ANATOMJE PATHOLOGIQUE ET NATURE SYSTÉMATIQUE
Y. — Quant à supposer que la Sclérose Latérale amyotrophique a nécessairement une première localisation d'origine, soit dans le cerveau, soit dans la moelle, et que tout le reste dérive de cette lésion initiale, je ne puis. Messieurs, en ce qui me concerne, m'y résoudre. La clinique toute seule me l'ait rejeter cette hypothèse.
Vous avez vu que l'état spasmodique apparaissait tantôt dans un membre, tantôt dans un autre, que les noyaux bulbaires pouvaient être touchés dès le début, mais qu'ils le sont en général, à une période plus ou moins tardive, et entin. — je le répète à dessein. — que les phénomènes de contracture et d'atrophie suivaient le pins habituellement une marche ascendante. Toutes ces raisons me semblent suffisantes pour écarter l'hypothèse d'une altération univoque, primitive, localisée et entraînant toute la suite des symptômes. La Sclérose latérale amyotrophique est une maladie progressive entre toutes: elle n'est pas la résultante d'une situation morbide créée d'un moment à l'autre.
Si j'insiste sur^ce point, Messieurs, c'est que, dans une communication récente à la Société de médecine de Hambourg1, M. Nonne, dont la compétence neuro-pathologique est grande, a soutenu une opinion contraire et qui ne me semble pas irréfutable.
À l'autopsie d'un cas parfaitement typique de Sclérose latérale amyotrophique, l'écorce cérébrale fut trouvée malade : les stries de Baillarger et les deuxième et troisième couches de Meynert faisaient presque complètement défaut. Les fibres à myéline de la zonula avaient subi une grave dégénération. Étant donnée la participation des fibres d'association au processus dégénératif, l'auteur n'a pas hésité1 à conclure à la nature primitivement corticale de la maladie. Eh bien. Messieurs, c'est justement en raison de cette dégénération des libres d'association qu'il faut — du moins à mon avis — considérer ce cas idéal de Sclérose latérale amyotrophique, non pas comme relevant d'une lésion primitive de l'écorce du cerveau, mais comme une maladie systématique des fibres courtes de tout Vaxe cérébro-spinal. 11 est à supposer en effet que les libres d'association de l'écorce (dégénérées dans l'observation de Nonne) sont équivalentes aux libres courtes de la moelle légalement dégénérées), et que nous savons être «les fibres de cordon.