Soc. de Biol
Z. Dcutsch. Arch. f. klin. Med., 1893. Bd 51, p. 210.
ET SYRINGOMYÉLIE. 195
Un mémoire de Wieting (de Marburg)1 mentionne un fait très analogue. Raymond', d'antre part, relate un cas où « le diagnostic, égaré par un tableau clinique insolite, a mené à une intervention chirurgicale ». On avait admis une Pachyméningite cervicale hypertrophique avec compression antérieure et latérale de la moelle; « l'absence de tout trouble de la sensibilité avait empêché de conclure à la Syringomyélie ». Cependant, à l'autopsie, on s'aperçut que les méninges étaient saines, tandis que la moelle était envahie, « depuis le voisinage du bec du calamus jusqu'à l'extrémité du renflement lombaire », par une tumeur gliomateuse.
Kronthal a vu les formations cavitaires, les « cavitoses », pour employer un néologisme par trop hardi, survenir à la suite d'une stase veineuse, produite elle-même par une diminution de calibre du canal rachidien. Une tumeur étouffe, étrangle la moelle, fait obstacle à la circulation en retour, et il en résulte une congestion passive dont la conséquence plus ou moins tardive est une Syringomyélie caractérisée par tous les attributs anatomiques connus de cette lésion3. Une carie vertébrale, même sans exostose, est capable de provoquer une pachyméningite circonscrite dont les effets sont identiques1.
En résumé, vous pouvez, Messieurs, vous trouver en présence tantôt de Pachyméningites cervicales avec syndromes syrîngomyéliques, tantôt de Syringomyélies sans dissociation de la sensibilité. Si nous faisons la part des cas absolument exceptionnels, — celui de Raymond est un de ceux-là, — où l'erreur semble inévitable, vous vous rappellerez que le diagnostic repose seulement sur l'évolution de la maladie, et, pour préciser davantage, sur la date d'apparition de la dissociation thermo-analgésique.
VII. — C'est qu'en effet, Messieurs, la Pachyméningite cervicale hypertrophique peut exister par elle-même et pour elle-même, sans adjonction de troubles objectifs de la sensibilité, en un mot. conformément au type nosographique établi par Charcot et Joffroy, jusqu'au jour où la substance grise centrale de l'axe médullaire, réagissant à la stimulation périphérique, crée de toutes pièces une gliomatose secondaire.