‹ Leçons sur les maladies nerveuses (volume 2)Chapitre 148 sur 153 · liri/. Diccl. Journal, {) pn\WY ■\8{)i · texte numérisé non relu

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Fig. 251. — Myxœdème.

Faciès (avant le Ivaitemcnt).

MYXŒDKME, CRKTIMSM]: ET I.\FA.M1!J SMK. CIO

('lait sujet à vai'ier. La face liouifie, surtout aux joues et aux };au- |)ièi'es, à tel point qu'on n'entrevoyait les yeux qu'avec peine, avait

cet « aspect lunaire « que je vous ai déjà signalé (Fig. '2")l).La sécheresse écai lieuse de Tépide^rme était, comme dans tous les cas du môme genre, le fait de l'absence de toute sécrétion sud orale et sél)acée. Les cheveux, les poils des aisselles et du pubis rares, secs et cassants, tombaient par plaques.

Dès l'époque où cette femme avait commencé à être malade, c'est-à-dire vers l'âge de quarante-deux ans, la suppression des règles avait été complète et défmitive. Nul besoin, nul appétit, nulle manifestation intellectuelle. Les facultés psychiques n'étaient cependant pas totalement abolies. La mémoire, le jugement n'avaient pas subi de grave atteinte. C'était toutefois une obtusiun de l'esprit, une torpeur, une nullité de réaction, une apathie, que les stimulations les plus vives et les plus ingénieuses avaient peine à dissiper. Cette malade restait assise dans un coin de la salle pendant des journées entières, immobile, inerte.

la physionomie impassible et comme endormie, ne parlant pas, ne pensant pas, et paraissant ne pas souffrir.

Le cas était trop beau pour ne pas tenter Lexpérience. Nous Lavons tentée (Fig. 252), mais si le Myxœdème, en tant que lésion cutanée et souscutanée, a guéri, la cachexie, qui depuis quelques mois était imminente, a fait des progrès si rapides ajn^'S la cessation du fraifement, que la malade a succombé. Aucune complication organique

Fig. 25"2. — Myxœdème.

(Après le traitement.)

G20 3IYXŒDÈME, CRÉTIMSME ET INFIATILISME.

ne nous a expliqué le mécanisme de la mort. C'est en quelque sorte par extinction, par épuisement progressif que le dénouement a eu lieu. Peu à peu, le cœur s'est afl'aibli, la respiration s'est ralentie, la sécrétion urinaire s'est tarie. Toutes les fonctions ont disparu progressivement, emportant la vie a\ec elles.

Je vous dis, Messieurs, que la maladie durait depuis dix-sept ans et que la cachexie avait déjà commencé son œuvre fatale lorsque le traitement thyroïdien a été appliqué. Nous ne pouvons avoir, bien sincèrement, aucun remords de ce qui est arrivé. Les doses avaient été prescrites avec la plus scrupuleuse prudence. — Mais peut-être est-ce là une leçon? Si le traitement thyroïdien convient aux myxœdémateux dans la période d'(3tat et, à plus forte raison, dans la période initiale de la maladie, je ne suis pas sûr ({u'il doive être administré lorsque la cachexie s'est affirmée déjà, surtout chez un sujet dont le Myxœdème remonte à une date si ancienne.

Dans le second cas, dont je vais maintenant vous parler, le succès a été complet.

La petite femme que voici, âgée de trente-sept ans, a présenté les symptômes typiques du Myxœdème depuis les premières années de sa vie.

C'est presque une naine, puisque sa taille ne mesure pas plus de 1 m. 12. Son intelligence a été toujours fort au-dessous de la moyenne.

Nous ne savons presque rien de son enfance et nous ignorons ce qu'il nous serait le plus utile de savoir : le mode de début de la maladie. Le fait que le Myxœdème semble avoir fait son apparition très peu de temps après la naissance nous engagea admettre qu'il s'agit, sinon d'une Idiotie myxœdémateuse, du moins d'un état similaire.

Et, à ce propos. Messieurs, je vous dirai que l'Idiotie myxœdémateuse comporte tous les degrés possibles, tant au point de vue de la lésion myxœdémateuse qu'au point de vue des altérations ou du défaut des fonctions psychiques. L'idiot occupe un échelon moins élevé que ïimbécile, et l'imbécile un échelon moins élevé que Vavriéré dans la série de ces êtres lamentables qu'on réunissait autrefois sous la môme rubrique : VIdiotie. Notre malade est une imbécile imjxœdémateuse (Fig. 255).

Je n'ai pas besoin de vous dire que le corps thyroïde est réduit à

MYXŒDEM!-:, CUÉTIMSilE ET LNFAXÏILISME.

(les proportions infimes. Nous ne sommes pas bien sûr môme qu'il existe; nous admettons qu'il n'est pas complètement atrophié, puisque, après tout, la santé générale est satisfaisante et qu'il n'y a eu jusqu'à présent aucune menace de cachexie.

Lorsque le traitement a été institué le 19 février dernier, le sujet pesait 27 kilogrammes sans ses vêtements': sa température était de 56 degrés; sou pouls oscillait autour de 80 et le taux de ses urines autour de iOO grammes dans les vingt-quatre heures.

Nous lui avons fait prendre tous les matins, en deux fois, dans du pain azyme, un lobe frais et cru de glande thyroïde de mouton L"ingestion avait lieu environ deux henres après regorgement de l'animal. Dès le lendemain de la première prise, le pouls battait à 124, la température montait à 7)1", 2 et la diurèse s'établissait à 500 ou 600 grammes. Pendant les premiers jours, la malade se plaignit de céphalalgie, d'insomnie, de coliques et de douleurs dans les membres inférieurs. Ces phénomènes d'intoxication thyroïdienne s'etfacèrent d'ailleurs bientôt , spontanément, sans qu'il ait été nécessaire d'interrompre ringcstion du médicament. Très rapidement, l'œdème de la face et des mains diminua dune manière étonnante. Le tliermomètre se maintenait toujours aux environs de 57", 5 et le pouls autour de 120.

x\u bout de six semaines, après l'absorption de 5i lobes thyi'oïdes.

l'ig'. !2"i5. — Mijxœdémateiisc.

(i22 .MYXŒDÈ3IE, CRÉÏLMSME ET INFANTILISME,

la guéi'ison était aussi complète qu'on pût Fespérer. Sans que rien eût été changé au genre de vie ou à l'alimentation, la malade avait ^ perdu 7 livres. Elle pesait 27 kilogrammes

au début du traitement, elle ne pèse plus actuellement que 25 kilogr. 500. La diurèse, très exagérée, d'abord est revenue à un taux moyen. Une véritable métamorphose s'est donc opérée sous l'influence du traitement. La dc'myxo'd émisât ion, appréciable dès les premiers jours, s'est eflectuée progressivement, et elle n'a pas tardé à devenir très apparente.

Un mois après le début, l'aspect du visage et des mains était normal ; les bourrelets œdémateux de la face, du corps, des mains, avaient disparu. Les joues avaient, pour ainsi dire, fondu ; les paupières avaient repris l'aspect ordinaire, les yeux s'étaient ouverts, — et les vêtements étaient trop larges. Une photographie prise le 4 avril, Mèinemaïadelprèriétraiteme.u'^ Y ^ quelques jours, fait uu coutraslc Hiyroïdieii. étrange avec celle qu'on avait faite avant

le traitement, six semainesj auparavant (Fig. 254) La peau est redevenue lisse et souple. Le visage, autrefois d'aspect enfantin, a pris Vaspect adulte. Là, comme aux mains, comme sur tout le corps, la régression de Finhltration est parfaite. En outre, la peau a repris ses fonctions normales : la sécrétion sudorale s'est rétablie et les ongles ont subi une modification très remarquable : sur tous les ongles des mains, en eflet, on aperçoit, à 5 ou 6 millimètres de la lunule, un sillon transversal très profond qui annonce la poussée nouvelle. Les poils sont encore aussi rares. Quant à l'état intellectuel, le changement n'est pas très manifeste. La malade est plus gaie, plus éveillée, mais elle a toujours des raisonnements très puériles'.

Vous venez de voii% Messieurs, un bel exemple de Myxœdèmc

1. Cette observat,io)i a été rédigée enliorement pai- Jt. Souques, clief de diiii (voyez Sociclt- médicale des linpllaii.r, 'l"i avril 1894).

MVXŒIIÈ.ME. CRHTI.MSMK ET [NFAMILISME.

<'hez une imbccile. Je peux vous eu uiouti'er uu autre encore chez une arriérée simple. 11 s'agit toujours d'une maladie de longue date, constituant plutôt un état acqnis et détînilif qu'un processus morbide à évolution précise. La myxœdémateuse que je vous présente a quarante-cinq ans. Elle ne sait [exactement ni quand ni comment elle est devenue ce que vous la voyez ânjourd"liui; elle

Fig. 255.

Myxirdéiiiateuse, arriérée myxœdciiialeuso, et idiote niyxœdéiiialeuse.

croit quelle a toujours été ainsi. Mais, à n'en juger que par sa taille, nous pouvons admettre qu'elle a eu un développement presque normal jusqu'aux environs de l'adolescence. Vous constatez qu'elle n'est pas absolument difforme, qu'elle n'est que modérément in- (iltrée et que, si l'aspect général de sa physionomie et la conformation de son faciès rappellent à beaucoup d'égards ceux de la malade précédente, elle occupe un échelon plus élevé de ce qu'on pourrait appeler ïécltelle de dégradation, .le l'ai fait photogra-

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