RESPIRATION
tances qui constituent ces milieux, les corps simples ou non qui leur sont nécessaires dussent-ils, pour arriver à ce but, procéder par effraction, c’est-à-dire briser la composition chimique du substratum qui les renferme. Je vous ai déjà dit quelle était ma manière de voir à ce sujet : toute bactérie a besoin de respirer et par conséquent a besoin d'oxygène, absolument comme tous les êtres organisés; toute bactérie, d’un autre côté, est nuisiblement influencée par un excès d’oxygène. Ne nous étonnons donc pas de trouver dans les diverses espèces bactériennes des êtres pour lesquels la résistance à l’oxygène soit plus ou moins considérable. Pour certaines de ces espèces, l’oxygène à l’état de liberté est déjà trop abondant, vient probablement se fixer avec trop de facilité en elles. De très faibles quantités de ce gaz suffisent à tous leurs besoins, et encore faut-il qu’il leur parvienne à doses absolument infinitésimales, et celui qui provient d’une lente décomposition progressive leur suffit amplement, tandis qu’il serait de beaucoup trop restreint pour une espèce voisine. Ceci n’a rien qui nous puisse surprendre, ne savons-nous pas en effet que, parmi les animaux d’une organisation beaucoup plus élevée, il en est qui ne demandent pour vivre que des quantités d’oxygène infinitésimales. Vous savez que la plupart des animaux à sang froid sont dans ce cas. Sans parler des poissons, qui se contentent de la faible quantité d’air dissous dans l’eau, vous n’ignorez pas que les batraciens peuvent séjourner presque indéfiniment dans des espaces très resserrés, où la quantité d’oxygène qui y parvient est aussi minime que possible. Vous savez aussi que les animaux ne changent pas impunément de milieu, que certains, habitués à consommer l’air d’une certaine façon, périssent promptement si on veut leur en brusquement imposer une autre. Par conséquent, vous ne serez pas surpris qu’il en soit de même
PROPRIÉTÉS VITALES
pour les microbes, que chaque espèce ayant besoin d’oxygène le prenne comme son organisation lui permet de le prendre, de s’en servir et de se l’approprier.
Mais à quoi sert aux bactéries cet oxygène dont toutes les espèces ont besoin à des degrés si divers ? Ce gaz sert-il réellement à une fonction respiratoire? On peut incontestablement répondre par l’affirmative à celte dernière question, attendu que les analyses les plus délicates et les plus minutieusementconduites ont démontré qu’une des conséquences de la vie bactérienne était toujours une diminution de l’oxygène du milieu qui les renferme et une augmentation de l’acide carbonique. Et, vous le savez, telle est, en résumé, la synthèse caractéristique de l'acte respiratoire, où qu’on l’observe. C’est là ce qui démontre de la façon la plus péremptoire que les bactéries ont pour propriété vitale un acte qu’on peut appeler la respiration, puisque finalement il aboutit au même résultat qu’il a coutume de produire dans la vie animale et dans la vie des végétaux. Et non seulement dans toute vie bactérienne il y a absorption d’oxygène et rejet d’acide carbonique, mais encore on peut toujours constater qu’il y a production de chaleur, et cette chaleur est due, comme chez les animaux plus élevés, non seulement au conflit de l’oxygène avec les éléments constitutifs, mais encore à ce mouvement néoformatif qui fait que les microbes vivent et se multiplient d’une façon plus ou moins énergique.
Nutrition. — De même, nous venons de le voir, que pour la respiration les microbes ont un immense besoin d’oxygène pour vivre, absolument comme tous les êtres vivants, la différence ne portant que sur la quantité qui leur est nécessaire et, sur la manière qu’ils emploient pour se l’approprier, de même, pour leur nutrition, les micro-organismes ont besoin de trois principes, indispensables à la nutrition de tous les êtres