CHARBON SYMPTOMATIQUE
spéciale, l’animal devient lent dans ses mouvements, mais, je le répète, il ne meurt que lorsque les bacilles apparaissent concurremment en lui.
Les micro-organismes s’introduisent-ils dans l’œuf? On ne peut le dire avec certitude, bien qu’il y ait une hérédité morbide très évidente dans la flacherie. Peulêtre n’agit-elle qu’en donnant des graines douées d’une vitalité beaucoup moins intense. Quant aux moyens prophylactiques, ils sont les mêmes que pour la maladie des corpuscules ou pébrine.
Le charbon symptomatique nous arrêtera quelques instants, autant à cause de sa fréquence que par les applications que son étude nous permettra de faire entre l’évolution du microbe, qui en est l’agent pathogène, et celle de divers micro-organismes redoutables pour l’espèce humaine.
Je ne sais trop pourquoi on continue à donner à cette maladie le nom de charbon symptomatique, qui consacre une erreur commise au siècle dernier par le vétérinaire Chabert, au lieu de rappeler par sa terminologie les travaux remarquables de MM. Arloing, Cornevin et Thomas qui, du premier coup, ont indiqué la nature bactérienne de cette maladie et démontré avec la dernière évidence quel était le microbe pathogène.
Cette maladie, presque toujours mortelle pour les bœufs, vaches ou moutons qui en sont atteints, frappe surtout les troupeaux qui paissent sur les hauteurs, d’où le nom de mal des montagnes, qui lui a aussi été donné. La Suisse, le Tyrol, les versants des Alpes en France, les Pyrénées, l’Auvergne, les Vosges, le Jura et le haut Limousin lui paient un lourd tribut. Beaucoup plus fréquent que le charbon sang de rate, il est à celui-ci dans la proportion de 10 à 1. C’est dans les
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mois de l'année où la chaleur est la plus considérable <{ue la maladie sévit avec le plus de rigueur.
Un bœuf atteint de charbon symptomatique présente toujours, au bout de fort peu de temps, des svmptomes fébriles ordinaires. Bientôt apparaissent une ou plusieurs tumeurs, situées dans les masses musculaires profondes de la cuisse, de l'épaule, du cou. etc., les tumeurs acquièrent rapidement un volume notable, elles s'accompagnent d’un œdème, qui n'a d'autres limites que celles du tissu cellulaire ambiant. Ces tumeurs sont douloureuses, dures, sonores à la percussion, au palper crépitantes, fournissant tous les signes des épanchements gazeux. Si on les incise, l'instrument traverse des tissus noirâtres infiltrés d’une sérosité imissàtre, et on pénètre dans une cavité d’où s’écoule un détritus grumeleux, d'un brun noir. L’analyse des gaz permet de constater qu ils sont dus à un mélange d'acide carbonique et d'hydrogène sulfuré, j’appelle toute votre attention sur ce point. Les masses musculaires au sein desquelles la tumeur s’est formée sont dissociées, le liquide et les gaz s inliltrant dans les espaces intra-fasciculaires. Si l'animal n'a pas succombé à la forme foudroyante du mal, on trouve de vastes foyers gangréneux, disséminés sur l'estomac, l'intestin, le mésentère, les ganglions lymphatiques. On observe, en outre, des infiltrations sanguines, sous forme de larges taches ecchymotiques, à peu près répandues sur tous les viscères. L'animal succombe, dans l'immense majorité des cas, dans l’adynamie, le coma ou les convulsions. Quant au sang, il ne présente pas d’altération.
Si on examine le liquide contenu dans la tumeur ou infiltré entre les faisceaux musculaires, on constate facilement qu'il contient un grand nombre de microbes, qui tous sont doués d’une grande mobilité ; ce sont, en premier lieu, de tout petits microcoques de U. 2 j* de
LE BACILLE