‹ Leçons sur les maladies microbiennesChapitre 40 sur 207 · MODIFICATIONS DE CERTAINS ORGANES · texte numérisé non relu

MODIFICATIONS DE CERTAINS ORGANES

là, les résultats négatifs ne prouvent rien, car nous savons que, parmi tous les animaux qui nous entourent, il est très rare d’en trouver qui présentent, soit spontanément, soit expérimentalement, desmaladies semblables aux nôtres. Nous savons, au contraire, que certaines maladies deviennent tout à fait méconnaissables en passant d’un organisme à un autre. C’est ainsi que la variole chez le bœuf et la morve chez le chienne ressemblent en rien à ce qu’elles sont quand on les observe, la première, chez l’homme, la seconde, chez le cheval. De tels résultats doivent-ils nous surprendre? Non certainement, quand on sait que ni le sang, ni les sucs digestifs, ni les autres humeurs de l’économie n’ont la même composition chez l’homme et chez les animaux, et que les différences sont énormes quand on les compare aux chiffres infinitésimaux qui suffisent, comme nous l’avons vu, pour qu’un milieu présente des propriétés de culture

toutes différentes. Prenons,

par exemp

le, le sang et

voyons ses différences dans

la série animale.

Oxygène.

Acide carbonique libre ou combine.

Homme (Cl. Bernard) . .

Chien (64 analyses) . . .

Mouton (9 analyses) . . .

Chat (6 analyses)

Lapin (4 analyses). . . .

Poulet (3 analyses) . . .

Canard (9 analyses). . . .

Grenouille . ...

Quant aux sels en dissolution dans le sang, la dif férence est tout aussi manifeste :

Homme. Chien. Veau.

Sulfate de soude. . . . 0.44 0.32 0.24

Chlorure de sodium. . 4.92 5.91 5.39

Ces différences, que nous trouverions au moins égales,

DE L’ACTION DES MILIEUX

souvent plus considérables en étudiant les diverses humeurs de l’économie, ne nous démontrent-elles pas que la prolifération bactérienne peut avoir lieu dans un liquide et non dans l’autre ?

L’étude de l’influence des milieux sur les microbes qui se développent dans leur intérieur ne serait pas complète si je ne vous signalais pas l’action qu’exerce le terrain de culture sur le mode de reproduction des bactéries. Qu'un micro-organisme trouve des conditions très favorables à son existence, une grande richesses d’éléments de nutrition, et il se reproduira par segmentation, et cela avec promptitude. Mais que quelques matériaux qui lui sont utiles viennent à manquer ou à ne se trouver qu’à des doses insuffisantes, alors apparaîtra le phénomène de la sporulation tel que nous l’avons déjà décrit. La spore, qui est, comme je vous l’ai dit, l’état qui permet la plus grande résistance aux agents extérieurs, qui peut conserverie principe de vie intact, même sans nourriture pendant de longues années, prendra promptement naissance. Chaque fois donc que, par une cause quelconque, manque de matériaux nutritifs, substances toxiques pour les bactéries, chaleur trop élevée, dessiccation, etc., leur vie sera compromise, la mort des micro-organismes sera précédée d’une sporulation, puis les parents disparaissent, laissant des germes qui, fort heureusement, ne peuvent pas se développer dans le milieu où ils ont pris naissance. Mais ce n’est pas tout, et dans quelques circonstances il est possible que la composition du milieu produise sur les microbes qui l’habitent une action plus complète et surtout plus durable. M. Pasteur a en elfeL prouvé, par des expériences décisives que nous aurons à étudier en vous entretenant de l’atténuation des virus, que, dans certaines conditions de milieu, on était en quelque sorte maître de régler le mode d’après lequel les bactéries

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