‹ Leçons sur les maladies microbiennesChapitre 31 sur 207 · PERMANENCE DE L’ESPÈCE · texte numérisé non relu

PERMANENCE DE L’ESPÈCE

agents de destruction que la bactérie adulte. Nous savons déjà qu’elle résiste mieux à la chaleur, au froid, à la dessiccation, à la lumière, à l’action des substances antiseptiques. Buchner prétend avoir vu germer des spores qu’il avait laissées dans l'acide sulfurique pur pendant un jour.

Chez quelques espèces, la spore est apte à se développer tout de suite après son émission; chez d’autres, elle doit attendre un certain temps. Quand la germination commence, la spore devient moins brillante, sa réfringence diminue, puis sur un point quelconque de sa superficie l’enveloppe se fend suivant des modes variés et donne issue au protoplasma en do spo ri que, qui prend promptement la forme du nouvel élément, tandis que les débris de ce qui fut l’enveloppe de la spore ne tardent pas à se liquéfier et à se dissoudre .

Permanence de l'espèce. — L’école transformiste, ne pouvant pas démontrer la réalité de sa doctrine sur les espèces supérieures, a cru trouver dans la vie microbienne des preuves irréfragables. Là, en effet, on peutêtre témoin d'une longue série de générations qui pourraient altérer les caractères de l’espèce. On comprend le nombre prodigieux de générations qu’on peut observer, puisque chacune d’elles ne demande pour s’effectuer qu’une ou deux heures. On peut à coup sur déterminer expérimentalement soit des formes nouvelles, soit des propriétés nouvelles, les espèces aérobies devenant momentanément anaérobies. Les résultats de l’expérience deDollinger sont la preuve de ces variations; mais, replacés dans leurs conditions normales, les microbes reviennent promptement à leurs formes et à leurs propriétés primitives. Buchner avait cru pouvoir affirmer que le bacille charbonneux n’était qu’une modification du bacillus subtilis , si abondant dans les infusions de foin; mais c’est là une erreur complète, nous le verrons en

PROPRIÉTÉS VITALES

traitant de la maladie charbonneuse. Pour plusieurs auteurs, Billroth et Nægeli. toute bactérie provient d’une seule et même coccobacteria. On attend encore la preuve de cette assertio n

C’est toujours par une erreur de culture, dont la cause réside dans l’introduction dans le milieu de culture d'un germe étranger, que l’on a cru à la transformation d’une espèce dans une autre. Van Tieghem a décrit une bactérie trouvée par lui au sein d’un bloc de bouille ; cette bactérie est très reconnaissable, dit-il, elle n'est autre que le bacillus amylobacter tel que nous l'observons tous les jours, et pourtant quel nombre incalculable de générations n’ont pas eu lieu pour cette espèce bactérienne depuis les temps préhistoriques jusqu’à nos jours. On a retrouvé aussi, dans le tartre dentaire des momies égyptiennes, une bactérie absolument identique à celle que l’on trouve de nos jours dans le tartre dentaire. Voyez encore quelle longue suite de générations ; en admettant que ces momies datent de six mille ans, ce qui n’est pas exagéré, cette bactérie se reproduisant environ toutes les trois heures, cela ne ferait pas moins de 26.280.000 générations, alors que les espèces supérieures en comptent à peine ISO pendant la même période. Mais, vous le savez, pour les espèces supérieures on n'a jamais pu montrer ni une espèce transformée, ni même une espèce en voie de transformation évolutrice.

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