‹ Leçons sur les maladies microbiennesChapitre 185 sur 207 · MORPHOLOGIE DES MICROBES · texte numérisé non relu

MORPHOLOGIE DES MICROBES

remplis de granulations moléculaires et réunies en amas confus.

M. Laveran déclare n’avoir jamais rencontré de corps à forme intermédiaire lui permettant de saisir sur le fait la transformation d’une espèce de ces corps dans une autre. Cependant, en mettant à profit ce que nous savons du développement des organismes inférieurs et spécialement des particularités remarquables qui président au développement évolutif des grégarines , nous pouvons dire que les corps en croissant ne sont qu’une ébauche, une sorte d’essai dont le développement ultérieur, peut-être du fait de la ligne mince dont je vous ai parlé, aboutira à la formation des corps sphériques à granulations circulaires. Il est aussi probable que la suite du processus de développement amènera la naissance des filaments et la constitution des corps flagellés, qui seraient le micro-organisme à l’état parfait, ayant atteint son entier développement. Quand la voie de la régression commence pour le corps flagellé, ses filaments tombent, il se déforme, est envahi par de nombreuses granulations disposées sans ordre et il constitue alors les corps sphéroïdaux, qui ne sont autre chose qu’un produit régressif d’éléments qui s’acheminent vers la destruction.

Les expériences de M. Laveran ont été répétées en bien des endroits par un grand nombre d’observateurs, notamment par deux Américains, MM. Councilman et Abbot, reprises ensuite par Golgi et Sternberg; elles ont donné lieu à un intéressant mémoire de M. Osler. En Italie, les résultats de M. Laveran ont été vérifiés par Richard, Gel I i et Marchiafava; tous les trois sont arrivés à des conclusions identiques. Toutefois, leurs observations les ont conduits à reconnaître l’existence d’un corps qui diffère de ceux décrits par M. Laveran. Ce sont de grosses cellules transparentes douées de

INFECTION P ALU D É E N N E

mouvements amibiformes très nets; ces cellules, ils les ont vues dans le sang, à l’état libre, ou bien encore dans l'intérieur des hématies. C'est à ces corps qu'ils ont donné le nom au moins bizarre de plasmodies ou hémoplasmodies. Le nom de corps amibiformes serait de beaucoup préférable, comme le fait très judicieusement observer M. Macé, car le nom de plasmodie sert à désigner une forme d’évolution des champignons inférieurs. 11 est probable, d’après le professeur de Nancy, que ces corps ne sont autre chose qu'un mode d’être particulier des corps flagellés de M. Laverai), avant la production des prolongements.

Le fait que les animaux ne contractent jamais spontanément la fièvre intermittente, alors même qu'ils sont exposés aux eflluves maremmatiques les plus intenses, rendait inutile l’inoculation de ces micro-organismes. Mais cette inoculation a été faite sur des hommes sains, auxquels on a pratiqué des scarifications sur lesquelles on a maintenu du sang, contenant les micro-organismes que nous venons de décrire. D’après Gerhardt, Marcotti et Ciurrocchi, ces expériences auraient été suivies d'un plein succès, et les inoculés auraient présenté des accès non douteux de fièvre intermittente, avec augmentation du volume de la rate. Marchiafava assure avoir retrouvé dans leur sang des corps amibiformes. La transmission interhumaine, au moins au point de vue expérimental, esl donc absolument démontrée.

Que sont ces micro-organismes, dont la configuration permettrait au besoin de les classer dans une des familles des algues connues, mais, à coup sûr, s’oppose à ce qu’on les considère comme des bactéries ordinaires, de même espèce que celles que nous avons déjà étudiées. Golgi les considère comme étant des myxomycètes , tandis que M. Laveran ne serait pas éloigné de les ranger dans la série animale soüs le nom d 'hématozoaires. Leur pré-

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