‹ Leçons sur les maladies microbiennesChapitre 73 sur 207 · PÉNÉTRATION PAR L’INTESTIN · texte numérisé non relu

PÉNÉTRATION PAR L’INTESTIN

îles substances qui renferment le bacille caractéristique ?

L’intestin et les voies digestives sont, dans plusieurs occasions, la porte d’entrée par laquelle le bacille de la tuberculose pénètre dans l'organisme. Le fait des tuberculisations par cette voie n’est plus à démontrer. Chez les animaux, la question n'est pas douteuse, surtout chez les herbivores. Il en est de même dans l'espèce humaine. Le nombre d’enfants chez lesquels éclatent les signes d’une tuberculose abdominale, dès qu'ils sont mis au sein d’une nourrice tuberculeuse, est considérable. Le lait est du reste un des agents le plus fréquemment vecteurs du bacille, et le plus souvent il provient de vaches ayant la maladie pommelière, qui n'est autre chose qu'une tuberculose avec le microbe spécifique. On a examiné à ce point de vue une grande quantité de laits, vendus couramment à Paris, sur la voie publique, et on a constaté des bacilles tuberculeux dans un grand nombre d’entre eux. Les viandes peuvent aussi communiquer la maladie, le bacille étant assez fréquent dans les ganglions des bovidés malades. Les poules et autres oiseaux de basse-cour peuvent facilement devenir tuberculeux par l’absorption des crachats de phtisiques dont ils sont généralement avides. Enfin, les lapins présentent aussi la tuberculose, bien que ce quadrupède soit loin d’être follement tuberculeux, comme le disait Behier. Cependant, il faut bien l’avouer, les 'cas d’infection tuberculeuse par l’alimentation sont rares. Il y a trois raisons péremptoires qui donnent la clef de ce peu de fréquence : en premier lieu, les aliments sont mangés cuits et le lait le plus souvent bouilli; or, une viande complètement cuite a eu toutes ses parties portées à plus de 80 degrés et cela pendant un temps assez long, et nous savons que le bacille ne résiste pas à cette température. Secondement, à supposer que quelques micro-organismes ne soient pas détruits

TUBERCULOSE

parla chaleur, le suc gastrique acide les tue ou tout au moins diminue considérablement leur vitalité. Eniin, en troisième lieu, il ne suffit pas qu'un bacille pénètre dans l'organisme pour immédiatement s’v développer et y faire souche. Dans les voies digestives surtout, incessamment balayées par le mouvement digestif, il leur est difficile de faire leur nid et de proliférer. Nous pouvons du reste ajouter que tous les organismes sont loin d’être un terrain favorable à la cultüre des bacilles. Dans l’immense majorité des cas, il faut que le microorganisme soit implanté sur un sujet, (pii ait quelque cause de déchéance fonctionnelle, soit qu’il la puise dans ses générateurs, soit qu elle provienne pour lui des conditions plus ou moins fâcheuses au milieu desquelles il évolue, que ces conditions proviennent d’un état de santé ou d’un ensemble hygiénique défectueux. Somme toute, et c’est un grand bonheur pour l'humanité, un nombre trop grand sans doute, mais relativement assez restreint, est exposé à donner au bacille tuberculeux un asile où il pourra proliférer. S’il en était autrement, la fréquence considérable des cas où le bacille pénètre en nous, soit par les voies digestives, soit surtout par les voies respiratoires, mode que nous allons étudier, ferait sans aucun doute que la presque totalité de l’espèce humaine succomberait à la tuberculose.

La voie respiratoire est fréquemment le siège de l'infection tuberculeuse, et la pénétration des bacilles par cette voie est un fait mis hors de doute par les expériences de MM. Cadéac et Mallet.. Ces deux auteurs, ainsi que le professeur Straus, ont démontré, non seulement que le bacille pouvait pénétrer et pénétrait par cette voie, mais encore qu’il ne ressortait pas avec l’air expiré, car celui-ci était complètement dépourvu de germes. MM. Cadéac et Mallet ont enfermé des chiens dans des cages, où ils ont répandu de la poussière faite avec des

Page 1