DANS LES SYNDROMES BULBO-PROTUBÉRANT1ELS. 3G
ih'iaques la rareté du pouls, lorsque vous comparerez cette observation avec celle du célèbre Gerbez qui dit, en parlant du pouls d'un homme, hypochondriaque robuste : il était si lent pendant que cet homme, qui était sujet de temps en temps à de légers accès d'épilepsie, était en bonne santé, que le pouls d'un autre individu sain aurait facilement battu trois pulsations, avant que celui de ce sujet n'en eût battu deux1. »
J'ai abrégé l'histoire de Poggio. Du moins, n'en ai-je voulu supprimer que certaines phrases, la plupart inutiles. Mais vous y retrouvez la forme habituelle de Morgagni si fidèlement respectée par le traducteur Désormeaux. Elle a quelque chose de simple et d'ingénu qui, loin de nuire à la finesse de l'analyse clinique, en garantit la sincérité. Je ne saurais trop vous recommander cette lecture. 11 est impossible que vous n'y trouviez pas un grand charme, et le temps que vous y consacrerez sera toujours bien employé.
Avec son teint fleuri et sa légère corpulence, le respectable Poggio qui, lui aussi, était presque septuagénaire, nous apparaît, à cent cinquante ans de distance, comme un beau spécimen à'arlhritico-goutteux. Il saignait du nez facilement. Les épistaxis chez l'enfant et l'adolescent ne tirent guère à conséquence. Passé la maturité, elles ont toujours, souvenez- vous-en bien, une réelle importance. A plus forte raison, chez un vieillard, un saignement de nez, si léger qu'il soit, ne saurait-il être tenu pour chose indifférente. Le fait est que Poggio fut pris à l'improviste de tous les accidents qui constituent le syndrome de Slokes-Adams. Du premier coup, sans avertissement, sans prodromes, l'état morbide préparé de longue main fit explosion : ce fut l'attaque à'épilepsie, sous la forme la plus complète et la plus violente, qui ouvrit la scène. A l'épilepsie succéda la syncope, caractérisée par ce « grand froid de tout le corps » que nous appelons Valgidité. Et ce ne fut pas une petite syncope de femme nerveuse, car on ne vint à bout de ce grand froid que dans l'espace de sept heures. La première crise fut bientôt suivie d'une seconde, puis d'une troisième, et l'état de mal devint presque permanent, car les accès se produisaient dès que le malade tournait la tète avec un peu trop de promptitude. Notez qu'il ne s'agissait pas d' 'accès épileptif 'ormes : c'était le haut