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LA BACTERIOLOGIE EST UNE SCIENCE FRANÇAISE

lions inflammatoires, il y a quatre ans, la pneumonie par exemple, deviennent des maladies bactériennes au premier chef. Il n’y a pas plus de vingt ans que Davaine annonçait pour la première fois qu’une maladie, le charbon, était d’origine bactérienne, et aujourd’hui on peut légitimement se demander si demain ne nous apportera pas la preuve que toutes procèdent de l’évolution d’un micro-organisme.

Je ne veux pas vous faire entrer dans le monde des illusions et des rêves, vous énumérer les espérances qui se réaliseront peut-être un jour et qui transformeront l’humanité. Arrivera-t-on à des vaccinations préventives, qui seront efficaces pour nous préserver de certaines maladies? Nul ne peut le dire, mais nous pouvons toujours l’espérer. Supposez seulement qu’un des travailleurs, qui sont actuellement partout à l’œuvre, vienne à découvrir le moyen de nous garantir du bacille de la tuberculose, et songez que cette découverte sauvera la vie tous les ans à trois millions d’hommes en Europe seulement, et demandez-vous s’il existe une science qui nous fasse entrevoir d’aussi admirables perspectives.

De plus, messieurs, il faut le dire et le proclamer bien haut, la science bactériologique est une science toute française qui a pris naissance et qui procède entièrement des travaux de notre illustre Pasteur; c’est lui qui le premier a initié le monde savant à la connaissance des infiniment petits. De ses remarquables études sur les fermentations dérive tout ce que nous savons de la vie des microbes; c’esL lui qui a inauguré le système des cultures dont les conséquences ont été si fécondes en résultats ; c’est lui qui le premier a eu l’idée d’appliquer à la pathogénie humaine les notions de bactériologie étudiées chez les animaux; c’est lui, enfin, quia fait la lumière sur bien des points et qui nous a fourni des méthodes précieuses pour nos recherches futures. A

INTRODUCTION

côté de cette gloire nationale, notre Ecole de médecine de Toulouse doit se souvenir avec orgueil du sérieux appui apporté à la science nouvelle par les travaux si remarquables, les recherches si habilement conduites de M. le professeur Toussaint, qu’une maladie cruelle tient séparé de nous. Un des premiers, il est entré dans la voie nouvelle inaugurée par M. Pasteur; il a eu la gloire de plusieurs découvertes, parmi lesquelles il en est une qui suffit à illustrer son nom, je veux parler de l’atténuation du virus charbonneux.

Telle est, messieurs, la science que nous allons étudier ensemble ; permettez-moi de vous dire en quelques mots quel sera le plan d’après lequel nous procéderons. Nous commencerons par une étude générale sur la vie, les propriétés, le rôle des microbes, el rien ne vous sera plus utile, pour bien saisir le rôle des microbes pathogènes, que ces notions d’ensemble, communes à tous les micro-organismes. Avec quelques variantes, la vie de l’espèce est une dans toutes ses manifestations, et en étudiant le phénomène dans son expression la plus simple, dans les fermentations, vous comprendrez facilement ce qui se passe lorsque le milieu évolutif, qui sera le siège de la vie microbienne, présentera une plus grande complexité. Ces données générales étant connues, nous commencerons l’étude des maladies microbiennes proprement dites. Viendront en premier lieu les états morbides qui sont caractérisés par des manifestations multiples toujours identiques à elles-mêmes, quel que soit le point de l’économie où elles évoluent sous la dépendance d’un seul et même microbe, les suppurations, les septicémies, les gangrènes, la tuberculose, etc. fin second lieu, nous étudierons les diverses lésions que peut présenter un organe, suivant l’espèce du microbe qui se fixe en lui, et de ce chef nous étudierons les endocardites, les broncho-pneumonies, les né-

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