‹ Leçons sur les maladies microbiennesChapitre 91 sur 207 · ENDOCARDITES DES FIÈVRES ÉRUPTIVES · texte numérisé non relu

ENDOCARDITES DES FIÈVRES ÉRUPTIVES

ditiques reconnaissent pour cause un élément microbien dont la présence dans l’économie n'est pas absolument démontrée, soit qu’il s’agisse de ces cellules aux prolongements multiples qui, entrées dans la circulation, pénètrent jusqu’au cœur et y développent des végétations abondantes dont la chute ou la régression pourront ultérieurement donner lieu à tous les phénomènes de l’endocardite infectieuse.

Vous savez que, de toutes les maladies, le rhumatisme est celle qui cause le plus fréquemment l’endocardite simple. Mais son influence dans la production de l’endocardite infectieuse, pour être plus rare, n’en est pas moins certaine. J’ai eu occasion de vous dire que, pour Klebs, son origine bactérienne ne saurait être révoquée en doute. Quelques auteurs, entre autres Burkart et Ross, ont signalé des faits d’endocardite septique survenant dans le décours d’une arthropatbie rhumatismale non suppurée, dans lesquels on a retrouvé des masses crémeuses, uniquement constituées par des bactéries sphériques, évidemment pyogéniques, avec des abcès métastatiques, d’origine nettement microbienne, dans la rate, le foie, le poumon, le cerveau. C’est à une semblable origine que doivent être rattachées les endocardites survenant à la suite de la chorée, qui se relie au rhumatisme par les liens étroits que nous a indiqués M. le professeur Sée.

Les fièvres éruptives, et notamment la scarlatine, se compliquent assez fréquemment d’endocardite infectieuse. Bien que la présence des microbes, comme cause morbigène des maladies exanthématiques, n’ait pas été absolument démontrée, elles semblent cependant être le type des maladies parasitaires. Toutefois, dans les endocardites infectieuses dont elles se compliquent, on a constamment retrouvé des bactéries. Ilaller, MM. Coze et Feltz, Polil et Crooke, ont retrouvé dans les endocardites

EN DOCA lt DITES I N I EC U ELISES

occasionnées par la scarlatine ; Babès, dans colles qui succèdent à la rougeole, des bactéries de mêmes espèce et nature que celles qu'ils ont rencontrées soit sur la peau, soit surtout dans les sécrétions lacrymo-nasales des morbilleux. Quanta la variole, dont les complications cardiaques sont les moins fréquentes, elle donne naissance à des endocardites infectieuses provoquées par le microbe pyogène. C’est par le streptococcus enjaipelatus que l’érysipèle provoque des endocardites; mais, de même que pour la variole, les cas sont rares.

Le bacille d’Eberth, cause de la fièvre typhoïde, se montre aussi sur l’endocarde, s’y implante et détermine des endocardites infectieuses de la plus liante gravité, qui, dans la plupart des cas, viennent ajouter leurs graves symptômes à ceux de la maladie principale. Mais, dans la fièvre typhoïde, il ne faut pas perdre de vue qu’à certains moments on voit apparaître des suppurations, soit du fait des plaques de Peyer ulcérées, soit d’une eschare au sacrum, soit d’une parotidite. Dans ces cas, c'est encore le microbe pyogène qui peut s'implanter et proliférer sur la membrane interne du cœur.

Le puerpérisme est aussi une des causes les plus fréquentes d’endocardite infectieuse el à des degrés divers. Celle-ci peut éclater pendant la grossesse, après elle el même pendant l’allaitement ; toutefois, il faut se lutter de le dire, c’est pendant les suites de couches qu’elle se montre le plus communément et qu elle a une malignité beaucoup plus considérable. Probablement parce que, dans ce cas-là, elle est occasionnée parle microbe pyogène, qui ne tarde pas à produire tous les symptômes de la pyohémie. Pour Lorain, mon maître, ces endocardites devaient être considérées comme d’origine rhumatismale. On sait, en effet. que ce regretté professeur avait créé une classe de rhumatismes, qu'il appelait rhumatismes génitaux, dont les manifestations étaient toujours

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