V. — Revenons au Rire
Il est à peu près démontré qu'il a son centre de coordination dans le thalamus : c'est là que le chatouillement a son centre de réflexion; mais le Rire ainsi provoqué n'a pas de rapports avec le Rire pathologique que nous étudions.
Je vais vous présenter une malade que vous avez déjà vue. C'est une hémiplégique ; mais son hémiplégie n'est pas corticale : elle est due à une lésion des noyaux centraux, et elle a entraîné le faciès caractéristique qualifié de pseudo-hidhaire.
En la regardant marcher, vous constatez que son hémiplégie siège à gauche; sa démarche est très franchement spasmodique. hiterrogez-la, elle vous répondra avec la plus grande difficulté, remuant péniblement la langue, laissant s'écouler sa salive. Cette paralysie pseudo-bulbaire est la conséquence d'une lésion qui a interrompu, au-dessus de la décussation des pyramides, les fibres qui vont d'un côté à l'autre de l'hémisphère, pour produire les mouvements bilatéraux de la face.
Le résultat du déficit ischémique a été une paralysie faciale bilatérale. Celte paralysie n'est pas complète cependant : la malade peut articuler encore un peu ; mais son langage est des plus difficiles à comprendre.
Vous en savez assez de son histoire pour que nous étudiions ensemble le syndrome bulbaire si spécial qu'elle présente au plus haut degré.
Cette femme a pour voisines de salle des hystériques, qui sont loin d'être aussi raisonnables qu'elle. L'autre jour, l'une d'elles
1. Leçons du mardi, 1885-89 [pass.), et Clinique des maladies du système nerveux, tome I, p. 429.