‹ Leçons sur les maladies microbiennesChapitre 72 sur 207 · TECHNIQUE · texte numérisé non relu

TECHNIQUE

distillée et on conserve dans le baume de Canada.

Voici enfin pour terminer la méthode de Franckcl, dite méthode de double coloration : c'est du reste une des meilleures.

On colore par la méthode d’Ehrlich, comme nous venons de le dire, puis on plonge dans un bain ainsi composé : alcool, o; eau distillée, 3; ajoutez en excès le colorant de fond, bleu de méthylène. C'est, vous le voyez, unir le réactif décolorant avec celui qui colore.

Je ne veux pas énumérer toutes ces méthodes, si nombreuses, dont l’énumération serait pour vous absolument fastidieuse ; nous aurons à les reprendre et à les exécuter ensemble, ce qui vaudra beaucoup mieux que toutes les énumérations que je pourrais vous faire. Cependant je vous demande la permission de vous dire quelques mots encore sur l’examen des diverses parties que vous aurez à faire dans vos recherches sur la tuberculose.

Naturellement vous examinerez des solides ou des liquides. Voici comment on doit procéder dans l’un et l’antre cas. Les parties solides à examiner seront placées dans l’alcool absolu, et il faudra plusieurs fois le renouveler. Le poumon n’acquiert pas souvent une consistance assez grande, il faut alors l’envelopper dans la paraffine dissoute par le chloroforme, d’après la méthode dite des inclusions. Les coupes minces doivent être colorées par l’une des méthodes ci-dessus indiquées, à la condition de séjourner vingt-quatre heures dans lehain. C’est au procédéd’Ehrlichquejevous conseille d’avoir recours.

Les crachats sont les liquides que vous aurez le plus souvent à examiner, tant à cause de la facilité avec laquelle on peut se les procurer, que comme moyen précieux et infaillible de diagnostic, permettant d’affirmer l’existence de la tuberculose, quand on constate la présence des bacilles. Avec une pince flambée, on prend au

TUBERCULOSE

milieu du crachat une parcelle de la partie la plus puriforme, on la place sur un couvre-objet, puis, à l’aide d’un second, on l’étale par glissement sur la plus grande surface possible; on sépare ensuite les deux lamelles, qu’on laisse sécher à l’air libre ; quand elles sont sèches, on les passe trois fois dans la flamme d'un brûleur de Bunsen, pour coaguler l’albumine, puis les lamelles sont placées dans le liquide d’Ehrlich, pendant quinze à dixhuit heures, lavées et décolorées d'après sa méthode, puis examinées. Lorsque l’examen devra porter sur un autre liquide, provenant de la plèvre ou de la vessie, ces divers liquides, recueillis dans des tubes stérilisés, seront laissés bien à l’abri du contact de l'air, dans un état d'immobilité absolue ; c’est dans la couche trouble qui se déposera au fond que vous chercherez les bacilles, par un procédé analogue à celui que je viens de vous exposer.

Ce qui nous reste à dire sur la tuberculose, et qui est la partie vraiment médicale de cette leçon, doit comprendre trois points : 1° comment le bacille tuberculeux entre-t-il dans l’économie? 2° comment se développet-il et arrive-t-il à constituer la maladie tuberculeuse? 3° quel rôle joue-t-il dans les diverses lésions, si multiples et si variées de la tuberculose ?

Les voies d’introduction du bacille tuberculeux sont : le tube digestif, le poumon, le tissu cellulaire (inoculation accidentelle) ; enfin, nous vous dirons quelques mots de l’hérédité et de la pénétration du micro-organisme dans l’économie, du fait des générateurs. Nous allons successivement étudier les diverses portes d’entrée du bacille et vous dire, pour chacune de ces voies de pénétration, ce que l’observation rigoureuse a établi d’une façon irréfutable. Et d’abord une première question se pose : le bacille tuberculeux peut-il arriver à produire ses désastreux effets quand c’est par les voies digestives qu’il pénètre? En un mot, devient-on tuberculeux en mangeant

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