‹ Leçons sur les maladies microbiennesChapitre 93 sur 207 · CHUTE DE L’ÉPITHÉLIUM · texte numérisé non relu

CHUTE DE L’ÉPITHÉLIUM

suffit à laisser passer l’albumine dans burine. Que le renouvellement des éléments anatomiques ne s’effectue pas promptement et l’albuminurie est constituée pour un temps correspondant à celui où leur structure ne sera pas normale. Aussi maintes causes peuvent amener des albuminuries transitoires, car l’épithélium des tubulis devient granuleux et tombe sous les influences les plus diverses et en apparence les plus légères. Il me paraît superflu de vous dire que dès le moment où la pénétration des microbes s’effectue soit dans les tubulis, soit dans leur voisinage, l’épithélium, doué d'une sensibilité si exquise, peut, ou bien tomber dans la cavité par plaques de différente grandeur, ou bien il se produit ce que Weigert a appelé la nécrose de coagulation, phénomène qui consiste en une perte de l’individualité des cellules et en leur transformation en une masse d’apparence vitreuse qui garnit l’intérieur des tubes à la manière d’un vernis. Il est juste de dire que cette masse ne présente pas avec la tunique tubulaire une adhérence bien grande, et que, somme toute, la chute s’effectue toujours par de vastes lambeaux. Ce n’est pas seulement par leur fixation directe, soif dans les tubulis, soit dans les glomérules, soit dans leur voisinage, que les bactéries agissent sur l’épithélium rénal, leur action peut se produire sur ces éléments d’une manière plus indirecte mais non moins sûre. Ricklinghausen a démontré que les microbes peuvent, en envahissant les vaisseaux, créer une circulation vicieuse dont pâtira l’épithélium et qui finalement entraînera sa chute.

La conséquence de toutes les altérations cellulaires, c'est la présence de l’albumine dans l’urine. Vous savez quelle théorie le professeur Bouchard avait édifiée sur les propriétés de cette albumine qui, d’après lui, ne présentait pas les mêmes caractères ni les mêmes propriétés, suivant qu’elle était due ou non à un processus

CABADE

NEPHRITES INFECTIEUSES

simple ou à un processus infectieux. Le caillot albumineux rétractile sous l'influence du calorique, étant caractéristique des lésions non infectieuses des reins, tandis que sa rétractilité nous témoignait toujours d'une provenance infectieuse. Malheureusement pourcette manière de voir, le professeur Lépine a montré que, par des artifices de manipulation, on pouvait obtenir dans une même urine albumineuse les deux variétés de caillots, rétractiles ou non. Ce procédé, si sin de et si commode pour le diagnostic de la nature des néphrites, ne mérite donc plus la confiance dontquelque lumps ilajoui.

Dans toutes les maladies où les micro-organismes passent dans la circulation, on retrouve d ms l’urine la preuve qu’ils ont traversé le filtre rénal. C'est en effet toujours par l’œuvre de la dépuration urinaire qu'ils sont éliminés, du moins ceux qui son apportés par l’artère rénale. Il arrive quelquefois, d’après le professeur Bouchard, que dans certaines maladies les bactéries traversent en masse le rein et se retrouvent en masses considérables dans les urines, constituant ainsi ce que l’on a appelé de véritables décharges bactériennes. Cohnheim a démontré le mécanisme de ce passage et les conséquences qu’il entraîne, en injectant directement dans le sang de certains animaux des cultures pures d’espèces microbiennes inoflensives et les retrouvant constamment dans les urines, jusqu'à ce que l’organisme s’en soit définitivement débarrassé. C’est par le passage, et par le passage seul sans implantation, que les micro-organismes peuvent donner lieu à la variété la plus bénigne des néphrites infectieuses. On le démontre en injectant, dans les veines, des cellules de levure de bière, qui arrivent finalement à s'éliminer toutes par l’urine, sans produire le moindre désordre, si la quantité n’est pas trop considérable, mais qui produisent de l’albuminurie par le fait seul de leur

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