‹ Leçons sur les maladies nerveuses (volume 2)Chapitre 9 sur 153 · avril · texte numérisé non relu

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BRISSAUD, LECO-NS 3

34 SCLEROSE LATERALE AMYOTROPHIQUE.

YI. — Puisque j'en suis venu, Messieurs, à tous parler de la théorie de la Sclérose latérale amyotrophique, laissez-moi vous exposer quelques-uns des arguments dont on s'est servi pour contester sa nature systématique.

D'abord, on a prétendu qu'il ne s'agissait pas d'une lésion exclusive au faisceau pyramidal. — Je vous ai suffisamment exposé l'état de la question, en ce qui a trait à la dégénération supplémentaire, pour n'avoir pas à y revenir.

Mais ce n'est pas seulement aux lésions du cordon latéral qu'on a fait allusion, lorsqu'on a soutenu que la myélite éi^Siplus diffuse que ne l'avait avancé Charcot. Très souvent en effet, les coupes présentent des traces de dégénération dans les cordons postérieurs ; et celles-ci, comme l'ont soigneusement signalé Charcot lui-même et M. Marie, ont une tendance évidente à se systématiser : elles rappellent la sclérose du Tabès.

En vérité, il n'y a, dans cette coïncidence, rien de surprenant. Une lésion en appelle une autre. Sous ce rapport, la moelle n'échappe pas à la règle générale. La susceptibilité, qui résulte pour elle d'une première altération grave, la prédispose à une seconde. Je pourrais vous citer un cas de Sclérose latérale amyotrophique que j'ai observé l'année dernière avec mon ancien interne, M. Lamy, et dans lequel les complications symptomatiques d'une sclérose postérieure se sont déclarées à une époque où le diagnostic de la Maladie de Charcot était depuis longtemps confirmé. Les douleurs fulgurantes ont marqué le début de la maladie surajoutée. A l'autopsie, nous avons constaté les lésions caractéristiques de la Sclérose latérale amyotrophique, plus celles d'un tabès incipiens.

11 y aurait beaucoup à dire sur les cas de ce genre. Mais, ce que nous pouvons admettre d'ores et déjà, c'est qu'une moelle de Sclérose latérale amyotrophique peut présenter des lésions systématiques postérieures, tout aussi bien qu'une moelle de Tabès peut présenter des lésions systématiques du cordon latéral. Or, cette dernière combinaison est loin d'être exceptionnelle.

Notez bien, Messieurs, que je ne fais pas allusion à ces faits de sclérose combinée où la dégénération du faisceau latéral est contemporaine de celle du faisceau postérieur. Je vise spécialement les combinaisons en quelque sorte fortuites et tardives, dans les-

quelles riiii des deux processus est notablement antérieur à l'autre.

Je pourrais faire valoir aussi que, même dans les dégénérations unilatérales du faisceau pyramidal, à la suite des -hémorrliagies ou -des thromboses cérébrales, la sclérose systématique du cordon de Goll est assez fréquente. Ce cordon de Goll est certainement le plus fragile de tous; ses dégénérations sont vulgaires, on les constate dans un grand nombre d'affections spinales où le Tabès n'est pas en cause. Vous savez qu'il a une manière à lui de se comporter vis-à-vis des réactifs colorants; il l'a dès la période embryonnaire, il la conserve durant toute l'existence et elle ne fait que s'exagérer avec l'âge. Il est particulièrement sujet aux scléroses interstitielles, mais il est également sujet aux dégénérescences nerveuses proprement dites.

Nous ne connaissons pas d'ailleurs de myélites chroniques sys- 'lématiques d'une pureté idéale. Gowers l'a dit en excellents termes : « Dans les maladies dégénératives de la moelle, le tissu conjonctif peut augmenter dans les faisceaux normaux, et il peut, par places, .acquérir une telle importance, qu'il en résulte nettement une formation de foyers scléreux » \ Il va de soi que les foyers scléreux secondaires sont autant de points de départ pour les dégénérations systématiques.

VII. — Il y a encore bien d'autres maladies primitives des centres nerveux qu'on a tenté de faire intervenir dans l'histoire de la Sclérose latérale amyotrophique. Ainsi, on a prétendu que la Maladie de Charcot était une conséquence éventuelle de V Hydrocéphalie, des Tumeurs cérébrales, de la t^yringomyélie, sans compter les foyers de ramollissement ou d'hémorrhagie des corps opto-striés. La coïncidence n'est pas impossible. La rareté de cette coïncidence •d'ailleurs démontre qu'il ne s'agit de rien de plus.

Quant à la Syringomyélie, je crois qu'il n'est pas sans intérêt de s'y arrêter. Elle aussi est une lésion vulgaire, et plus vulgaire encore que toutes les autres. Les occasions ne me manqueront pas de vous en donner la preuve^

Elle a été signalée dans tant de maladies spinales, systématiques ou non, qu'il est impossible d'y voir autre chose qu'un incident anatomo-pathologique superposé à une foule d'états mor-

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