‹ Leçons sur les maladies microbiennesChapitre 37 sur 207 · RACES HUMAINES · texte numérisé non relu

RACES HUMAINES

et le rendit apte à mener à bien une éruption vaccinale?

En dehors des influences qui sont sous la dépendance de la race, en dehors aussi de ces cas exceptionnels, il faut bien le dire, qui mettent de loin en loin un individu en dehors de la commune règle, il existe des modifications de notre organisme qui en font un milieu favorable au développement microbien ou qui lui donnent des propriétés telles que toute prolifération de bactéries y devient impossible. Pour arriver à cet état, il suffit d’un ensemble encore mal défini, mais qui ne saurait être révoqué en doute quant aux effets produits. Prenez, par exemple, un troupeau de moutons qui va paissant dans les champs de la Beauce, la grande majorité des bêtes présentent déjà les symptômes avant-coureurs du sang de rate; là-bas, les bergers ne s’y trompent pas, ce troupeau va être anéanti s’il reste dans ces conditions d’existence. Mais que, sans perdre de temps, on entraîne ce troupeau dans le val de la Loire et, sans aucune espèce de traitement, aucun animal ne périra, aucun ne sera malade. 11 a suffi de changer les conditions hygiéniques et les aliments pour que tout symptôme morbide cesse et disparaisse. D’un autre côté, voilà un régiment qui vit dans une caserne dans des conditions hygiéniques parfaitement définies, il y a peu ou point de malades. Mais voilà que des recrues arrivent et que de jeunes hommes, parfaitement sains et bien portants du reste, sont soumis à ces conditions hygiéniques qui laissaient indemnes ceux qui y vivaient. Ces recrues sont soumises à un travail assez dur, travail auquel ces jeunes gens ne sont pas habitués; ils se fatiguent, s’ennuient, sont en proie à des causes dépressives de tout genre et brusquement la fièvre typhoïde éclate parmi eux. Tout cet ensemble, travail exagéré, craintes et passions tristes, a suffisamment modifié leur milieu pour le rendre capable de servir de terrain, où vont

DE L'ACTION DES MILIEUX

proliférer des microbes qui étaient inoffensifs pour ceux qui avant eux se trouvaient placés dans les mêmes conditions.

Bien des causes peuvent ainsi modifier notre milieu et lui faire perdre ou acquérir des propriétés différentes. Il est d’observation vulgaire que l'âge influe d’une façon décisive sur notre aptitude comme terrain de culture microbienne. Plusieurs maladies se voient chez les enfants, qui ne s'observent que fort rarement chez l’adulte. L'âge modifie la réceptivité aux inoculations d’une façon tout aussi évidente. Le microbe de la rage inoculé à des cobayes adultes ne les tue pas; mais si de jeunes sujets sont inoculés avec le même virus, ils meurent rapidement. Il en est tout autrement si on pratique des inoculations de bacilles charbonneux; c’est alors l’inverse qui se produit : tandis que les jeunes sujets sont épargnés, les adultes ne tardent pas à succomber. MM. Arloing, Cornevin et Thomas ont montré que ce qui rend les veaux réfractaires au charbon, c’est le régime lacté. Que leur nourriture soif changée, et la réceptivité apparaît; que l’on retourne au régime absolument lacté, et elle disparaît de nouveau.

Le bacille charbonneux n’est pas le seul microbe dont le développement soit lié aux modifications que fait subir le régime alimentaire au milieu; le bacille de la tuberculose, d’après Bidder, évolue avec infiniment plus de puissance chez les herbivores que chez les carnivores, et cela par la simple raison que les fourrages sont relativement pauvres en sels sodiques, et que c’est grâce à ces sels que l’organisme oppose souvent une certaine résistance à l’envahissement microbien, à cause de leur pouvoir antiputride. En nourrissant des animaux assez longtemps avant leur mort avec des substances très riches en tanin, qui est aussi un antiputride, on constate que leur cadavre résiste très longtemps à l’en-

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