HÉRÉDITÉ
sont constitués par une agglomération de micro-organismes d’une vitalité énergique et intense n’ont pas permis à l’intrus de se fixer et d’élire domicile dans leurs organes et à leurs dépens. Ils l’ont promptement étouffé par la puissance de leur vie; quant aux autres, ils ont été vaincus et ils ont succombé. La preuve pour moi que la question ne sauraitêtre autrement envisagée, c’est que, chez les individus dont l’hérédité est la plus manifeste, vous aurez beaucoup plus de chance de les voir parcourir paisiblement leur existence, si vous les placez à l'abri des germes de provenance étrangère à leur être. C’est que les soins, les précautions, le traitement bien conduit et ayant pour objet de favoriser leur vitalité, écarteront le danger dans bien des cas. Mais si, au contraire, vous les mettez ou les laissez se mettre au contact fréquent d’un ennemi qu’ils ne pourront pas vaincre, ils auront bien des chances de succomber. La preuve inverse est faite malheureusement bien souvent sous nos yeux. Voilà des jeunes gens robustes et bien constitués, ils séjournent indemnes dans un milieu infecté de germes tuberculeux. Mais au bout de quelque temps, s’ils sont soumis à ce qu’on a nommé la misère physiologique, pendant un temps assez long pour modifier leur organisme, vous les voyez alors devenir un bon terrain de multiplicalion pour le bacille tuberculeux, et ils ne tarderont pas à en ressentir l’influence fatale. C’est ce qui arrive dans la très grande majorité des cas pour les soldats dont je vous parlais tout à l’heure, pour les prisonniers, pour ceux qui exercent certaines industries, qui les contraignent à subir des influences hygiéniques mauvaises. Laslatistique démontre que ceux qui succombent ainsi portent la plupart du temps quelque lare héréditaire; mais ce vice originel ne les eût pas fait périr, si leur existence avait continué à s’écouler dans des conditions autres, loin des germes d’abord, et
TUBERCULOSE
mieux en harmonie avec leurs besoins physiologiques.
Donc, en résumé, quelques sujets portent en venant au monde les germes bacillaires qu'ils tiennent de leurs auteurs, et qui, après une latence quelconque, mais jamais trop prolongée, les rendent tuberculeux dès les premières années de la vie. D’autres individus provenant de parents affectés de tuberculose n’ont de cet héritage qu’une composition de tissus telle, qu’ils sont constitués à l’état de terrain exceptionnellement favorable à la pullulation du bacille, et ils sonl en quelque sorte à la merci du premier micro-organisme qui viendra s’implanter en eux.
Nous avons étudié le bacille de la tuberculose, les moyens de le découvrir et ses portes d'entrée; il nous reste maintenant à voir comment et par quel mécanisme il se fixe en nous et y détermine les désordres habituels; enfin, quel est son rôle et quelle est son action dans chacune des lésions qui constituent le tableau varié de l’infection tuberculeuse. Ce sera 1 objet de notre prochaine leçon.