‹ Leçons sur les maladies microbiennesChapitre 192 sur 207 · MORVE. — CHARRON · texte numérisé non relu

MORVE. — CHARRON

Messieurs ,

La morve est une maladie extrêmement virulente que l’on observe le plus souvent chez les équidés, ceux-ci ne la contractent que par inoculation, et de ces animaux le mal se transmet quelquefois à l'homme. Je vous rappelle en quelques mots quels sont les symptômes qui la caractérisent, et les lésions que le plus souvent elle détermine. La maladie se montre sous deux formes nettement caractérisées : l’une aiguë, la morve aiguë ; l'autre chronique, morve chronique ou farcin. Anatomiquement, la morve est caractérisée par la formation de nodules plus ou moins volumineux qui se montrent dans divers organes. Le testicule, le poumon, la rate en sont très souvent le siège. Ces nodules prennent du développement et finalement aboutissent à la purulence de l’organe au sein duquel ils se sont développés. Les ganglions lymphatiques s'engorgent et se tuméfient, et sur la membrane de Schneider apparaissent des ulcères d étendue variable qui laissent écouler un ichor sanieux caractéristique. Chroniquement, sous la forme de farcin, la maladie se révèle chez le cheval par les mêmes nodules, qui de préférence se placent sous la peau ou auprès des orilices naturels. Cette forme s’observe rarement chez l'homme. Symptomatiquement, les affections farcino-

INOCULATIONS

morveuses sont caractérisées par de la courbature, un brisement absolu des forces, de la fièvre, du jetage par les fosses nasales, des exanthèmes caractéristiques, et enfin par les diverses perturbations, que la formation évolutive des nodules dans les organes peut apporter dans le fonctionnement physiologique de ceux-ci. Dans les cas de morve aiguë, on voit souvent apparaître un état typhoïde avec symptômes cérébraux, délire, coma et mort.

La morve n’est une maladie spontanée ni chez l'homme ni chez le cheval. Elle procède toujours d’une inoculation antérieure. L’homme la prend d’habitude d’un équidé, soit par une plaie, soit par un contact de son tégument dépouillé d’épiderme. Ce n’est que par des inoculations expérimentales «pie l'on parvient à la transmettre à d’autres espèces animales, et encore quelques-unes d’entre elles se montrent réfractaires. Les animaux de race ovine ou caprine, les lapins, les cobayes peuvent expérimentalement devenir morveux, il en est de même des rats. Quant aux chiens, les inoculations déterminent simplement chez eux un ulcère de nature farcino-morveuse, dont ils guérissent spontanément. Cependant les jeunes chiens sont beaucoup plus sensibles que les adultes.

C’est Hallier qui, le premier, a décrit des micro-organismes comme agents de la morve. 1 1 a retrouvé des microcoques dans les sinus frontaux et le larynx d’animaux ayant succombé à cette maladie. Les éléments parasitaires, dit cet auteur, s’observent, soit isolés, soit en amas. Christot et Kiener décrivirent, en 18<i8, des micro-organismes : deux espèces de microcoques toujours associés à des bacilles de 2 à 10 u. de long, très mobiles. M. Chauveau, eu 1873, montra que le liquide morveux, parfaitement filtré et dépouillé de ses microorganismes, devient absolument inoffensif, et par consé-

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quent, que c'est aux microbes seuls qu'il doit ses propriétés virulentes. En 1881, Babès décrivit aussi des microcoques comme agents parasitaires. C'est en 1882 que furent communiqués à l'Académie îles sciences les résultats des recherches entreprises par MM. Bouchard. Capitan et Charrin, et depuis la question est définitivement tranchée, les recherches ultérieures n'ayant fait ([lie confirmer la découverte de ces savants expérimentateurs. Presque en même temps, paraissait en Allemagne le travail de Lôffleret. Schutz, arrivant aux mêmes conclusions. L'année suivante, parut un mémoire de Kitt. eten 1885, une magistrale étude de Weischselbaum. dans laquelle les détails les plus minutieux et les plus précis étaient donnés sur la morphologie du bacille morveux, et où se trouvent relatées de nombreuses expériences de cultures et d’inoculations dans la série animale. De telle sorte qu’ aujourd’hui nous sommes absolument fixés sur le bacille morveux, que je vais vous faire connaître.

Les bacilles de la morve sont de petits bâtonnets présentant morphologiquement une grande ressemblance avec ceux de la tuberculose. Ils mesurent de 2 à 5 u. sur une largeur qui varie de Û.i à 1 u., ils sont le plus souvent rectilignes, mais parfois infléchis. Leurs mouvements sont toujours très nettement accusés. Ils sont assez peu avides des couleurs d’aniline et ne les fixent que faiblement. Pour les bien colorer, il faut les laisser à peu près vingt-quatre heures, quand il s'agit d une coupe, dans la solution d’Erlich, à la température de 40 degrés. On décolore ensuite soit par l’acide acétique, soit par l’alcool. Si on veut les examiner sur une pareille de mucus desséchée, on colorera au violet de gentiane avec addition d'une faible quantité de potasse.

Ce microbe se cultive facilement et tous les milieux ordinaires lui sont bons. La gélatine, le sérum gélalinisé, la gélose lui conviennent parfaitement, et ses colo-

INOCULATIONS

nies s’y révèlent sous la forme de petites masses jaunâtres de consistance épaisse, qui finissent par fusionner et constituer un tout à peu près homogène. Sur la pomme de terre, il se forme une couche visqueuse qui ressemble à la substance employée pour l’enrobement de certains bonbons par une couche de sucre. Cette substance présente d’abord une coloration d’un blanc jaunâtre apparaissant dans les premiers jours qui suivent l'inoculation, et <pii insensiblement vire vers une teinte rougeâtre au centre, tandis que les bords semblent prendre des reflets verts.

Il est à remarquer que toutes les cultures doivent se faire à une température supérieure à 20 degrés. C’est 37 degrés qui est la température la plus favorable. A 43 degrés, la prolifération ne s’effectue plus, et à 55 degrés le microbe cesse de vivre. C’est du reste un trait caractéristique de la biologie de ce micro-organisme, qu’il est très sensible aux températures extrêmes. Maintenu pendant quelques secondes à 100 degrés, il meurt toujours, et un séjour de quelques minutes, si le milieu est porté à 80 degrés, ne manque jamais de le détruire. Par contre, il est aussi très sensible aux abaissements du thermomètre et une température de 0 degré le tue souvent. Il est aussi d’une délicatesse extrême au contact des solutions dites antiseptiques, le sublimé le détruit à la dose de 1 /1 0000e.

Ces cultures inoculées aux animaux ont donné les résultats suivants : le cobaye et le lapin inoculés avec des fragments de ces cultures meurent avec des symptômes de morve non douteux, caractérisés par un état d’inappétence, par l’apparition de nodosités, de la lièvre, un écoulement sanicux par les narines; finalement ils meurent, le cobaye en dix jours, le lapin survit peutêtre un peu plus. En pratiquant leur autopsie, on trouve, au pourtour du point où l'inoculation a été faite, une

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infiltration du tissu sous-cutané. Les nodules caractéristiques se montrent avec assez d’abondance dans le poumon. la rate, les testicules ; quelques-uns sont parvenus à la phase purulente, et dans ce pus on retrouve les bacilles caractéristiques. On les retrouve aussi dans une substance molle et blanchâtre qui recouvre toute la muqueuse des fosses nasales. Les rats meurent aussi en présentant des symptômes analogues et des lésions similaires. Comme nous l'avons dit, les cultures injectées sous la peau des chiens ne déterminent qu'une nodosité, qui progressivement s'abcèdc et constitue un ulcère, dans la sanie duquel se retrouvent les microorganismes de la morve. Mais les conséquences sont purement locales, et l’animal guérit spontanément de cet ulcère.

C’est aussi par une inoculation accidentèlle que le plus souvent l’homme contracte la maladie morveuse, fréquente surtout sur les personnes que leur profession met en contact perpétuel avec le cheval. Cependant, il résulte des expériences de Babès, que dans quelques cas, il n’est pas même nécessaire qu'il y ait à la peau la moindre solution de continuité. Cet auteur a en effet communiqué l'année dernière une note à l’Académie de médecine, dans laquelle il donne le résultat d’expériences par lesquelles il a pu faire pénétrer le bacille morveux chez des cobayes, alors que leur peau était absolument intacte. C'est par des frictions avec des fragments de culture mélangés à un peu de vaseline, qu’il est arrivé à ce résultat. Dans ces cas-là, dit Babès, le bacille pénètre dans le follicule pileux et s’y multiplie; de là, il infiltré les aréoles du derme, où il est pris par les lymphatiques et porté dans la circulation générale. Ce fait est intéressant à connaître au point de vue de la prophylaxie. 11 faut donc un contact entre le tégument et le liquide bacillifère. MM. Cadéac

ACTION ÜU BACILLE

et Malet ont démontré, après Bouley, que l’air expiré par les animaux morveux ne pouvait pas transmettre la maladie, quelque prolongée que soit son action. Iis ont aussi démontré que la transmission de la maladie de la mère au fœtus à travers le placenta était exceptionnelle. Le liquide morveux perd sa virulence lorsqu’il est exposé à l’air et complètement desséché; mais, dans l’humidité, il garde pendant fort longtemps ^ses propriétés contagieuses. Chez l'homme qui succombe à la morve, les bacilles se retrouvent surtout dans le pus, soit des abcès, soit des ulcérations de la muqueuse des fosses nasales ; on les rencontre aussi en très grande abondance dans les nodules du poumon, de la rate ou de tout autre organe. Ils occupent d’habitude le centre de la production pathologique.

Bien qu’il soit démontré que la viande d’animaux morveux cuite ou crue ne saurait déterminer la morve sur les personnes qui s’en nourrissent, le maniement des viandes de ces animaux malades doit être environné des plus extrêmes précautions. Je n’ai pas à insister non plus sur les mesures que doivent prendre les personnes qui ont à soigner un animal suspect de cette maladie.

Le bacille de la morve ne parait pas agir par les ptomaïnes qu’il sécrété; les expériences de M. Chauveau, que je vous ai fait connaître, paraissent ne laisser aucun doute à cet égard. Dans quel sens agit-il et comment arrive-t-il à déterminer la mort? Inoculés sur un point quelconque de l’économie, les bacilles pénètrent dans le torrent circulatoire, qui les charrie dans tous nos organes. Dans quelques-uns d’entre eux, dont les conditions physico-chimiques leur conviennent mieux, les microbes se groupent et donnent naissance à une colonie, que les éléments anatomiques de l’organe entourent et emprisonnent dans une sorte de coque protectrice. Les nodules se trouvent ainsi constitués. Les parties de l’organe

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ainsi emprisonnées avec la colonie bactérienne, offrent bientôt un terrain de culture de premier ordre aux microbes pyogènes et le pus ne tarde pas à envahir le nodule de nouvelle formation, constituant ainù des foyers purulents, là où il n’y avait primitivement qu'une colonie bactérienne en voie d’évolution. Mais il peut arriver que, par suite de la multiplication des microorganismes dans l’intérieur de la coque nodulaire, celle-ci se rompe et livre passage à plusieurs d'entre eux qui généraliseront la maladie. Je n’ai pas besoin d’insister sur les désordres fonctionnels que peuvent entraîner ces nodules, véritables corps étrangers qui se forment dans les organes. Ils peuvent envahir le poumon en nombre assez considérable pour déterminer des phénomènes asphyxiques. Mais avant d’aboutir à cette forme extrême, vous comprenez les troubles qu’ils peuvent apporter dans le fonctionnement de l'organe. Ceux qui se développent dans la rate entravent la fonction hématopoïétique de cet organe. Quant au phénomène secondaire de la suppuration, il se montre avec tous les troubles et toutes les conséquences qu’il a coutume d’entraîner à sa suite, dont la plus redoutable et la plus extrême est l’infection purulente avec formation de vastes abcès métastatiques, que l’on observe quelquefois chez les individus qui succombent à la morve.

J’ai indiqué que le plus souvent la mort survenait au milieu d’un état typhoïde, avec des symptômes cérébraux. Dans ce cas, il est possible que les bacilles, singulièrement multipliés dans l’organisme, influent sur lui par les ptomaïnes, que nous savons être absolument inoffensives en quantité modérée.

L’inoculation de ce microbe et sa pullulation dans un organisme confèrent-ils à celui-ci une immunité pour des infections ultérieures? De nouvelles recherches, à ce point de vue spécial, sont encore nécessaires.

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Cependant les expériences faites sur le chien sembleraient indiquer qu'il peut exister, dans certaines circonstances, une sorte d’immunité. ATous savez que l’inoculation bacillaire sur cet animal ne donne lieu qu’à des phénomènes locaux, un ulcère qui guérit. Après une première manifestation, si on injecte une seconde fois et plusieurs fois de suite des fragments de cultures à ce même animal, on constate que pendant cinq ou six fois il se produit un ulcère morveux; mais après il ne se produit plus rien, le chien est réfractaire aux plus virulentes inoculations. L’ulcère morveux, qui résulte des premières expériences, revêt des caractères de bénignité et de rapidité dans la guérison, qui vont s’accroissant d'inoculation en inoculation, jusqu’à ce que 1 immunité absolue soit acquise.

Le charbon est la maladie bactérienne type. C’est celle qui présente les caractères les plus tranchés de l’envahissement parasitaire par les infiniment petits. Déplus, et par une singulière fortune, le microbe charbonneux présente tous les caractères les plus saisissants de révolution des bactéries. Ce micro-organisme est admirablement bien connu, et grâce aux travaux entrepris dans ces dernières années, on est parvenu en quelque sorte à le domestiquer. Vous m’avez déjà entendu longuement vous parler des propriétés du microbe charbonneux à propos des considérations générales que j’avais à vous présenter sur les bactéries. Ces détails, que vous n’avez pas oubliés, me permettront de traiter plus brièvement la question du charbon.

Ce fut en 1850 que Rayer el Davaine signalèrent à la Société de biologie l’existence de bâtonnets immobiles dans le sang des animaux morts du charbon. Mais, chez ces deux auteurs, nulle conception de cause à effet entre la maladie et le micro-organisme. Cinq ans plus

CHAH BON

tard, Pollender revoit dans le sang ces bactéries, qu'il nomme des vibrions, sans que ces bâtonnets éveillent en lui d'autre idée que celle d'une simple curiosité. En 1857, Brauëll fait accomplir à la question un pas en avant, il démontre que ces bâtonnets ne sont pas produits par la putréfaction, mais qu'ils existent dans le sang avant la mort des animaux malades.1 Mais en 181)3, Davaine, reprenant ses premières études, éclairé par les travaux remarquables deM. Pasteur sur la fermentation butyrique, n’hésita plus et proclama que le charbon était causé parla présence dans le sang d'un micro-organisme auquel il donna le nom de bactéridie. Dans une série de mémoires remarquables, Davaine établit sa doctrine sur des preuves très convaincantes, démontrant à MM. Leplat et Jaillard qu’ils n’injectaient pas sous la peau des animaux la bactéridie charbonneuse, mais bien un autre micro-organisme, que M. Pasteur reconnut plus tard être le vibrion septique.

En 1876, Ivocb constata la sporulation de ce bacille en le cultivant en chambre humide. Enfin, l'année suivante, M. Pasteur entreprend l'étude des microbes charbonneux, et comme toujours, ne laisse rien à faire à ceux qui viennent après lui.

La bactéridie charbonneuse ou, pour parler plus correctement, le bacillus anthracis , est un bâtonnet dont la longueur est de 5 à 7 y- et dont la largeur dépasse rarement 1 ix. Au premier abord, on pourrait croire que sa longueur peut être de beaucoup supérieure. Vous le verrez tout à l'heure former des filaments assez étendus, mais en observant avec attention les préparations qui vous seront soumises, vous remarquerez à ces filaments des barres transversales délimitant des segments dont la longueur varie de 5 à 7 y.. Ces filaments ne sont autre chose que des bactéridies ajoutées bout à bout. Vous verrez aussi beaucoup de bâtonnets libres et sans

LE BACILLE

adjonction d’éléments similaires. Leurs extrémités ne sont pas délimitées par une ligne nette et droite, mais elles offrent un contour légèrement sinueux. Il n’est pas rare de voir les longues chaînes de bactéridies enveloppées d’une line zone claire, due à une sorte de gélification de la membrane externe. Ce microbe est immobile, cependant M. le professeur Toussaint a démontré que les jeunes éléments étaient doués d’un mouvement très lent.

Quand elles s’agencent ainsi en longues chaînes, les bactéridies ne tardent pas à se sporuler, à raison ordinairement d’une spore par article; mais, dès que la graine est formée, les cloisons de séparation des éléments disparaissent, et le micro-organisme se montre sous forme d’un long filament, dans l’intérieur duquel existe un chapelet de spores. Un voit d’abord poindre, au milieu de l’article une granulation ténue qui s’agrandit peu à peu, finit par prendre une forme ovale, c’est la spore. En même temps, le protoplasma, et l’enveloppe subissent un mouvement régressif ; ils pâlissent, deviennent moins nets et finissent par disparaître, laissant la spore en liberté. Celle-ci germe promptement sur un milieu favorable ; son passage à l’état- de bacille adulte est, du reste, très simple; il s’effectue insensiblement par une sorte d’étirement de la spore dans le sens de son grand axe et par une sorte de cylindrisation lente.

Il est relativement facile de voir la bactéridie. Vous en avez, sons l’objectif de vos microscopes, de très remarquables préparations. Le bacillus anthracis se colore bien par les couleurs d’aniline. Une lamelle, sur laquelle on a déposé une goutte de sang charbonneux, doit être passée dans la flamme d’un brûleur jusqu’à dessiccation du liquide, puis plongée pendant dix minutes dans une solution de violet de méthyle, lavée, déshydratée par l’alcool

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et montée dans le baume. Les spores se colorent moins bien que les éléments adultes.

La bactéridie charbonneuse se cultive bien sur divers milieux. Les bouillons de viande sont un terrain de choix pour sa reproduction. On l'ensemence en laissant tomber, dans le bouillon stérilisé, une goutte de sang recueilli, avec les précautions d’usage, sur un animal mort du charbon. Quand le liquide est maintenu à une température de 35 degrés, on voit se former dans son intérieur des fils qui, les jours suivants, vont se croisant et s’enchevêtrant et constituent une sorte d'anéorème blanchâtre, comme un gros flocon d’ouate. Plus tard, le bouillon prend une teinte bistrée, la culture a gagné le fond et les spores sont mises en liberté. On le cultive également bien sur plaques de gélatine et d’agar-agar. Les colonies apparaissent alors sous forme de petites taches jaunâtres qui, examinées au microscope, offrent l'aspect d’une mèche de cheveux crêpés. En piqûre dans un tube de gélatine, le microbe donne naissance à des colonies filamenteuses, blanchâtres, qui finissent, à la longue, par liquéfier la gélatine. Enfin, sur pomme de terre, il se forme une croûte blanche opaque, assez épaisse et dont les bords sont à peu près translucides.

C’est dans ces cultures et surtout dans celles qui s'effectuent dans des bouillons, que la bactéridie charbonneuse prend le pins volontiers la forme de longs filaments. Quand le milieu est épuisé et devient impropre, on observe le long de ces chaînes des renflements qui ont conduit certains auteurs à croire à l'existence de microcoques accompagnant le bacille. Dans certaines conditions de cultures encore mal connues, la bactéridie peut perdre son pouvoir de sporulcr, bien qu’elle soit encore très virulente.

Le vrai milieu des microbes charbonneux est le sang

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