‹ Leçons sur les maladies microbiennesChapitre 88 sur 207 · ENDOCARDITE RHUMATISMALE · texte numérisé non relu

ENDOCARDITE RHUMATISMALE

rienne du rhumatisme est encore à faire, et cependant l’arthropalhie rhumatismale est incontestablement une des causes les plus fréquentes de l’endocardite. Mais à part celte apparente anomalie, sur laquelle nous allons revenir, il est absolument positif que les autres états morbides occasionnant un processus endocarditique relèvent tous d'une influence bactérienne. Vous le verrez, à n’en pas douter, dans le courant de cette leçon.

Le rhumatisme peut- il être rejeté en dehors du cadre des maladies microbiennes? Plusieurs auteurs ont prétendu avoir toujours rencontré des microbes dans les lésions variées que le rhumatisme détermine sur les divers organes où il se manifeste. En Allemagne, Ivlcbs et, plus tard, Hueter et d’autres; en France, le professeur Bouchard, ont décrit dans les divers produits d’origine rhumatismale des monadmes, petits corps organisés, présentant avec les globules du sang la plus grande analogie. De plus, dans plusieurs cas d’endocardite de nature rhumatismale, et sur l’infectiosité desquelles il ne saurait subsister le moindre doute, on a retrouvé, sur les valvules et dans les interstices que laissent entre elles les colonnes charnues, des quantités considérables de ces micro-organismes. Quoi qu’il en soit, il n’y a, à l’heure actuelle, que des présomptions et non des certitudes pour placer le rhumatisme parmi les maladies microbiennes. Nous n’avons donc pas à nous occuper des endocardites simplement inflammatoires, ou du moins dites telles jusqu’à ce jour, et qui, dans l’immense majorité des cas, relèvent du rhumatisme. Nous ne devons étudier que les endocardites infectieuses, relevant d’une maladie bactérienne et présentant des micro-organismes comme cause primordiale et certaine des divers symptômes qu’elles déterminent. Notez bien que je dis toujours les endocardites infectieuses; c’est qu’en effet il n’y en a

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ENDOCARDITES INKBCTIEl SES

pas une seule, mais bien autant qu'il y a d'espèces de microbes pouvant la déterminer.

C'est l’Anglais Senbouse- Rirkes qui , le premier, a décrit des endocardites dans lesquelles une ulcération de la membrane interne du cœur était souvent liée à l'apparition de phénomènes morbides de la plus liante gravité. Je ne vous ferai pas l'historique des diverses théories qui ont successivement été édifiées sur la conception de cet étal morbide ; vous trouverez une analyse complète et une critique judicieuse de tous ces travaux dans la remarquable thèse de M. le professeur Caubet, directeur de notre école. Rokitanskv a le premier signalé la présence des bactéries dans l'endocardite ulcéreuse, et ses résultats ont été confirmés par Virchow. Depuis lors, les recherches ont constamment révélé la présence de microbes, et aujourd’hui le doute ne saurait subsister à cet égard. Dans leur livre des bactéries, MM. Corn il et Babès ont soigneusement décrit toutes les espèces de bactéries qui peuvent se rencontrer à des degrés de développement divers dans les endocardites infectieuses. 11 faudrait donc, à la rigueur, étudier autant de variétés d'endocardites infect ieuses qu'il v a d'espèces de microbes susceptibles de les produire. Décrire, par exemple, des endocardites rubéoliques, varioliques, scarlatineuses, dothiénentériques, purulentes, etc., etc., ce serait là se perdre dans des détails et s'exposer à d inutiles redites, car, d'une part, tous les micro-organismes ont en quelque sorte un lieu d’élection pour leur point d implantation sur la membrane interne du cœur, un mode à peu près semblable de fixation, et surtout ils donnent lieu à des symptômes à peu de chose près identiques, suivant qu’ils restent fixés à la place qu'ils ont primitivement occupée, ou qu'ils sont lancés dans l’arbre circulatoire sous forme d’embolies multiples.

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