RAGE
microbienne au premier chef, c’était bien celle-là, et j’ai ajouté qu’on ne connaissait pas le microbe qui la détermine. Cette affirmation est peut-être exagérée, mais ce qui est incontestable, c'est que parmi les bactéries qui ont été signalées comme rabigènes, on ne peut en désigner aucune comme étant l’agent producteur indiscutable de cette terrible maladie. Ce que j’aurai à vous dire de la bactériologie de la rage sera donc très bref. Mais la question a pris, pendant ces dernières années, une telle extension, elle touche à des personnalités si considérables, elle est probablement destinée à recevoir avant longtemps une solution si heureuse pour l’humanité, que vous me permettrez d’entrer dans quelques détails. Voyons tout d’abord ce que nous savons de positif sur les micro-organismes que l’on a constatés chez les animaux enragéà.
MM. Pasteur, Roux, Chamberlain! et Gibier ont cru reconnaître des bactéries sphériques dans les centres nerveux des animaux mordus et succombant à la rage. Le dernier de ces auteurs en a donné la description dans sa thèse inaugurale (juillet 1884). Quant à M. Pasteur, il n'a voulu tirer aucune conclusion de ce fait encore si incomplètement observé. Dans une communication faite à l’Académie des sciences, en décembre 1885, M. Herman Fol prétend avoir rencontré, dans les moelles d'animaux morts de la rage, des diplocoques à éléments très ténus, ne mesurant pas plus de 0.2 «•. Ces bactéries seraient le plus souvent accolées au cylindraxc, par conséquent dans le névrilemme. On en trouverait aussi dans la substance unissante. Ce microbe, toujours d’après le même auteur, se cultive bien dans du bouillon qu’il trouble légèrement dès le troisième jour. Cette culture, inoculée à des animaux, aurait déterminé, chez quelques-uns d'entre eux. des symptômes de rage, mais toujours avec une période d incu-