LES TROPH0NÉVROSES CÉPHALIQUES
Il s'agissail d'une fillette de douze ans bien portante et n'ayant pas d'antécédents pathologiques, chez laquelle survint sans cause apparente an arrêt de développement de tout le côté droit du corps jusques et y compris l'œil de ce côté. 11 se produisit même un phénomène trophique peu commun chez un enfant : un arc sénile ou gérontox&n de l'iris droit. La myopie compliquée d'aslygmatisme dont le même œil fut atteint, résultait également d'un phénomène mécanique lié à l'incorrection du développement, l'adaptation des parties molles cl du squelette se faisant mal. A partir de l'œil, c'est-à-dire au-dessus du sourcil droit, le développement continuait de s'effectuer normalement, et, par contre, au-dessus du sourcil gauche, on constatait une atrophie des parties molles et du squelette.... (Fig. 15G). L'enfant n'avait ni paralysie, ni contracture, ni ancsthesie, rien enfin qui pût faire supposer une lésion de l'hémisphère. Et cependant Wallis Ord considérait — je ne sais trop pourquoi — ce syndrome comme une forme atténuée de l'hémiplégie spasmodique infantile.
Loin de contester l'exactitude de ce diagnostic, je vous fais simplement remarquer que l'auteur de l'observation - Hémitrophonénwe
. . 1 alterne (schéma du cas de
n'hésitait pas à faire remonter jusqu'à Waliis Ord). l'hémisphère cérébral la cause anatomo-
patbologique de l'atrophie. Et ce n'était pas une atrophie banale, puisque le squelette lui-même n'était pas épargné.
La protubérance annulaire ou pont de Yarole, voilà bien, Messieurs, la région des syndromes alternes. Je vous disais que les exemples ne manquaient pas; je vous en citerai donc encore un. tou jours relatif à une hémialrophic faciale. Celui-là, que j'emprunte à Th. Diller1 consiste en la combinaison d'une hémialrophic faciale droite avec une épilepsie jacksonnienne gauche.
i. The Journal of nervoun and mental Disea.ie. niai IS95, il0 5, p. l2Si.
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Le malade était un garçon do, vingt-neuf ans sans précédents pathologiques, chez lequel un traumatisme de la région frontale droite lui suivi d'une hémiatrophie crânio-faciale du môme côté; la lenteur el la progression régulière de la Iropbonévrosc permettaient de la considérer comme appartenant au type classique de Roinberg. Mais plus tard, alors que la maladie était déjà confirmée, cel homme commença à avoir des crises convulsives mit la nature desquelles il n'y a pas de confusion possible. Il éprouvait des engourdissements, des picotements dans les orteils du côté gauche; ces sensations remontaient le long de la jambe el de la cm jusqu'au tronc, gagnaient le bras gauebe, le cou, la (ace, el celle aura à long parcours se terminait par une douleur violente dans la moitié droite du visage, avec un maximum d'intensité dans la région atrophiée. « Ces attaques se sont répétées plusieurs loisans perte de connaissance et le malade prétend qu'il avail de la faiblesse musculaire dans la moitié gauebe du corps. 11 y aurait eu aussi des convulsions généralisées, et il affirme que celle nouvelle espèce d'attaque était précédée des mêmes troubles sensilifs ; et il perdait connaissance pendant ces convulsions1. »
Le fait que les crises jacksonniennes du côlé gauebe se terminaient par une exaspération douloureuse dans la moitié droite du visage parait établir suffisamment une relation pathogénique entre les deux phénomènes. Assurément on localise toujours, eu premier lieu, dans la région motrice de l'écorce le trouble fonctionnel ou la lésion analomiquc qui déterminent une épilepsie partielle si bien caractérisée. Alors, dans le cas actuel, il devient difficile d'imaginer quels rapports auraient entre eux le trouble nerveux cortical qui provoque les convulsions et le trouble nerveux protuliérantiel d'où procède l'hémiatrophie faciale. D'un autre côté, il faut tenir compte des faits déjà assez nombreux d'épilepsie jacksonnienne, survenue au cours d'affections cérébrales non corticales. Et comme, dans l'observation de Diller, la succession des crises convulsives et des douleurs faciales es1 immédiate, il est à peu près impossible de ne pas attribuer aux unes et aux autres la même localisation. Pour ma part, je considère celle localisation comme protubérantielle, ainsi d'ailleurs que toutes les localisations de syndromes alternes.