‹ Leçons sur les maladies nerveuses (volume 2)Chapitre 59 sur 153 · ABC · texte numérisé non relu

ABC

BC

Distrifjutioii pcrii)liérique des nerfs du plexus brachial.

Fig. 86. — Région antérieure. Fig. 87. — Région postérieure.

.\X, circonflexe. — R, radial. — ABC, accessoire du brachial cutané. — BC, bracliial cutané.

MC, musculo cutané. — C, cubital. — M, médian.

(Les traits noirs plus épais indiquent les limites les plus ordinaires de la dissociation

Syringomyélique.)

'224 SYRINGOMYÉLIE. — IIISTOLOGIE.

celle des départements connus de la sensibilité périphérique, vous voyez du premier coup qu'il n y a pas concordance et, d'autre part, que trois nerfs sont intéressés dans cette anesthésie : le radial, le médian et le cubital (Fig. 86 et 87).

Les recherches deFéré, Thorburn. Starr, Sherrington Bruns, Turner, nous ont appris — ici les expériences sont très supérieures à la dissection des plexus — que les nerfs n'aboutissent pas, chacun séparément, à une paire rachidienne, mais à une série de paires. Par exemple, le brachial cutané interne, qui innerve toute la région antéro-latérale de l'avant-bras, emprunte ses libres à la huitième paire cervicale et à la première dorsale. Le médian emprunte ses fibres à toutes les racines du plexus brachial, et le

radial , la majeure partie de ses fibres aux trois avant- dernières paires cervicales, et quelques-unes seulement à la huitième cervicale et à la première dorsale (Fig. 88).

11 y a môme tout lieu de supposer que l'enchevêtrement des libres qui constituent \e,'S> plexus extra-rachidiens se poursuit à l'intérieur de la moelle de manière à constituer des plexus intrarachidiens.

Grâce à Lenhossek, Ramon, Yan Gehuchten, KoUiker, nous avons appris que les fibres radiculaires postérieures vont, plus haut ou plus bas que leur point de pénétration, se distribuer à des étages de la substance grise de niveau différent.

Wl R C BC ABC

Fig. 88. — Plexus brachial.

V, \ï, VII, VIII, cinquième, sixième, septième et huitième racines cervicales. — I, première racine dorsale. — CF, nerf circonflexe. —MC, nerf musculo-cutané. — M, nerf médian. — R, nerf radial. — C, nerf cubital. — BC, nerf brachial cutané. — ABC, accessoire du bracliial cutané.

MÉTAMÉRISME DES CENTRES DE LA SENSIBILITÉ. I^h

La conckision à tirer de ces données indiscutables est qu'une lésion de racine postérieure ou de fdjre radiculaire postérieure produira des troubles sensitifs dcDis toute la zone périphérique des nerfs tributaires de ces racines (Fig. 50 et 51).

Ainsi, une lésion de la huitième cervicale et de la première dorsale se traduira par des troubles de sensibilité dans la sphère du médian, du brachial cutané interne, du cubital et môme, à un moindre degré, du radial, puisque ce dernier nerf emprunte quelques libres à la huitième cervicale. Mais cette lésion respectera le territoire du nerf musculo-cutané, puisque celui-ci n'emprunte aucune de ses libres aux deux dernières racines du plexus brachial.

YI. — Vous n'ignorez pas. Messieurs, que la supposition d-mic pareille lésion, quelle qu'en soit la nature, est fréquemment réalisée en clinique ; et nous n'éprouvons aucune difficulté à comprendre la diftusion des anesthésies périphériques qui en résultent. Ce n'est en effet qu'une diffusion relative, limitée dans son ensemble aux frontières préétablies de certains départements nerveux périphériques. Pour concevoir comment les anesthésies affectent la forme de tranches à limites circulaires, dès l'instant qu'il s'agit d'une lésion intra-spinale, une seule interprétation me parait, comme on dit en mathématiques, nécessaire et suflisante : il est nécessaire et il suffit d'admettre la persistance de la métamérie primitive des centres nerveux. Ici une définition est indispensable.

On appelle wit^ïa/«ère, ouneuromère, chacun des segments superposés dont le névraxe se compose — segments réels, nullement hypothétiques.... Mais il faut remonter bien haut dans l'évolution ou descendre bien bas dans l'échelle des êtres pour trouver le type de métamérie parfaite entrevu par Gall, il y a près de cent ans.

A chacun des métamères, chez Yindividu idéal que nous supposons, correspond un segment de cet individu, innervé par une paire segmeutaire ou métamérique.

Sans invoquer l'exemple des annelés dont la disposition métamérique est évidente, on peut se faire une idée de la même disposition chez des vertébrés, chez les reptiles, par exemple, dont presque tout l'appareil nerveux périphérique est représenté par des nerfs intercostaux; à chaque paire rachidienne correspond un métamère.

L'ensemble de tous ces métamères, superposés comme les éléments d'une pile de Volta, représente le névraxe (Fig. 89) ; ils

DRISSAUD, LEÇOXS. '15

SYRI^GOMYELIE.

HISTOLOGIE

ont entre eux des connexions, mais gardent, vis-à-vis les uns des autres, une indépendance rela-tive. Si, chez l'homme, l'appareil nerveux périphérique était réduit aux racines dorsales, il serait très facile de comprendre la disposition de l'anesthésie en zones,

suivant la disposition préexistante de nos douze métamères costo-vertébraux. D'ailleurs une lésion destructive du névraxe, une section de la moelle dans la région dorsale produisent une anesthésie totale de toutes les parties innervées par les racines sous-jacentes à la lésion; te, en pareil cas, la limite supérieure de l'anesthésie, régulièrement circulaire et perpendiculaire à Vaxe (lu corps est, vous le savez bien, (fautant plus élevée que la lésion est plus élevée elle-même.

a complication apparente des phénomènes, chez les vertébrés supérieurs, résulte du l'ait de l'adjonction des membres. Chacun de ceux-ci est comme un nouvel être, comme une branche entée sur le tronc principal.

Au niveau de l'insertion des nerfs Fig. 89. — Disposition raétainériquc des membres, la moelle présente un des paires nerveuses thoraciques. i-euflement formé de métamères su-

s, moelle épinière; RA, RP. racines anlé- , -.

rieureet postérieure; M, nerf intercos- pCrpOSCS COmme CCUX du trOUC.

tai; M, M', métamères isolés. Lesmétamèrcs du renflement

brachial sont étages comme ceux de l'axe dorsal. Au plus inférieur est dévolue l'innervation des parties les plus inférieures du membre ; au plus élevé est dévolue l'innervation des parties les plus rapprochées du tronc.

En admettant une lésion d'un de ces métamères brachiaux dont nous ignorons le nombre — et dont le nombre est peut-être réellement variable, — nous concevons que la limite supérieure de l'anesthésie produite par la lésion, est d'autant plus élevée que la lésion se rapproche davantage de l'extrémité supérieure de la

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