‹ Leçons sur les maladies microbiennesChapitre 39 sur 207 · MILIEUX DE CULTURE · texte numérisé non relu

MILIEUX DE CULTURE

Quelques bactéries, celles du rouget dé porc, sont encore plus difficiles; elles croissent et se multiplient dans du bouillon récemment préparé et ne prolifèrent plus dans le même bouillon, s’il a veill i .

Que si maintenant, au lieu de considérer le milieu animal comme un ensemble, un tout constitué à ! état de terrain plus ou moins favorable au développement et à la prolifération des bactéries, nous envisageons chacun des organes qui le composent , pour chacun d’eux comme pour l’ensemble il existera des conditions différentes qui pourront les transformer momentanément en un théâtre où la prolifération bactérienne va s’accomplir, grâce à des modifications passagères qui permettront aux microbes de s’y implanter et d’y proliférer. C’est ainsi que nous avons en nous des quantités considérables de germes qui n’attendent que la cessation de la vie pour commencer leur œuvre de destruction. Qu’un organe soit mis en l’état d'imminence morbide par le froid ou par toute autre cause, les bactéries se grefferont sur lui en vertu de la loi de locus minons resistentiœ. Elles s’y implanteront, continueront et aggraveront par leur irruption l’étal anormal qui n'aurait été que fort éphémère sans l’intervention des micro-organismes. La bouche, les voies respiratoires et les alvéoles pulmonaires renferment le microbe de la pneumonie; il est là sans manifester son influence nocive, car l’état normal constitue pour lui un terrain où il ne saurait se développer. Mais qu’une impression brusque de froid ou toute autre cause vienne à congestionner le tissu pulmonaire et le microcoque , trouvant alors un terrain favorable se multipliera, et la pneumonie sera constituée. De même si, sur un animal, on détermine une fracture sans que les téguments soient divisés, et qu’on injecte, bien loin de la solution de continuité, une culture de staphylococcus pyogenes aureus, microbe de l’os-

DE L’ACTION DES MILIEUX

téomyélite, on a bientôt un abcès autour de la fracture, ce qui n’arrive jamais si l’injection n’est pas faite. C’est autour de ce foyer seulement que le microbe a trouvé un milieu favorable à son développement.

En voulez-vous un autre exemple : sur un mouton bistourné d’un seul côté, M. Chauveau injecte, dans la jugulaire, du pus avec tous les microbes qu’il comporte. Au bout de peu de temps, l’animal étant sacrifié, vous trouverez le testicule dont le cordon a été tordu converti en une bouillie infecte où grouillent des myriades de microbes, tandis que le testicule qui a continué à vivre de sa vie normale n’en présentera pas. Dans ces divers cas, c’est toujours le même principe qui règle l'intervention des bactéries, c’est sur l'organe qui vient d’être le siège d’une modification qu’elles apparaissenl et, trouvant là un terrain favorable, ne tardent pas s’y multiplier.

Je crois vous avoir pleinement démontré, messieurs, qu’il suffit, dans la grande majorité des cas, qu'un changement de très médiocre importance soit apporté dans le milieu pour qu’un microbe ne puisse pas y proliférer; vous comprenez aisément combien il est difficile dans bien des cas de faire la démonstration de la spécificité des bactéries. Il faut, dit Koch, et nombre d'auteurs le répètent après lui, il faut, pour qu’un microbe soit accepté comme étant facteur d’une maladie, non seulement qu’il se retrouve toujours semblable chez tous ceux qui présentent la maladie, mais que, isolé, puis reproduit en culture, il détermine le même état morbide quand il est artificiellement transplanté sur un autre organisme. Et comme l’expérimentation sur des hommes est interdite, aussi bien par les lois civiles que par celles qui règlent le respect que nous devons à nos semblables, c’est donc sur des animaux seulement que nous devons expérimenter. Dans ces conditions-

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