‹ Leçons sur les maladies nerveuses (volume 2)Chapitre 107 sur 153 · Sensations et mouvements, Paris · texte numérisé non relu

Sensations et mouvements, Paris

plus généralisées. La colonne motrice médullaire elle-même est émue, et tout le corps participe au spasme général (Fig. 1<S0). On « se tient les eûtes », on « se tord » . Voilà le « Rire homérique » , rire épique des dieux de l'Olympe, à la vue de Vulcain le boiteux voulant supplanter Ganymède.

Si maintenant nous passons en revue les vn^p- phénomènes qui caractérisent le Pleurer, nous les verrons se succéder dans un ordre analogue. Cette fois, c'est — au début — un abaissement des coins des lèvres, sous l'action de quelques muscles mentonniers, la houppe du menton, le triangulaire des lèvres, qui, en se contractant, produisent sur la région sousbuccale ces ondulations significatives qui précèdent chez les enfants l'explosion des larmes. L'excitation se propage aux muscles de la glotte, puis au diaphragme; enfin le sanglot éclate, secouant le corps convulsivement comme pour le rire.

J'ai réservé pour la lin les larmes mêmes. Or l'afflux des larmes est sous la dépendance d'un nerf moteur. 11 se fait avec une abondance et une soudaineté qu'un nerf vaso-sécrétoire seul peut détei'miner: telle la corde du tympan pour le flux salivaire. La sécrétion

Fig. 180. — Moelle allongée vue par sa face postérieure et montrant par transparence la situation approximative des noyaux moteurs bulbaires.

G P. Glande pinéale. — G Hab. Ganglion de l'IIabenula. — G G. Corps genoiiillés. — Q P. Tubercules quadrijumeaux postérieurs. — RR. Ruban de Reil. — V V. Valvule de Vieussens. — P c s. Pédoncules cérébelleux supérieurs. — P c i, Pédoncules cérébelleux inférieurs. — III. l\oyaux de la troisième paire. — IV p., V. p., VI p., Vil p., IX p., X p., XI p., XII p. Noyaux bulbaires des nerfs pathétique, trijumeau, moteur oculaire externe, facial, pneumo-gastrique, glosso-pharyngien, spinal et bypoglosse.

454 SUR LE|tRIRE ET LE PLEURER SPASMODIQUES.

lacrymale se produit dans des conditions absolument identiques à celles de la sécrétion salivaire dans les expériences mémorables de Cl. Bernard et de Vulpian. Nous savons très bien que la corde du tympan est assimilable à un neri' moteur par ses origines, ses rapports, sa distribution, sa fonction. C'est un filet du facial, comme la branche de l'ophtalmique qui se rend à la grande glande lacrymale.

De même la rougeur du visage est un phénomène de vaso-dilatation primitive et non pas le résultat d'une congestion passive, comme celle qu'on voit dans un commencement d'asphyxie Ainsi tous ces eflets sont sous la dépendance de la même colonne grise motrice.

IV. — Essayons maintenant de localiser les centres qui président à leur production (Fig. 181).

Sur une coupe, je représente la couche optique (Th) avec le segment postérieur de la capsule (CI) ; au-dessous, la commissure postérieure et les tubercules quadrijumeaux; au-dessous encore se trouve l'aqueduc de Sylvius entouré de sa substance grise.

Je vous ai parlé dans une de mes dernières leçons des noyaux du moteur oculaire commun étages dans cette région^; ils font partie de la même colonne grise motrice que nous retrouvons plus bas, constituant les origines du facial d'abord, du pneumo-gastrique, du glosso-pharyngien, et, en descendant du spinal, dont quelques filets inférieurs ont une origine médullaire. Plus bas encore, dans la moelle, sont les origines du phrénique, que nous verrons intervenir pour secouer le thorax au moment du grand Rire et du grand Sanglot.

Avec ces seules données anatomiques, on peut déjà envisager le processus du Rire, depuis le simple sourire, légère contraction faciale, jusqu'au Rire éclatant, identique à un vrai spasme. Le processus physiologique suit invariablement le même trajet, ayant toujours une direction descendante, depuis la petite diagonale du plancher rhomboïdal jusqu'à la colonne grise cervicale. Et le stimulus de ces noyaux bulbo-médullaires ne s'arrête pas là, puisqu'on peut avoir un spasme généralisé, une véritable convulsion, le « fou Rire », le Rire <f épileptique ». J'ajoute enfin que

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