CULTURES
inoculations pratiquées avec des matières fraîches. Il en a été de même du froid. Des bacilles congelés à o degrés ou à 8 degrés ont été parfaitement virulents, alors même qne ces congélations aient été répétées plusieurs fois sur eux. Les micro-organismes de la tuberculose conservent aussi leur virulence, alors même qu’on les laisse séjourner pendant un temps plus ou moins long, jusqu’à vingt-cinq jours, dans des matières absolument putréfiées. Seulement, dans ces dernières expériences, il est un écueil à éviter, ce qui souvent est assez difficile, je veux parler de l’inoculation du microbe de la septicémie.
Indépendamment de ces milieux artificiels, on peut encore cultiver le bacille de la tuberculose sur des milieux naturels, dont la transparence permet de suivre jour par jour le développement des lésions. Nous aurons à insister ces expériences en vous parlant de l’évolution bacillaire. Cohnheim et Baumgarten ontcultivé ces microorganismes en les injectant dans la chambre antérieure de l’œil du lapin ; la cornée est une glace qui permet de suivre les diverses phases du phénomène. Nous avons du reste répété celte expérience sur le lapin, et vous pourrez voir, dans nos prochaines réunions, se dérouler sous vos yeux les phénomènes que je vais d’avance vous décrire.
Les microbes ont été pris dans un tubercule miliaire, dilués dans de l’eau stérilisée et injectés avec les plus grandes précautions antiseptiques, à l’aide d’une seringue de Pravaz, dans la chambre antérieure de l’œil. Après quinze à vingt jours, nous verrons se former sur la face antérieure de l’iris de petites taches grisâtres, qui s’accroîtront, s’étendront et constitueront de véritables corps tuberculeux, ne tardant pas à prendre l’apparence caséeuse, et dans lesquels la présence du bacille sera manifeste. Plus tard, les diverses parties de l’œil seront envahies à leur tour, et vraisemblablement le parasite
TUBERCULOSE
passera, par l'intermédiaire de la circulation, dans l’organisme. L’animal maigrira et mourra d’une tuberculose généralisée.
Je dois vous dire quelques mois de la technique histologique, des divers moyens mis en usage pour déceler le bacille dans les parties où on peut le rencontrer; les méthodes sont nombreuses et je me garderai bien de vous les décrire toutes. Cependant je dois vous donner une idée des procédés le plus communément employés, de ceux qui donnent les résultats les plus évidents et qui sont en même temps les plus simples et les plus faciles à mettre en œuvre. C’est avec les couleurs d’aniline, comme vous le savez, qu’on arrive à colorer les bactéries ; celles qui déterminent la tuberculose n’échappent pas à celle règle.
Voici la méthode de Koch. Les parties à examiner sont placées danslasolulion ditede Koch : solution concentrée de bleu de méthylène, 1 vol.; solution de potasse à 10 0/0, 2 vol.; eau distillée, 200. Elles y séjournent au moins vingt-quatre heures, ou pendant une heure seulement à la température de 40 degrés. La préparation est alors lavée, puis plongée pendant deux minutes dans une solution de vésuvine. Après cela, on rince dans l’eau et on examine. La méthode dite d’Ehrlich consiste à baigner d’abord la préparation dans la solution dite d’Ehrlich, dont voici la composition : eau, 100; huile d’aniline, 3; violet do méthyle, 5 B en excès; alcool, q. s.; et on décolore avec un liquide composé de : alcool à 70°, 100; acide chlorhydrique, 1.
La méthode de Peter consiste à laisser les parties pendant une demi-heure dans une solution de violet de gentiane, puis on les laisse séjourner pendant dix-huit heures dans l’alcool absolu que l’on doit renouveler ; on lave à l’eau distillée et on plonge pendant trois minutes dans une solution de jaune d’aniline, on lave à l’eau