‹ Leçons sur les maladies microbiennesChapitre 202 sur 207 · CHOLERA DES POULES · texte numérisé non relu

CHOLERA DES POULES

soin sur la porcelaine, cl injecté dans le sang d'une poule, même à la dose considérable de 100 grammes, détermine chez elle des phénomènes qui ressemblent absolument à la maladie. L’animal se hérisse, devient Iriste et abattu, il se met en boule et tombe dans une somnolence complète. Mais sa crête ne noircit pas et spontanément l’oiseau guérit et se relève vacciné. C’est donc à ces symptômes de stupeur et d’hébétude que se borne l’action des ptomaïnes sécrétées par ce microcoque. L’altération du sang, qu’entraîne la présence du microbe, achève de tuer l’animal, ce que ne ferait pas la [domaine à elle seule. Ainsi donc, vous le voyez, chez les animaux comme chez l’homme, l’action des microbes est double : action par le micro-organisme lui— même et action par les ptomaïnes qui sont un produit de son évolution vitale, voilà presque toujours quelle est la double action combinée dont dépendent les symptômes morbides. Ces deux facteurs déterminent le plus souvent la mort en se prêtant un mutuel appui.

Ce n'est pas uniquement par le mode d’injections de ptomaïnes dans le sang que l’on parvient à vacciner les poules. En traitant des vaccinations en général, je vous ai fait connaître les etïets de protection que l’on retirait île l'injection des cultures dans les masses pectorales de l’animal. Le microbe est aérobie, vous le savez; son évolution dans la masse d’un muscle ne lui permet pas d’étendre ses effets; de plus, les éléments musculaires résistent beaucoup plus que les éléments sanguins et fixent plus solidement l’oxygène que ne le fait le globule rouge. Le micro-organisme ne peut donc pas puiser dans ce milieu tout l’oxygène qui lui est nécessaire, il y végète et les éléments anatomiques musculaires finissent par l’envelopper, le séquestrer et finalement par l’éliminer comme un corps étranger, en formant un abcès autour de lui. Mais pendant la vie de la colonie, des-

ATTENUATION DE LA VIRULENCE

ptomaïnes se sont produites et elles ont été résorbées; c’est à cela que l’animal doit d’être protégé et vacciné, comme il le serait si on lui avait injecté dans le sang un liquide riche en ptomaïnes.

On atténue la virulence de ces microbes, comme on atténue la virulence de toutes les espèces, c’est-à-dire en les soumettant pendant un temps plus ou moins, long à un mode d’existence tel que sa vitalité en soit affaiblie. Pour celui-ci, le mode en usage est de le cultiver en présence d'un excès d’oxygène. Le microcoque est un aérobie, comme je viens de vous le dire, mais j’ai eu occasion de vous faire remarquer, en traitant de la respiration des bactéries, que ces termes d’anaérobie et d’aérobie n’expriment qu’un besoin relatif d’oxygène. 11 n’est pas d’espèce bactérienne, aussi résolument aérobie qu’elle soit, qui puisse vivre dans l’oxygène comprimé. Paul Bert a établi le fait d’une façon péremptoire. Par conséquent, vous 11e devez pas être surpris si le microbe qui nous occupe, mis en présence d’une abondance extrême d’oxygène, en est fâcheusement impressionné, par conséquent sa vitalité diminue, par conséquent sa virulence en est atténuée.

M. Pasteur a démontré que normalement la maladie s’étendait et se communiquait par les déjections des volailles malades, et il a expérimentalement donné le choléra à des poules saines, d’abord, en répandant sur leur nourriture des produits de culture pure, et aussi en souillant leur pâtée avec des déjections d’animaux malades. C’est donc par la muqueuse digestive que s’accomplit la diffusion de la maladie. Les oiseaux domestiqués en basse-cour 11e sont pas les seuls qui succombent aux effets que détermine le microcoque, bien des espèces vivant en liberté sont aussi tuées par le micro-organisme. Les lapins succombent lors-

Page 1