‹ Leçons sur les maladies microbiennesChapitre 50 sur 207 · EXPÉRIENCE DE M. PASTEUR · texte numérisé non relu

EXPÉRIENCE DE M. PASTEUR

vivre les cellules des fruits ont besoin d’oxygène, elles n’en ont plus trouvé dès le moment qu’elles ont été plongées dans un milieu d’acide carbonique. Alors, pour continuer à vivre, elles ont décomposé le sucre qu’elles avaient à leur disposition, c’est-à-dire celui qui est renfermé dans les cellules voisines. Les cellules douées d’une vitalité plus énergique ont vécu aux dépens des autres. La décomposition s’est faite par un procédé absolument identique à celui que met en usage le micro-organisme de la levure pour rompre la combinaison du sucre contenu dans le moût. Par conséquent, elles ont produit de l'alcool que l’on retrouve à l’analyse et ont consommé à leur profit une partie de l’oxygène qu’elles ont trouvé dans le sucre, c’est là ce qui les a empêchées de mourir. Quand nous étudierons les gangrènes, nous verrons que bon nombre d’éléments anatomiques se comportent de la même façon. En un mot, les cellules constitutives de ces fruits se sont comportées comme des microbes aérobies qui, privés d’air, se conduisent en véritables ferments et décomposent le milieu où ils sont plongés pour lui soustraire l’oxygène dont ils ont besoin.

La troisième expérience est due à M. Schützenberger; elle est encore plus caractéristique si c’est possible, mais, dans tous les cas, elle s’applique plus directement aux phénomènes delà vie animale. Vous savez que c’est grâce à l’acide carbonique, ainsi qu’à la masse des déchets qui proviennent de la désassimilation des éléments anatomiques, que le sang artérialisé au contact de l’air revient veineux dans les cavités droites du cœur. C’est parce qu’il a traversé, contenu dans les capillaires, une multitude d’organismes en voie de rénovation incessante, d’assimilation et d’excrétion, qu’il a ainsi perdu ses qualités de sang vermeil, rutilant, riche en oxygène, pour devenir noir, épais et plus diffluent. M. Schützenberger

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prend une grande cuve dans laquelle il met du moût de bière qu’il ensemence avec de la levure, en ayant soin de la tenir immergée dans la profondeurdu liquide. Il plonge dans ce milieu un système de tuyaux faits d’une baudruche spéciale, se prêtant très bien aux échanges endosmoexosmotiques. Ces tuyaux, d’un calibre assez petit, partent d’un tronc unique et vont aboutir à un seul tube, de façon à réaliser le schéma circulatoire; une artère, après plusieurs divisions, se subdivisant en une inimité de capillaires qui arrivent à se collecter en un tronc veineux. Cet ensemble de tubes est maintenu au milieu de la masse du moût en fermentation. Alors le savant observateur pousse avec une pompe du sang longuement battu avec l'air et devenu à son contact vermeil et artérialisé. Il le fait avec lenteur, mais jusqu’au moment oû le liquide ressortira par le tube où vont aboutir toutes les ramifications. Alors il constate que le sang, qu’il a envoyé avec tous les caractères du sang artériel, ressort, après avoir traversé la série de tubes, avec tous les caractères du sang veineux. Vous le voyez, messieurs, l’expérience est aussi probante que possible, elle est la répétition de ce qui se passe en nous à chaque instant.

Les tubes portant dans leur intérieur un liquide riche en oxygène traversent un milieu où vivent d’innombrables légions de cellules de levure qui, pour vivre, ont un besoin impérieux d’oxygène. De plus, ces cellules de levure produisent de l’acide carbonique comme résultat de leur évolution vitale. Yous voyez combien est grande la similitude de ce qui se passe dans l’expérience de M. Schützenberger et de ce qui se passe dans les profondeurs de nos tissus. Là aussi, une multitude de micro-organismes, les éléments anatomiques, vivent, ont besoin d’oxygène et ils éliminent de l’acide carbonique absolument comme les cellules de la levure. Une

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