‹ Leçons sur les maladies microbiennesChapitre 184 sur 207 · MORPHOLOGIE DES MICROBES · texte numérisé non relu

MORPHOLOGIE DES MICROBES

sous forme de longs filaments contournés, marqués par des segmentations à la manière des roseaux, avec une spore au niveau de chaque brisure transversale. L’inoculation de ces micro-organismes à des animaux déterminait, d’après ces auteurs, un état fébrile avec intermittence. Or, il est à noter que pour autant qu’un animal soit exposé aux émanations les plus délétères des marais, jamais il ne contracte spontanément la fièvre intermittente. Ces expériences, reprises par trois médecins italiens, Ceci, Cuboni et Marchiafava, donnèrent, d’après eux, des résultats identiques. De plus, ces auteurs prétendirent avoir pu isoler, de la rate d’un fiévreux, une spore qu’ils mirent en culture et qui reproduisit le bacille décrit par Klebs et Tomassi Crudeli. Enfin, ces mêmes auteurs avaient, à plusieurs reprises, constaté qu’il existait, dans le sang des fébricitants, de véritables parasites, et cela dans tous les cas de fièvre intermittente, mais seulement au début de l’accès, ces parasites disparaissant ensuite pour se remontrer au commencement de l’accès futur, quelque rapproché qu’il dût être.

Les recherches de M. Laveran, beaucoup plus précises et beaucoup mieux conduites, nous ont mis en possession de la vérité. D’après cet auteur, il existe toujours, dans le sang des fiévreux, des micro-organismes, qui ne sont autre chose que des algues, et qui se présentent constamment sous trois formes, parfaitement distinctes, trois types auxquels il a donné les dénominations de corps numéro 1, numéro 2 et numéro 3, et que nous décrirons, pour donner une figure à notre langage, sous les dénominations déjà connues, de corps en croissant, corps flagellés et corps sphériques.

Les coi’ps en croissant ou falciformes, configuration commune dans les diverses espèces d’algues, sont les corps numéro 1 de M. Laveran; ce sont des éléments

I NFECTJON PA LUDEENNE

incurvés, allongés, avec les extrémités effilées, qui rappellent assez bien la forme d’un croissant; ils sont le plus souvent absolument transparents, mais quelquefois parsemés de granulations moléculaires. Certains affectent une forme presque régulièrement ovalaire. Ces corps sont immobiles, ou quelquefois doués d'un mouvement très lent. Leur longueur, d une corne à l'autre, est de 8 à 9 «■; leur largeur, trois fois moindre. On observe quelquefois une ligne très ténue dans la concavité du croissant, qui semble relier entre eux deux points de l’échancrure.

Les corps numéro 2, ou corps flagellés, comprennent deux états évolutifs. Ce sont, dans leur première phase, des corps obronds d’un diamètre de 7 u, dans l’intérieur desquels on observe des granulations pigmentaires, le plus souvent disposées en cercle, qui tranchent nettement sur la transparence du support. A celle phase de leur développement, ces corps sont immobiles ou faiblement animés. La seconde phase de leur évolution consiste en la production de filaments allongés, atteignant trois ou quatre fois en longueur le diamètre de la sphère qui les supporte, naissant à la périphérie, et transformant l’élément en un corps flagellé ; les prolongements pouvant s’opposer l’un à I autre, naître en touffe sur un point de la sphère, ou être complètement isolés sur elle ou eu dehors d’elle. Ces prolongements sont toujours animés de mouvements très vifs, qu’ils communiquent aux corps sur lesquels ils sont implantés. Cette motilité est parfois assez intense pour déranger la symétrie circulaire d’après laquelle les granulations moléculaires sont ordinairement disposées.

Les corps numéro 3, ou corps sphéroïdaux, sont d'énormes masses protoplasmatiques, de forme vaguement sphéroïdalc de I0u.de diamètre, ils sont transparents.

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