‹ Leçons sur les maladies nerveuses (volume 2)Chapitre 94 sur 153 · Edwin Rickards, British médical journal, 24 avril · texte numérisé non relu

Edwin Rickards, British médical journal, 24 avril

BRISSAUD, LEÇONS. 26

402 OPHTALMOPLEGIES ORBITAIRES

Quant à l'amblyopie bilatérale, d'abord prépondérante à droite, il est impossible de l'expliquer par l'extension du foyer jusqu'à la bandelette optique; une lésion de la bandelette n'aurait pas produit une amblyopie droite, mais une hémianopsie croisée. Ce n'est pas que la combinaison de l'Hémianopsie et de l'Ophtalmoplégie n'ait été déjà relevée. Vous en trouverez une observation intéressante dans un travail de Leyden sur la thrombose de l'artère basilaire^ Mais chez notre malade, il ne s'agissait que d'une amblyopie droite, suivie à bref délai d'une amblyopie gauche. Actuellement l'œil droit est complètement amaurotique ; l'œil gauche est en voie de le devenir. La malade ne distingue plus que vaguement les objets; elle dirige instinctivement son regard vers la lumière. C'est, pour emprunter un mot au langage des botanistes et des zoologistes, une espèce àliéUotropisme ; elle est assez spéciale aux amaurotiques.

Je vous ai dit que la lésion de la papille était celle des tumeurs cérébrales. Ce dernier fait, Messieurs, consolide notre diagnostic définitif. Tous avez eu sous les yeux un cas de néoplasme protuhérantiel.

A l'heure présente, la céphalée et la névralgie faciale ont disparu. Mais quelques désordres intellectuels, une obnubilation de la mémoire, une certaine confusion des idées, une apathie physique et intellectuelle presque invincibles complètent le tableau clinique auquel nous devinons les compressions intra-crâniennes.

Il n'est pas besoin de recourir à l'hypothèse d'une tumeur volumineuse pour expliquer les phénomènes dits de compression. De très petites tumeurs peuvent les produire; tout dépend de leur localisation, etc. Cen'estpastant la tumeur qui exerce une compression, que le liquide céphalo-rachidien accumulé dans les cavités ventriculaires. Une petite tumeur de la glande pinéale. capable de foire obstacle à la circulation en retour dans les veines de Galien, détermine une distension ventriculaire parfois très considérable. Rickards admet^ — non sans raison — que les tumeurs situées au voisinage de l'aqueduc peuvent aussi, lorsqu'elles enferment la lumière, interrompre la circulation du liquide céphalo-rachidien, des ventricules vers la moelle : alors les ventricules sont distendus et les phénomènes de compression apparaissent.

\. ZcUschrif f. Min Med., 1882.

Page 1