REPRODUCTION
Les ptomaïnes qui proviennent d’un animal ont été classées et étudiées avec soin; on connaît exactement leur composition chimique, leurs réactifs, leurs propriétés. Les ayant isolées, on sait leurs propriétés physiques, leur aspect, leur odeur, etc. Leur inoculation à des animaux a permis de se rendre exactement compte de leurs propriétés physiologiques. Tout cela constitue un ensemble de connaissances qui tous les jours se complètent par l’adjonction de résultats nouveaux. Pareil travail n’a pas encore été fait pour les ptomaïnes qui proviennent des microbes, bien que Brieger l’ait tenté, et non sans bonheur, pour certains produits dérivant d’espèces pathogènes. Je ne puis dès maintenant vous faire connaître les résultats où cet auteur et quelques autres sont arrivés, ce serait une très longue exposition qui sera beaucoup mieux à sa place, se faisant à propos de chaque maladie d’origine microbienne, et en étudiant le processus pathologique de chacun de ces états morbides.
Reproduction. — La reproduction des microbes s’opère de trois manières différentes: 1° par segmentation ou scissiparité; 2° par gemmation ou bourgeonnement; 3° par sporulation. Le premier de ces modes est presque spécial aux formes bacillaires; le second, aux formes sphériques; le troisième peut s’observer dans les deux formes bactériennes, mais il est de beaucoup plus fréquent chez les bacilles. La reproduction par scissiparité s’effectue de la façon suivante : au bout d’un certain temps plus ou moins long, variable pour la même espèce suivant les conditions plus ou moins parfaites de nutrition, temps qui dans quelques cas n’excède pas une heure et demie ou deux heures, le bacille, quand c’en est un qui va se segmenter, montre vers sa partie médiane, ou en plusieurs endroits de sa surface, un si lion transversal un peu plus clair que la teinte générale de sa substance
PROPRIETES VITALES
propre. Puis la membrane cellulaire s’étrangle légèrement à ce niveau, en même temps que la liquéfaction s’accentue sur le protoplasma, de chaque côté du point étranglé. La constriction en ce point devient plus manifeste, s’exagère et finit par un étranglement complet de la membrane, qui finit par se rompre à ce niveau, mettant en liberté deux micro-organismes distincts. Les deux êtres nouveaux s’accroissent progressivement en longueur, plus ou moins rapidement, suivant que le milieu leur est plus ou moins favorable, et ils se segmentent à leur tour dès qu’ils ont atteint les dimensions que l’espèce présente normalement. Quand c’est un microcoque qui se multiplie par ce procédé, un sillon se trace d'abord sur lui et l’enveloppe comme un méridien, puis par une sorte de constriction automatique lente, la sphère est divisée en deux autres sphères, d’abord de moitié plus petites, mais qui bientôt acquièrent des dimensions égales à celles de la cellule dont elles proviennent, et alors une division analogue se produit pour chacune d’elles. Le micrococcus tetragenus se divise en quatre, par deux méridiens perpendiculaires ou plus exactement par un méridien et un équateur. Chez les sareines, la cellule qui va se segmenter commence par s’allonger et devenir quasi-cylindrique, puis elle présente trois sillons perpendiculaires à son axe et un sillon transversal . Elle est ainsi divisée en huit portions qui, pendant un certain temps, conservent l’aspect d’une balle de coton liée par trois cordes verticales et une transversale.
Tel est le mode de reproduction, qui n’est pas une reproduction dans le sens rigoureux du mot, car reproduction signifie apparition d’un nouvel être à l’aide d’un germe et persistance de l’individualité du générateur; tandis que dans ce mode chaque nouvel être est constitué à l’aide de la substance de son générateur, qui n’existe plus dès que les nouveaux éléments ont une au-