DE LA SCLÉROSE LATÉRALE AMYOTROPHIQUE
mais remarquez bien que les reproches dont il est passible n'auraient pas été justifiés, il y a une vingtaine d'années, lorsqu'il fut introduit dans la terminologie médicale. A cette époque, amyotrophie signifiait non seulement atrophie musculaire, mais encore. — par une sorte d'induction ou de sous-en tendu, — myélite des cornes antérieures de la moelle.
En imposant cette désignation à la maladie nouvelle, Charcot cherchait sans doute à définir tout autant la dégénérescence de la libre musculaire que celle de la substance grise spinale. Je ne saurais vous dire s'il ne préférerait aujourd'hui avoir choisi un autre nom. On peut en douter, car celui-là est fort explicite. Ne regrettons rien, il est destiné à disparaître : les Anglais ont pris la bonne habitude d'appeler la Sclérose latérale amyotrophique tout simplement : Maladie de Charcot. L'exemple commence à être suivi en France et dans la plupart des pays étrangers. Nous ne serons pas ici les derniers à nous y conformer.
C'est en effet notre maître qui a le premier décrit — et bien décrit — cette affection, qui l'a séparée des autres maladies de la moelle épinière avec lesquelles elle était confondue et parmi lesquelles figure en première ligne Y atrophie musculaire progressive du type Aran-Duchenne ; c'est lui, enfin, qui a proclamé et soutenu, envers et contre tous, l'autonomie de cette myélopathie, par des arguments si décisifs, que personne n'ose plus, à l'heure actuelle, en contester la réalité.
A la Salpètrière, les cas de Maladie de Charcot sont loin d'être rares; nous en avons toujours chaque année plusieurs en observation.
Cela tient précisément à ce que le diagnostic de la Sclérose latérale amyotrophique est toujours assez facile, et que la maladie étant, dès le début, jugée incurable, nous admettons directement ici la presque totalité des cas, soit de la ville, soit des hôpitaux généraux; ce n'est du reste pour nous qu'une richesse relative, attendu que la recette brute est assez restreinte. Je pourrai vous en montrer deux exemples à des périodes différentes de l'évolution de la maladie. Ils sont, l'un et l'autre, la reproduction très fidèle du tableau symptomatique que vous retrouverez dans tous les ouvrages classiques contemporains.