‹ Leçons sur les maladies nerveusesChapitre 112 sur 159 · Voy. plus loin : les paralysies pseudo-bulbaires · texte numérisé non relu

Voy. plus loin : les paralysies pseudo-bulbaires

DANS LES SYNDROMES ÎU'LBO-NIOTUBED. ANT1ELS. 550

enfin les convulsions, simples secousses spasmodiques, lurent remplacées par Vêpilepsie, Dans aucun de nos ouvrages classiques contemporains vous ne trouverez une description plus schématique de ta maladie de Slokes-Adams; d'autant que la coïncidence du pouls lent et des crises est, dans la lettre de Morgagni, représentée comme la véritable caractéristique de ce singulier état de mal. Vous avez dû également noter au passage le fait du retour des crises sous l'influence d'une courte promenade et de la montée d'un escalier. Bref, le cas, remarquablement analysé, non moins remarquablement décrit, est, si l'on peut ainsi dire, le modèle du genre. Malheureusement l'autopsie est incomplète : les vaisseaux de la base de l'encéphale n'ont pas été examinés, et ce qui rend cette lacune très regrettable dans l'espèce, c'est que l'artério-sclérose n'était pas des plus prononcées. Les lésions artérielles consistaient bien plutôt en ectasies qu'en sténoses. Si l'examen des artères de l'hexagone avait pu être soigneusement pratiqué, l'observation eût été irréprochable.

Les phénomènes nerveux qui accompagnent ou précèdent le ralentissement du pouls, affectent, vous ai-je dit, plusieurs types ou variétés cliniques; et c'est l'ordre de succession de ces phénomènes qui a permis d'établir les dites variétés. Elles sont assurément conventionnelles et il ne faut pas leur attribuer une signification par trop étroite.

Leur but, leur utilité, par conséquent leur mérite consistent à réunir les faits analogues en un certain nombre de groupes distincts permettant de préciser l'énoncé du diagnostic. La première observation de Morgagni est relative à un cas de syndrome de Stokes- Adams dans lequel les crises avaient progressivement acquis une gravité croissante; dans ce cas, la rareté du pouls succédait aux crises et n'était que temporaire. Voici maintenant un second cas du même syndrome, ne se distinguant du précédent que par son mode particulier d'évolution. Mais les composants du syndrome sont les mêmes; c'est — si l'on pouvait s'exprimer ainsi — , un exemple parfait d'isouiérie sy Diplomatique.

« Anas-Poggio, prêtre respectable et probe, avait soixante-huit ans, était d'une habitude de corps un peu grasse, et d'un teint fleuri, lorsqu'il fut pris pour la première fois d'un accès d'épi lepsie, qui laissa après elle une extrême, rareté du pouls, ei un grand froid de

tout le corps. Mais on triompha de ce dernier dans l'espace de sept heures, el il ne revinl pas, quoique les accès devinssent j)lus fréquents : Vautre symptôme persista toujours. Comme 1rs choses étaient dans cet état, et qu'il n'y avait point de douleur de tête, ni aucun symptôme qui indiquât qu'elle était affectée idiopathiquerhent, des médecins âgés, qui avaient désiré autant que le malade de m'adjoindre à eux pour le traitement de cette maladie rebelle, ne doutaient pas qu'elle ne dépendît de l'irritation des hypochondres. Mais quoi qu'on employât surPoggio, d'après mon assentiment, un traitement qui avait pour but d'ouvrir, de nettoyer, d'adoucir les hypochondres, néanmoins les accès revenaient souvent, de sorte que nous commençâmes à craindre que la tête elle-même n'eût contracté une lésion, attendu surtout que ces accès avaient lieu quand le malade tournait celle partie avec trop de promptitude, qu'ils laissaient un sentiment de pesanteur, et qu'un peu de sang était assez souvent rendu par le nez avec les mucosités que le malade mouchait. La saignée fut utile, soit en soulageant la tète, soit en débarrassant les viscères auxquels se distribue la veineporle, de sorte que les accès cessèrent pendant peu de temps. Les accès pour la plupart étaient très courts mais violents. Car les yeux se renversaient, les membres s'agitaient continuellement , les fonctions de tous les sens étaient suspendues; souvent il y avait des symptômes de suffocation, qui étaient accompagnés de temps en temps d'une respiration stertoreuse; quelquefois on remarquait une évacuation d'urine. Il y eut un accès très mauvais le jour du solstice, et celui d'une éclipse de soleil. La fréquence et la violence des accès, jointes aux veilles, affaiblissaient tellement le malade, que nous dûmes chercher de quelque manière que ce fût à arrêter cet affaiblissement. Or l'opium procurait du repos et du sommeil la nuit, et tant s'en faut qu'il résultât de son administration de la pesanteur à la tête et de la stupeur, qu'au contraire ces deux symptômes qu'avaient laissés les accès du jour, disparaissaient ; mais si on en suspendait l'usage, ils persistaient et les premières veilles fatigantes revenaient. 1/ inégalité du pouls s'étant jointe tout à coup à son extrême rareté, nous administrâmes de nouveau de l'opium. L'usage continué de ce remède administré tous les jours à l'entrée de la nuit, fit entièrement disparaître celte inégalité et diminua même la première rareté. Peut-être soupçonnerez-vous qu'il n'arrive pas très rarement que l'épilepsie laisse après elle sur les hypochon-

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