TERMINOLOGIE
bactériens et par quels organes ils s’effectuent. Poulies uns, ce sont les cils vibratiles; pour les autres, ce seraient des contractions de la masse proloplasmatique. D’un autre côté, nombre d’auteurs sont convaincus du polymorphisme des bactéries. Une morphologie variant suivant la culture au sein de laquelle est née la colonie bactérienne, telle est la doctrine soutenue par quelques savants. « Ces métamorphoses physiolo- « g'iques ne sont que l’extension d’un cas général bien « connu des botanistes, à savoir que les conditions de « culture peuvent modifier non seulement la forme, mais « encore les fonctions. » Ainsi s’exprimait M. Chauveau, dans la séance de l’Académie des sciences du 25 février 1888. Pour certains auteurs même, l’état morphologique où nous voyons les microbes ne serait pas un état définitif, mais bien un stade évolutif, une étape vers une autre forme. C’est ainsi que Billrolh prétend que toutes les bactéries dérivent d’une seule et même espèce. Une classification basée sur les propriétés physiologiques n’est pas plus acceptable, car c’est là le grand desideratum que nous poursuivons tous. Que cherchons-nous, eu effet, si ce n’est à bien connaître quelles sont les propriétés physiologiques des microbes? Et certainement ce que nous savons de ces propriétés ne nous permet pas encore d’établir des divisions en familles distinctes.
De plus, pour être complète, une classification doit comprendre toutes les bactéries, celles qui sont pathogènes et celles qui ne le sont pas, et vous savez que c’est seulement aux premières que nous devons borner notre étude. Il me paraît donc absolument inutile de surcharger votre mémoire d’une infinité de noms en général très peu euphoniques, qui pour la plupart ne vous seraient d’aucune utilité au point de vue que nous poursuivons. C’est donc plutôt la terminologie
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en usage dans l’élude des bactéries pathogènes que je vais vous indiquer rapidement.
Les bactéries pathogènes se présentent à nous sous deux formes principales : elles sont ou sphériques ou cylindriques, [cette dernière forme comportant deux modalités, suivant que le petit cylindre est droit ou contourné en hélice. Les bactéries sphériques ont reçu le nom de coccus et ce radical est le plus souvent précédé d’un mot, dérivé du grec, indiquant diverses variations dans la forme, le volume ou l’agencement des éléments bactériens entre eux. Tandis que les mots latins qui le suivent indiquent soit des propriétés pathogènes, soit des propriétés d’ordre physique. Ainsi, au point de vue du volume, on distingue le micrococcus elle megacoccus ; au point de vue de l’agencement, le diplococcus , le staphglococcus, le streptococcus , le tetracoccus ou tetragenus. Le qualificatif latin qui suit le mot ainsi formé peut se rapporter soit au pouvoir pathogène, soit à une propriété physique : staphglococcus pyogenes aureus, micrococcus albas, micrococcus diphteriticus , micrococcus fœtidus. Voilà pour les bactéries sphériques.
Les bactéries cylindriques sont rectilignes ou contournées en hélice. Les premières ont reçu le nom de bacilles , petits bâtonnets; ils sont plus ou moins longs, plus ou moins trapus. Quand ils sont très allongés, on les désigne sous le nom de leptothrix. Ceux qui sont contournés sont les spirilles. Diverses dénominations n’indiquent que des variétés de forme ou de volume, spirulines et spirochaetes. Ou donne le nom de vibrions à une variété de bacilles légèrement, très légèrement ondulés, animés d’un mouvement de trépidation analogue au mouvement vibratoire.
Lorsque les uns ou les autres de ces microbes se trouvent accolés en très grand nombre l’un contre
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l’autre et réunis, enveloppés dans une matière visqueuse qui contient et renferme l’amas des micro-organismes, ils sont dits alors être en zooç/lée ; il y a donc des zooglées du coccus, de bacilles et de spirilles. Voilà, messieurs, tout ce qu’il est besoin de savoir. Vous le vovez, c’est une terminologie bien simple. Ceci dit, nous commençons l’étude des propriétés d’ordre physico-chimique.
On admet généralement que la densité des bactéries est à peu de chose près égale à celle de l’eau. Comment est-on arrivé à le déterminer? Je l’ignore; je dois même vous dire que cela me paraît un prodige d’ingéniosité. D’après d’autres calculs, dus à M. Miquel, il faudrait de 600 à 700,000 bactéries pour peser un milligramme.
Les bactéries pathogènes sont généralement incolores, sauf quelques exceptions que je vais signaler. L’absence de toute coloration est certainement une des causes qui rend leur étude si difficile et qui a retardé leur connaissance jusqu’à nos jours. Pour les étudier il faut, en effet, les colorer artificiellement, et vous savez qu’on emploie à cet effet les couleurs d’aniline. J’empiète un peu sur un paragraphe suivant pour vous dire que le corps des bactéries est extrêmement avide de ces couleurs, et qu’il les fixe avec une rare intensité, si bien que les lavages ultérieurs décolorent les éléments anatomiques environnants, momentanément imprégnés de ces couleurs, tandis que les microbes gardent intacte la couleur dont on les a teintés.
Cependant, quelques bactéries présentent un faible degré de coloration, qui, considéré sur un seul individu, permet à peine de voir si son corps tranche sur le milieu ambiant, mais qui ne laisse pas que de communiquer une teinte très nette à un amas constitué par ces microorganismes colorés. C’est ainsi que la présence du
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micrococcus pyogenes aareus donne aux liquides purulents dans lesquels on le trouve des reflets dont la couleur orangée est d’autant plus intense que le microbe y est plus abondant. Cette coloration caractéristique de ce microbe, comme celle de tous les autres, se montre surtout d’une façon très évidente dans les liquides où ils sont cultivés. C’est également à la couleur du bacille de la diarrhée infantile que les selles des petits malades qui en sont atteints doivent leur coloration absolumentverte. C'est aussi à la présence d’un microbe, le bacillus pyocyaneus que le pus doit, dans certaines circonstances, de se colorer en bleu. Fordos, pharmacien en chef de la Charité, démontra que cette coloration, que nous savons aujourd'hui être d’origine bactérienne, était due à une sorte de pigment qui fut isolé par lui et qu’il lit cristalliser sous forme de longues aiguilles ou en lamelles absolument bleues. C’est Fordos qui mit en avant le nom de procyanine. De nos jours, M. Gessard a soutenu que la substance isolée par Fordos n’était autre chose qu’une ptomaïne produite par le microbe qui ne prendrait naissance que dans certaines conditions non encore déterminées. D’autres microbes interviennent pour donner au pus des teintes diverses. La présence et l’abondance plus ou moins considérable de deux microorganismes, le micrococcus pyogenes albus et le micrococcus pyogenes flavus , font varier la couleur du blanc sale au jaune. Il faut aussi faire intervenir dans les colorations diverses que peuvent présenter les collections purulentes la présence des principes colorants du sang. Le pus à couleur si spéciale et caractéristique de la blennorrhagie doit cet aspect à la présence du micrococcus citreus. Nous devons encore vous signaler les colorations diverses que présentent les sarcines. Ces microbes commensaux de l’estomac s’y montrent avec des couleurs souvent diverses que, du reste, leur nom indique suffi-
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samment. A côté de la sarcina lutea , M. Macé, professeur à la Faculté de Nancy, est dernièrement parvenu à isoler le sarcina aurea.
11 est des sécrétions dont la couleur est parfois complètement modifiée par la présence de certaines bactéries. C'est ainsi que le lait prend quelquefois une teinte légèrement bleuâtre quand il renferme, en assez grande abondance, le bacil/us syncyanus , ce qui du reste est loin d’être rare. D'après Babès, ce serait à la présence du micrococcas hematocles que serait dû le phénomène de la sueur rouge, surtout bien visible quand une pièce de linge a été imprégnée de sueur.
En dehors de l’espèce humaine et des bactéries pathogènes, on observe un assez grand nombre de microbes chromogènes; le plus remarquable de tous est le micrococcas prodigiosus , qui est très abondamment répandu dans la nature et qui, quelquefois, est tellement accumulé en certains endroits qu'il détermine des effets vraiment surprenants. Sa couleur est d’un beau rouge écarlate, il se développe de préférence sur les matières amylacées, les pâtes. C’est à cette coloration éclatante que certains aliments cuits, et abandonnés à l'air libre, doivent d’avoir été souvent le prétexte de légendes absolument fabuleuses. On a cru à certaine époque où l’explication du phénomène ne pouvait pas être fournie que des taches de sang étaient ainsi surnaturellement apparues. D'autres bactéries présentent des teintes variées, le bacterium viridis et le bacterium ruber , qui donnent à la mousse des marais une coloration rouge-brique. Citons encore le micrococcas cinabareus , le micrococcas roseus , le micrococcas falvus , qui est couleur de rouille, le micrococcas violaceus , dont on voit d’abondantes colonies sur des tranches de pomme de terre abandonnées à l’air libre.
D’après les recherches récentes de MM. Charrin et
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Roger, ce serait à la présence de l’oxygène ou à l’absence de ce gaz dans les cultures naturelles ou artificielles que les bactéries pathogènes ou non devraient ce pouvoir chromogène. D'après ces auteurs, un peu d’oxygène favoriserait singulièrement l’apparition de la couleur, tandis qu’une très grande abondance la réduirait considérablement. D’après eux, on pourrait, par exemple, régler et graduer la production du bacillus pyocyaneus par l’addition d’une solution plus ou moins abondante de dcutochlorure mercurique. Il n’est pas douteux que la composition chimique du terrain sur lequel se cultivent naturellement ou artificiellement les bactéries n’influe d'une manière décisive sur leur coloration, comme nous voyons que la nature de la composition chimique du terrain influe sur la coloration des grands végétaux. Ainsi, par exemple, les hortensias, dont la fleur est normalement rose éclatant, émettent des fleurs bleues lorsque le terrain sur lequel ils sont cultivés est arrosé avec une solution ferrugineuse.
A côté de cette propriété, nous devons signaler le pouvoir que possèdent certaines espèces bactériennes d’émettre des reflets lumineux ou phosphorescents. C’est le micrococcus phosphoreus de Pflüger qui jouirait de cette propriété. C’est à la présence de ce microbe qu’est due la phosphorescence que montrent la chair de poisson ou la viande de boucherie placée dans certaines conditions. Nuercb a étudié ce phénomène et décrit avec soin son agent producteur. Le microbe phosphorescent apparaît de préférence sur les viandes salées et sur la chair des poissons de mer. La putréfaction crée un terrain absolument défavorable à la culture de ce microbe, qui ne se cultive qu’à une température excessivement basse et est tué à 50°. Nuercb a démontré que des traînées lumineuses ne tardaient pas à se montrer sur des viandes absolument saines, si on les inoculait avec le produit du
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raclage de viandes déjà phosphorescentes; on peut ainsi dessiner des traits qui ne tardent pas à briller. Ce phénomène de la phosphorescence s’est, du reste, montré sur les produits de cerlaines sécrétions humaines normales ou pathologiques ; c’est ainsi que l’urine, le pus, la salive et la sueur ont été parfois lumineux chez certains sujets placés dans des conditions non connues. Henckel rapporte l’histoire d’un homme affligé de sueurs profuses, qui étaient absolument phosphorescentes; fl déclare avoir vu son corps dans l’obscurité, jetant des lueurs aussi intenses que s’il avait été oint d’une pommade phosphorique.
Je n’ai pas besoin de vous dire que les êtres que nous étudions présentent toujours des dimensions très exiguës; du reste, le qualificatif ((/extrêmement petit, qu’on leur donne souvent, indique suffisamment qu’il faut procéder par fractions infinitésimales de millimètre pour les mesurer. Il est des micrococcus dont le diamètre n’égale pas un demi-millième de millimètre; certains bacilles, dans le sens de leur largeur, présentent encore des dimensions moindres. A côté de cette extrême petitesse, nous voyons certaines spirilles mesurer jusqu’à 2 et 4 dixièmes de millimètre; entre ces deux extrêmes, on observe un nombre infiniment varié de dimensions que nous ferons connaître en vous parlant de chaque espèce pathogène. Hoffmann, et après lui Klebs et Billroth, ont tenté d’établir une classification sur les dimensions des bactéries, qu’ils divisaient en micro, méso et méga bacteria; ce n’est qu’une classification de plus, et je n’ai pas besoin de vous dire qu’elle vaut peut-être un peu moins que les autres.
Nous allons étudier maintenant quelle est l’action des divers agents de l’ordre physico-chimique sur les bactéries, et d’abord la chaleur.
La chaleur n’agit pas de la même manière sur toutes
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les espèces bactériennes. Cependant on peut dire d’une manière générale que la chaleur extrême ou longtemps continuée lue toutes les bactéries, et aussi que les spores résistent beaucoup plus que les adultes à son action. Ce que nous disons de l’action des températures élevées s’applique également aux températures basses, le froid extrême tue aussi la grande majorité des microbes. De plus, il est aussi avéré que le temps pendant lequel une espèce bactérienne, soit à l’état adulte, soit à l’état de spore, est exposée à l’un ou l’autre de ces agents, caléfaction ou refroidissement, est aussi un facteur très important, influant d’une manière décisive sur la vie bactérienne ou sur son anéantissement. Spores et adultes résistent bien mieux à une chaleur ou à une réfrigération prolongée qu ils ne résistent à une succession d’opérations du même genre d’une durée totale moindre. Prenons, par exemple, une espèce bactérienne qui résiste deux ou trois jours à une température de — 30 degrés, elle ne résistera pas à dix réfrigérations de deux heures de durée, bien que, en réalité, elle n’ait été refroidie que pendant vingt heures. Le bacille du charbon a supporté sans périr, entre les mainsde MM. Pictet et Yung, l’effroyable température de — 130 degrés, sans rien perdre de sa virulence, quand il était en culture; tandis qu’à cette température extrême le sang charbonneux devient tout à fait inoffensif et ne communique plus la maladie, quelque multiples que soient les inoculations. M. Mittchel a constaté que le micrococcus pyogenes aurais et le bacille de la fièvre typhoïde ne mouraient pas, après avoir été maintenus, pendant cent trois jours, au milieu d’énormes blocs de glace. Certaines espèces bactériennes supportent plus ou moins bien la chaleur extrême ou les basses températures, suivant qu’elles sont cultivées dans un milieu acide ou alcalin.
D’après M. Miquel, ce n’est qu' après avoir soumis des