacille le trouble, et plus tard apparaît à la surface mie sorte d’anéorème blanc. Inoculé sur une pomme de terre, le microbe se développe sous forme d’une colonie grisâtre plus ou moins foncée.
Nous avons vu que la présence d’une faible quantité d’acide, surtout si c’est de l’acide chlorhydrique, oppose d’emblée un obstacle à la pullulation du bacille et arrête sa multiplication. La raison en est, en ce que l’aboutissant de la liquéfaction des milieux sur lesquels on cultive le microbe est la production d’une alcalinité manifeste, qui est probablement la réaction sans laquelle ne peut s’opérer leur développement.
Voyons maintenant les résultats obtenus par l'inoculation, aux animaux, des produits de culture. MM. Nicati et Reitsch sont les premiers observateurs qui aient pratiqué ces expériences.
Koch, dans le voyage qu’il lit. dans l'Inde pour étudier le choléra, essaya de faire manger à des animaux desaliments sur lesquels des déjections de cholériquesavaient été répandues. Une légère diarrhée, sans autre symptôme, suivit les expériences et les animaux guérissaient spontanément. MM. Nicati et Reitsch, ayant répété ces expériences avec des cultures pures, n’obtinrent aucun résultat, même en mettant en usage le procédé de Koch, c’est-à-dire eu provoquant préalablement une inflammation des premières voies digestives. Evidemment, ce ne pouvait être que l'action des sucs digestifs qui s’opposait au développement du bacille. C’est, pour le dire en passant, à l’action destructive du suc