LES MICROBES
bation, dont la longueur dépasse de beaucoup celle de l’inoculation rabique, telle qu’on l’observe communément.
Babès a décrit et a cultivé un microbe trouvé par lui dans les centres nerveux d’animaux enragés. C’est un microcoque de 0,5 à 0,8 y- de diamètre qui proliférerait sur le sérum et sur la e;élatine. Son évolution est très lente et les jeunes colonies se montrent sons forme de petites taches grisâtres. Ces cultures, à la troisième génération, ont été, dit Babès, inoculées avec succès, déterminant toujours des symptômes non équivoques de rage. Du reste, ce microbe se colore bien quand on le soumet à des immersions assez longtemps prolongées, dans des liquides teintés avec les couleurs aniliques. A côté de ces bactéries, Babès dit avoir aussi rencontré des bacilles d’une longueur de 2 à 3 a sur une largeur cinq fois moindre. Enfin MM. Mottet et ProtopopolT prétendent que le microbe, véritable agent rabique, est un bacille délié, se cultivant bien dans le bouillon à la température de 37 degrés et le troublant notablement au bout de quarante-huit heures. L'opalescence du milieu, disent-ils, va s’accroissant pendant un temps relativement long, puis une matière grenue se précipite au fond du vase, et la partie supérieure du liquide récupère sa transparence. C’est, du reste, le seul mode de culture qui leur ait réussi. Ces mômes auteurs ont trouvé ce microbe dans la sérosité intra-ventriculaire du cerveau des chiens enragés. Leurs cultures pures, inoculées par trépanation à des lapins, les ont tués promptement avec la rage paralytique la mieux déclarée. Quand c’est sous la peau que l’on dépose un fragment de culture, la mort ne survient qu’au bout de huit jours. Du reste, la forme de rage que présentent tous les animaux inoculés, est la forme paralytique, c’est-à-dire la forme la plus ordinaire de la rage expérimentale.