E MICROBE
pliant. S’ils sont contenus dans l'intestin, ils ne tardent pas à le rompre, à sortir en dehors de sa cavité, comprimant ou détruisant tous les organes on prenant tout simplement leur place. C'est l'exemple le plus effrayant du parasitisme pousse à ses dernières limites, du parasitisme qui agit littéralement en dévorant le milieu sur lequel il est implanté. Ces corpuscules, précisément à cause de leur petitesse, sont d’une diffusion extrême.
Ils s’inoculent le plus souvent par une plaie insignifiante, aussi petite que celle que se font les vers à soie les uns aux autres avec leurs fausses pattes. Ces microbes abondent dans les déjections des vers; les premiers atteints souillent les feuilles qui servent de pâture, et le ver sain les avale avec les feuilles dont il se nourrit. L’exiguïté extrême de leurs dimensions permet à ces microbes de pénétrer jusque dans les ovaires, et ils vont se cacher jusque dans les œufs, constituant ainsi la maladie à l’état héréditaire, pour les générations futures. De plus, et toujours à cause de leur petitesse, ils se mêlent facilement aux poussières et le vent se charge de les transporter au loin, répandant ainsi la maladie dans un rayon considérable.
Les taches, comparées à du poivre, qui saupoudrent la peau du ver, ne sont donc pas la cause de la maladie; elles n’en sont qu’un symptôme. L’agent pathogène est le corpuscule dont je vous ai parle qui, vu pour la première fois par M. Guérin-Méneville , a été étudié par M. Pasteur. La longueur de ces bactéries est de LS [j. à 4.5 g, leur largeur ordinaire est de 2 u.. Quand on les recherche dans les œufs, on les retrouve dans les globules huileux vitellins, tantôt épars, tantôt réunis en amas.
Pour défendre les magnaneries contre l’invasion de ce parasite, il faut d’abord n’employer dans les éducations séricicoles que des graines absolument saines,