‹ Leçons sur les maladies microbiennesChapitre 27 sur 207 · NUTRITION · texte numérisé non relu

NUTRITION

vivants et qui font la base de toute alimentation. Seulement, comme les bactéries ont une organisation beaucoup plus élémentaire, elles Se contentent le plus souvent de la substance fondamentale qui donne à l’aliment ses propriétés. Tout être vivant consomme pour son usage et a un besoin absolu, pour sa nutrition, d’une alimentation qui doit contenir une partie minérale, une partie hydro-carbonée et une partie azotée. Les microbes ont également besoin de ces trois ordres de substances fondamentales; seulement, à cause de leur organisation rudimentaire, ils peuvent les puiser dans une matière artificielle, à la condition qu’aucun des trois principes ne manque à ce milieu. C’est ainsi que M. Pasteur, et plus tard M. Raulin, ont pu les cultiver dans un milieu purement chimique. Celui qui a été employé par M. Pasteur a la composition suivante :

Eau 100 grammes.

Sucre candi 10 —

Carbonate d’ammoniaque. . . I Cendres de levure 1

Comme vous le voyez, les trois principes sont représentés dans ce milieu de culture, le principe hydro-carboné par le sucre candi, le principe azoté par le carbonate d’ammoniaque et le principe minéral par les cendres. La formule de M. Raulin est beaucoup plus compliquée que celle-ci ; nous aurons à y revenir plus tard; pour le moment, je me borne à vous dire que le liquide Raulin présente, comme celui de M. Pasteur, une partie hydro-carbonée, une partie azotée et une partie minérale. Dans l’un ou l’autre de ces liquides, la vie microbienne ne peut se manifester si l'un ou l’autre de ces principes vient à faire défaut, soit qu’il ait été omis, soit qu’il ait été consommé par une vie microbienne antérieure. Dans ces milieux, les bactéries se trouvent

PROPRIÉTÉS VITALES

au contact direct des substances dont elles ont un besoin absolu, il n’est donc pas étonnant qu’elles puissent y prospérer.

Mais il est bien d'autres milieux nutritifs où il n’en est pas ainsi, où tous les principes nécessaires à la vie microbienne ne sont pas à l’état de liberté, et où l’un d’eux est associé à divers corps et retenu dans l’ensemble d’une composition chimique. Nous avons déjà vu que certaines espèces aérobies, brusquement plongées dans un liquide, et par conséquent sans contact avec l'oxygène, arrivent à se procurer le gaz dont elles ont besoin, en le prenant au nouveau milieu qui les renferme, et comme l’oxygène ne se trouve là qu’à l’état d’association ou de combinaison, elles rompent et disloquent la combinaison pour s’approprier cet oxygène dont elles ont un besoin absolu. De môme, dans l’ordre des phénomènes qui ont la nutrition pour but, un des principes, l’azote, par exemple, peut n'entrer dans le milieu qu’à l’état de combinaison avec un autre corps. Alors les bactéries rompent la combinaison, mettent l’azote en liberté et l'absorbent au fur et à mesure qu’il se dégage. Il en est de même pour les corps qui tiennent emprisonnées les substances hydro-carbonées, ces corps seront eux aussi décomposés, pour que ce qui est indispensable à la vie des bactéries puisse être absorbé par elles.

Mais, parfois, les corps qui contiennent l'un ou l’autre de ces principes fondamentaux les détiennent énergiquement dans un état de combinaison très stable. Les bactéries ne peuvent les attaquer directement. Alors, pour arriver au but final de leur nutrition, elles produisent une substance nouvelle, qui a la propriété de diviser et de dédoubler ces corps, en tout cas de leur faire subir des modifications qui permettent aux bactéries de les décomposer sous cette forme nouvelle et de les faire servir ainsi à leur nourriture. Ces substances nouvelles,

Page 1