‹ Leçons sur les maladies microbiennesChapitre 189 sur 207 · RACE · texte numérisé non relu

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Voilà à quoi se bornent actuellement nos connaissances sur l'existence du microbe rabigène, vous voyez qu’elles ne sont pas bien complètes, et si les expériences de MM. Mottet et ProtopopofT paraissent avoir soulevé un coin du voile, il n’en est pas moins vrai qu'il est nécessaire que de nouvelles recherches, dirigées dans le même sens, viennent nous dire la créance que nous devons leur accorder. Elles ne tarderont pas probablement à se produire, surtout si elles sont confirmatives des faits que je viens de vous faire connaître.

Et pourtant, quel que soit le microbe, il est à croire qu'il tire sa redoutable puissance de ptomaïnes présentant des analogies d'action très étroites avec la télanotoxine, isolée par Brieger, comme je vous l'ai dit à propos du tétanos. En outre, il parait rationnel d'admettre que, si le micro -organisme déterminait par sa présence seule des accidents aussi formidables que ceux qui caractérisent la rage, c’est qu'il serait en innombrables légions dans les centres nerveux, dès lors il est probable qu'il n'aurait pas échappé aussi longtemps aux observateurs.

Ce microbe aurait cependant un côté tout à fait exceptionnel que je dois vous faire remarquer. La rage, vous le savez par les symptômes observés pendant la vie, est une maladie des centres nerveux; en effet, M. Pasteur a démontré que les inoculations du virus rabique, inoculé dans les méninges, ne manquaient jamais de rendre les animaux enragés. 11 a aussi établi que dans tout animal enragé la moelle épinière et le bulbe étaient les parties les plus virulentes; de plus encore, que la période d’incubation était singulièrement abrégée quand l’inoculation se faisait directement sur l'encéphale. Enfin, que cette période était d’autant plus longue, que l’inoculation avait lieu à un point du corps plus éloigné de l’encéphale. Telle est la série de propositions admi-

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