Wette. Arch. fur klin. C/i/r., vol XLIV
5. Pdtxaji. Thyroïdecfoiin'c clans la Maladie de Graves. [The Joiini. of ycrv. a Ment, diseases. Liée. 1893.
laissant au dehors une portion du corps thyroïde; puis, un pansement protecteur, sans compression, a été appliqué par dessus. Peu à peu le bourgeon glandulaire, après avoir laissé suinter pendant quelques jours le suc thyroïdien, s'est étiolé, flétri, et les deux lèvres se sont rapprochées l'une de l'autre.
Poncet affirme que la guérison doit se faire lentement. Le moignon thyroïdien diminue peu à peu et la cicatrisation dure quelques semaines.
C'est ainsi que les choses se sont passées chez notre malade, et vous pouvez prévoir que, quand la plaie sera complètement fermée, il persistera encore un peu du corps thyroïde.
L'opération en elle-même a donc parfaitement réussi.
Quant aux résultats, ils sont aussi satisfaisants qu'on pouvait l'espérer, et parfaitement d'accord avec ceux qui ont été obtenus jusqu'à ce jour.
La tachycardie a presque complètement disparu ; le pouls, qui battait à 150, est retombé à 100 pulsations.
Le tremblement a notablement diminué et la malade accuse ellemême une sensation de mieux-être général, qui n'est pas un des moindres bénéfices du traitement qu'elle a subi.
L'exophtalmie elle-même est moins prononcée; la paupière droite s'est sensiblement relevée.
En somme, cette malade semble en excellente voie de guérison. Mais je tiens à vous rappeler que les améliorations se produisent par poussées successives. Ce qui s'est passé jusqu'à ce jour nous fait donc bien augurer de l'avenir.
Fig. 229. — Goitre exophtalmique.
V. — Je vous ai déjà parlé. Messieurs, à propos de la première malade opérée à la Salpêtrière par M. Poncet, des accidents survenant pendant les premiers jours qui suivent l'opération.
Rien n'est plus commun aujourd'hui, à la suite d'une opération grave où la perte de sang n'a pas été grande, que de voir des sujets n'éprouver qu'un malaise insignifiant.
604 NATUIIE ET TRAITEMEM DU GOITRE EXOPHTALMIQUE.
Dans l'exothyropexie, au contraire, il est de règle que le patient présente, peu de temps après l'intervention, des phénomènes d'agitation, une élévation du pouls, des sueurs abondantes, en somme un état général très alarmant. Ces troubles durent pendant deux ou trois jours; puis le calme reparaît et, tout rentrant dans l'ordre, l'amélioration s'accentue peu à peu.
M. Poucet nous avait mis en garde contre cette éventualité inquiétante en apparence; son expérience personnelle lavait suffisamment édifié à cet égard.
A peu près vers l'époque où il pratiquait ses opérations à la Salpôtrière, et où nous étions à même de contrôler l'absolue exactitude de ses assertions, Putnam publiait son mémoire relatif aux cas de Maladie de Basedow traités par la thyroïdectomie ; et il insistait de son côté sur les mêmes phénomènes d'agitation insolite consécutifs à l'opération.
« Le principal danger de ces opérations, dit Putnam, est que nous ne pouvons pas saisir la cause des résultats fâcheux qui surviennent dans quelques rares circonstances, et que nous ne pouvons pas les éviter....
« Les premiers jours qui suivent l'opération sont un sujet de grande anxiété pour le médecin, et de détresse pour le malade....
« Les symptômes alarmants apparaissent entre le premier et le huitième jour après l'intervention. 11 faut tenir compte, si on les voit manquer dans certaines observations, de ce fait qu'on a pu négliger de les noter, quand la terminaison a été favorable.... « L'état du malade est heureusement moins grave qu'il ne paraît. L'exagération de la dyspnée et de la tachycardie n'est peut-être qu'un phénomène comparable à celui qu'on observe chez les sujets
qui n'ont pas été opérés
« Il est bon de prévenir les amis du malade, sinon le malade lui-même, de ce qui se passe dans les premiers jours qui suivent l'opération. »
Parmi les cas rapportés par Putnam il en est un, qui lui est personnel, et où il est fait mention d'un accident post-opératoire sur lequel je tiens à appeler votre attention.
Si j'insiste sur ce fait, c'est. Messieurs, que je veux vous mettre en garde contre les appréciations erronées qu'on ne peut manquer de faire dans les cas où l'opération a une issue malheureuse.
-NATL'RK ET TKAITEMEM' DU GOITRE EXOPHTALMIQUE. 005
11 s'agissait dune femme de vingt-fneii ans présentant tous les signes de la Maladie de Basedow.
La thyroïdectomie fut pratiquée. Pendant l'opération, la malade respirait mal; son pouls était irrégulier; elle était dans une grande prostration.
A la suite de létliérisation, elle fut prise de dyspnée et d'étouff cments ; des mucosités très abondantes remplissaient sa gorge ; des vomissements survinrent, et son état parut des plus graves.
Le lendemain, les symptômes persistaient ; Tagitation était extrême; il y avait môme du délire et une très forte fièvre, qui ne pouvait être mise sur le compte dune infection.
Le surlendemain il en fut de môme ; les râles muqueux sétendaient aux grosses ramifications bronchiques; on crut aussi percevoir à rauscultation de petits points broncho-pneumoniques.
Puis, peu à peu, tous ces troubles s'amendèrent et disparurent complètement. Au bout de deux semaines la malade était complètement rétablie ; ou constatait même une amélioration très sensible sur son état lors de son entrée à Ihùpital.
Cette observation, vous le voyez, est conforme dans ses moindres détails à celle de notre malade.
Le point sur lequel je ^eux surtout insister, en terminant, est le fait d'une sécrétion bronchique excessive à la suite de l'opération. Xous l'avons observée d'une façon très manifeste chez notre malade, et je lis à plusieurs reprises remarquer cette sécrétion extraordinaire. A quoi faut-il attriijuer ce phénomène? — Selon toute vraisemblance, il s'agit là d'une catarrhe réflexe. La dyspnée qui se produit alors est purement mécanique, elle est causée par l'amas des mucosités obstruant les grosses voies respiratoires.
Telles sont. Messieurs, les considérations que je tenais à vous présenter relativement à l'opportunité des interventions chirurgicales dans la Maladie de Basedow, particulièrement pour ce qui concerne l'opération de l'exothyropexie.
Je vous en ai montré à la fois tous les avantages — et je les crois sérieux — ainsi que les dangers immédiats, qui d'ailleurs sont l'exception : les statistiques à cet égard sont péremptoires.