‹ Leçons sur les maladies microbiennesChapitre 21 sur 207 · ACTION DE LA LUMIÈRE · texte numérisé non relu

ACTION DE LA LUMIÈRE

tion qui avait eu plus de six mille ans de durée. Dans ce cas, l’analogie ne nous tromperait pas, car les bactéries, elles aussi, possèdent une grande résistance contre la dessiccation, sinon à un égal degré, du moins dans une très notable proportion. Dans ces cas-là peutêtre, la résistance de l’espèce tient à ce fait que nous aurons à étudier dans notre prochaine conférence et qu’on peut formuler ainsi : Dès le moment qu’une bactérie se trouve dans des conditions de milieu qui cessent de lui être favorable, elle émet immédiatement des spores, et celles-ci résistent beaucoup mieux à la dessiccation, comme elles résistent beaucoup mieux au froid, à la chaleur, à la lumière, à toutes les causes en un mot qui exercent une influence nocive sur les bactéries adultes.

La lumière n’agit pas d’une façon identique sur toutes les espèces microbiennes ; les unes sont détruites par elle, la prolifération des autres en est au contraire favorisée. Certaines espèces bactériennes mobiles se dirigent vers la lumière, comme l’a démontré Zopf, de même que les zoospores de certaines algues recherchent les rayons lumineux. Nuisible ou favorable, l’action delà lumière est toujours vivement ressentie par les microbes. D’après Engelmann, une espèce deviendrait mobile sous l’influence de la lumière, alors que dans l’obscurité elle reste constamment inerte. Le professeur Duclaux affirme qu’un très grand nombre de microbes sont tués par les rayons solaires, et ce que nous savons de leur résistance à la chaleur nous démontre que c’est uniquement la lumière qui les détruit. C’est ainsi que, sous l’influence d’une vive lumière longtemps projetée sur elles, les bactéries charbonneuses voient leur virulence décroître peu à peu. Toutes les couleurs du spectre solaire n’ont pas sur les bactéries un pouvoir identiquement pernicieux ; ce sont les portions les

PROPRIÉTÉS DES BACTÉRIES

plus réfrangibles du spectre qui sont au plus haut degré douées de ce pouvoir, et je dois vous faire remarquer que ce sont aussi ces rayons qui provoquent les actions chimiques les plus manifestes. Quoi qu’il en soit, les spores résistent à l’action lumineuse, beaucoup plus énergiquement que les bactéries adultes.

L’action de l’oxygène sur les microbes mérite d’être étudiée en détail. Vous savez que M. Pasteur a classé tous les microbes en deux grandes classes, établies sur la manière dont se comportent les micro-organismes en présence de l’oxygène. Ceux qui ont de ce gaz un besoin absolu sont les aérobies , ceux au contraire qui sont tués par l’oxygène sont les anaérobies. Il est des espèces particulières qui sont à la fois aérobies et anaérobies, c’est-à-dire que l’oxygène n'influence en rien par sa présence ou son absence. Il est enfin d’autres espèces dont le besoin d’oxygène est sous la dépendance d’une certaine mesure, comme l’a démontré le professeur Duclaux. De faibles quantités d’oxygène doivent leur être progressivement données, si on veut les voir admirablement prospérer et vivre longtemps, tandis qu’elles languissent et meurent prématurément si on les maintient au milieu de niasses considérables de ce gaz. M. Pasteur a démontré que le microbe du choléra des poules s’atténuait à mesure qu’on prolongeait son exposition à l’air libre, tandis que, si on le maintient sous une cloche dont l’air n’est que rarement renouvelé, ce microbe conserve longtemps son énergie virulente. On peut même ériger en principe que toutes les bactéries s’accommodent mal d’une grande abondance d’oxygène, les expériences de Paul Bert ont, en effet, démontré qu’il n’est pas une espèce de bactérie qui puisse vivre dans un milieu d’oxygène comprimé à quinze atmosphères. Les substances les plus putrescibles y demeurent intactes, et les fermentations en

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