‹ Leçons sur les maladies nerveuses (volume 2)Chapitre 74 sur 153 · Leçon du 11 mai · texte numérisé non relu

Leçon du 11 mai

lesquelles les auteurs classiques vous renseigneront en détail. — Aujourd'hui, la seule question que je veuille discuter devant vous est la suivante :

Existe-t-il un rapport constant entre le siège des troubles de la sensibilité en général et celui des altérations trojjhiques concomitantes! Par exemple, les Arthropathies apparaissent-elles de préférence dans les régions qui ont été le siège de douleurs fulgurantes? Trouvera-t-on des transformations dégénératives dans les muscles privés de leur sens musculaire, dans l'estomac, si le malade a éprouvé des crises gastriques, dans le larynx, si l'on a constaté des ictus laryngés?

ï. — Avant d'entrer dans l'étude des faits qui pourront nous instruire à cet égard, je dois vous rappeler. Messieurs, ce que l'on entend par sensibilité.... Ne croyez pas que je veuille vous ramener au rudiment. Si je parais, en remontant si haut, m'écarter de mon sujet plus qu'il ne convient, j'espère vous prouver, par la suite, que cette digression n'est pas inutile; du moins elle me permettra, à moi, de me faire mieux comprendre.

La sensibilité n'est pas seulement une propriété des organes des cinq sens. C est une propriété commune à toutes les parties vivantes, sans exception. Quelques sensibilités viscérales sur lesquelles je reviendrai bientôt vous sont déjà connues; mais il y a plus encore. On parle — et non sans raison — de sensibilités de tissus. Beaunis% dans son très intéressant ouvrage sur les Sensations internes, définit de la façon suivante cette propriété absolument générale :

« C'est la sensibilité provociuée ou spontanée que présentent les tissus et les organes, à l'exclusion des sens spéciaux. On lui a donné aussi le nom de sensibilité commune ou jwofonde. »

Ces deux derniers mots sont assurément trop vagues, et, peutêtre, serait-il préférable de dire sensibilité organique ou histologique. Comme je n'ai pas la prétention de régir la terminologie technique, convenons d'appeler — si vous y consentez provisoirement — sensibilité organique celle qui ne nous est fournie par aucun des cinq sens spéciaux.

Tout d'abord, un premier point esta élucider : la sensibilité organique est-elle consciente'^. Il est certain que dans l'immense majo-

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