‹ Leçons sur les maladies microbiennesChapitre 36 sur 207 · RACES HUMAINES · texte numérisé non relu

RACES HUMAINES

vasion du bacille. Tandis que les porcs de race anglaise ou allemande contractent la maladie avec une surprenante facilité, les porcs du Périgord y sont absolument réfractaires. Vivant en promiscuité avec des cochons malades du rouget, ils sont perpétuellement indemnes, et, comme nous l’avons vu pour le mouton barbarin, ils résistent aux injections directes de sang virulent. Il est encore un exemple tout aussi caractéristique de cette aptitude que présentent certains milieux. Quand on inocule certains liquides de putréfaction à des rats ou des souris de maison, on développe chez eux une septicémie redoutable qui les tue en quelques heures. A l’aulopsie, l’organisme entier est plein de colonies d’un bacille très virulent, qui fait aussi mourir les animaux semblables avec promptitude. Mais, chose bien caractéristique. les souris des champs sont complètement réfractaires aux injections, même les plus virulentes.

Ce n’est pas seulement chez les animaux que la race suffit à constituer des milieux différents, assez éloignés les uns des autres pour ne présenter ni les mêmes propriétés ni les mêmes aptitudes. Il en est ainsi dans l’espèce humaine. Tout le monde sait que la race juive, qui a conservé son caractère distinctif au travers des siècles, présente des maladies qui lui sont spéciales et des immunités qui lui sont particulières. Mais, pour circonscrire les exemples aux maladies microbiennes, il est certaines maladies de nature parasitaire qui sont l’apanage presque exclusif de telle ou telle race. La lèpre, la plique et plusieurs autres sont dans ce cas. Il est d'autres races chez lesquelles une même maladie présente une gravité beaucoup plus considérable que chez d’autres. Qui ne sait que la scarlatine est une maladie redoutable pour les races anglo-saxonnes et qu’elle est l'elativement bénigne en France, tandis que la rougeole nous serait plus funeste qu’à nos voisins d’outre-Manche

DE [/ACTION DES MILIEUX

La diphtérie frappe plus sévèrement les peuples riverains de la mer Baltique et la variole est toujours beaucoup plus grave chez les nègres. M. Roehoux assure que la rougeole et lascarlatine ne se montrent jamais chez les créoles des Anlilles, même après les cohabitations les plus étroites avec des malades. Les individus qui viennent en Europe n’acquièrent l’aptitude à les contracter qu’après un séjour de dix-huit mois au moins dans l'ancien monde. Comment expliquer ces variations? Ce n’est pas le climat qui peut en rendre compte, car des Anglais contractant en France la scarlatine y sont plus dangereusement malades que nous. Le nègre pris de variole en Europe a beaucoup plus de chance de succomber à la maladie que l’Européen. Nous n’en pouvons tirer que cette conclusion, à savoir que la race constitue un milieu qui peut présenter des divergences telles que les bactéries s’v développent avec plus ou moins de facilité et peuvent même ne pas se développer du tout.

Indépendamment de toute influence de race, on trouve parfois individuellement des organismes qui constituent des milieux tels, qu'un micro-organisme ne pourra pas s’y développer quoi qu’on fasse. On a vu des personnes résister même à l’inoculation des virus les plus actifs et dont l’action est le plus généralement suivie d’effet. J’ai rencontré dans ma pratiquent le fait a été noté assez fréquemment par d’autres observateurs, des individus absolument réfractaires à la vaccine. Dans une famille, deux enfants me présentèrent celte particularité, quel que fût le procédé de vaccination mis en usage; lancette, aiguille creuse, épingles, injections, tout fut infructueux, et chaque épreuve fut tentée à plusieurs reprises. Cependant l’un de ces enfants put être vacciné avec succès à l’âge de onze ans, après une rougeole. Dans ce cas-là, n’est-il pas incontestable que la fièvre éruptive modifia le terrain réfractaire jusque-là

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