‹ Leçons sur les maladies microbiennesChapitre 44 sur 207 · ACTION PAR LES PTOMAINES · texte numérisé non relu

ACTION PAR LES PTOMAINES

chacun de ces alcaloïdes ne se montrer qu’après que telle ou telle espèce de microbe a fait irruption pour prendre part à la décomposition du cadavre.

Les recherches de Brieger, de Feltz, de Rosenbach et celles de Charles Bouchard, en France, établissent que c’est bien réellement à des ptomaïnes produites par la désassimilation des microbes que l’on doit rapporter divers symptômes morbides, notamment l’élévation de température et les symptômes dits cérébraux. Nous tâcherons d’entrer dans plus de détails sur ces divers effets produits, quand nous traiterons la question de savoir comment agissent les microbes dans les maladies. Pour le moment, bornons-nous à établir d’une manière générale que les bactéries pathogènes, comme les autres, agissent sur le milieu, non seulement en y provoquant des décompositions du fait de leurs besoins nutritifs, mais encore en sécrétant certaines substances toxiques qui ont reçu le nom de ptomaïnes, et en les mélangeant au milieu où s’est effectuée l’évolution microbienne. Je vous dirai plus tard le peu que nous savons sur l’action de ces ptomaïnes.

De même qu’il est possible en botanique, par la culture méthodique et appropriée d’une plante, de transformer ou tout au moins de modifier ses fruits, de changer totalement la substance qui les compose, de substituer par ce moyen à des fruits désagréables ou malfaisants des fruits savoureux et bienfaisants, de même il est possible, en cultivant les microbes sur des terrains ou dans des conditions déterminées, de changer leurs produits, leurs déchets, leurs ptomaïnes, et, de malfaisantes qu’elles étaient, les rendre peu redoutables et même complètement inoffensives. C est cette culture méthodique qui a reçu le nom à' atténuation des virus. L’étude de cette question aurait pu être placée après l’examen de l’action des milieux sur les bactéries, car c’est par l'action des

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milieux qu’on y parvient; mais le but à atteindre, qui est le changement des produits plomaïques, m’a conduit à ne vous la présenter qu’après l’étude de l'influence des bactéries sur les milieux. Au surplus, la connaissance de cette double action des milieux sur les bactéries, et de celles-ci sur lés milieux, nous aidera à comprendre le phénomène. Cette question de l'atténuation des virus est intéressante entre toutes, attendu qu’elle nous conduit comme corollaire à l’application du système des vaccinations qui est la donnée la plus pratique et sans contredit la plus intéressante de la nouvelle science microbienne.

Gardons notre comparaison de tout à l’heure et examinons-en bien les conséquences, nous verrons qu’elles sont parfaitement applicables à la question qui nous occupe. Tous les agriculteurs et tous les éleveurs savent qu’en prenant un être vivant, plante ou animal, placé momentanément dans des conditions qui lui rendent la vie impossible et qu’en le forçant à se reproduire à ce moment-là on obtient un fruit qui sera loin de présenter la même vitalité que s’il provenait d’un générateur parfaitement sain. Mais ce fruit sera doué des mêmes besoins que ses parents, et par conséquent il se comportera comme ceux-ci dans le milieu ou il évoluera. D’un autre côté, ces caractères de faiblesse, que le produit tire d’une déchéance originelle momentanée , ne seront pas permanents chez lui, il lui suffira d’être placé, lui ou ceux qui proviendront de lui, dans un terrain favorable et il récupérera la force et la vitalité de son espèce. Bien plus durables et bien plus longs à effacer seront les stigmates laissés sur une lignée, quand ils auront été amenés par une modification lente et graduelle, qui se sera successivement exercée sur une série de générations. Dans ce cas, il y aura en quelque sorte modification de l’espèce, tendance à la formation d’une espèce nouvelle ; dans ce cas encore, en plaçant les produits dans

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