‹ Leçons sur les maladies nerveusesChapitre 129 sur 159 · Singer. Ibid. (Séance suivante · texte numérisé non relu

Singer. Ibid. (Séance suivante

5. Arcongbli. Bull, délia Soc. lancisiana d. osped. di Borna, 1894-1895, fasc. II. 4. Sachs. Ac. méd. de New-York, 10 avril 1896.

PATHOGÊNIE DU PROCESSUS SCLÉRODERMIOUE. 415

aussi être intéressé secondairement. Ici, la clinique et l'analomie pathologique nous fournissent des documents nombreux. On a vu la sclérodermie faire suite à un traumatisme crânien, dans des conditions telles que la relation de cause à effet n'est pas niable. On l'a vue se déclarer au cours d'encéphalopalhics singulières, caractérisées par une céphalée qui ne saurait être mise sur son propre compte'. L'influence de l'affection cérébrale, quelle qu'elle soit, a été dans ces cas directement efficace.

Quant aux maladies spinales, elles ont, elles aussi, le pouvoir de créer la sclérodermie, lorsqu'elles dépassent accidentellement les limites où leur systématisation habituelle les confine. La part du hasard est grande : et pour ne parler que d'une des moins systématisées, si la sclérodermie ne fait pas partie intégrante de la syringomyélie, on ne saurait contesler le rôle pathogénique de la gliomatose dans certains cas de sclérodermie et de syringomyélie combinées. Encore faut-il, pour que la sclérodermie vienne compliquer la syringomyélie, un concours de circonstances fortuites, où les origines spinales du sympathique se trouvent intéressées.

D'ailleurs, les altérations médullaires révélées par quelques autopsies de selérodermiques ne sont ni négligeables, ni vulgaires. Ce sont, le plus souvent, des lésions péri-épendymaires, comme celles qu'a signalées Àrnozan 2 ; elles consistent souvent en lacunes, en cavités creusées dans la substance grise, et toujours au voisinage de l'épendyme, ainsi que l'ont montré Jacquet et de Saint-Germain 3. Cette substance péri-épendymaire, dont on connaît si mal les fonctions normales et les réactions morbides, est très probablement le lieu anatomique où nous apparaîtront, quelque jour, grâce à des procédés de coloration plus délicatement électifs, les lésions de la plupart des dystrophies, non seulement celles de la sclérodermie, mais celles du rhumatisme chronique ; car la sclérodermie et le rhumatisme chronique, qui ont dans leur mode d'évolution et môme dans leur aspect extérieur tant de points de contact, ne peuvent pas ne pas avoir, au point de vue anatomique, une commune or igine. Les différences de localisation qui les séparent sont — nous le savons par la clinique — trop minimes pour les empêcher de se combiner fréquemment. Le cas de la malade que

I. riERccjt (de Philadelphie). Semaine médicale, 1890, p. 174. '2. Ar5ozax. Congrès de dermatologie, 1889.

">. hcfjvtT et de Sunt-Gehmain. Soc. de devinai, et de typh., 10 janvier 1895.

j'étudiais toul à l'heure avec vous en est un nouvel exemple.

Hors de La moelle, sur les racines, les altérations nerveuses sont encore assez caractérisées pour qui; la même réaction du sympathique nielle en train le processus sclérodermique. Et encore plus loin que les racines, sur le sympathique lui-même, il est telles influences pathogôniques qui peuvenl avoir le même effet, sans intervention de la moelle.

Les plus généralement adoptées sont les intoxications de provenance microbienne : Besnier accuse la tuberculose. Chauffard l'érysipèle, Marsh la diphtérie.

Il est bien vraisemblable que le rhumatisme articulaire on. tout au moins, les pseudo-rhumatismes infectieux agissent de la même façon que les infections les mieux déterminées. Le rhumatisme dont noire seconde malade avait été atteinte, présentait les allures anormales de ces pseudo-rhumatismes infectieux, à la suite desquels toute l'économie reste si longtemps en souffrance. L'action de la substance toxique peut bien s'exercer avec préférence sur l'appareil sympathique;... les procédés bislo-chimiques de l'avenir nous le diront. Dana, finalement, croit que toutes le* infections sont capables de donner naissance à la selérodermie; mais, comme la selérodermie n'est pas une conséquence fatale des maladies infectieuses, il faut préalablement supposer la susceptibilité du sympathique — hypothèse nécessaire, dont la justification clinique me parait amplement établie par tous les témoignages que je viens d'invoquer.

L'auto-intoxicalion sans infection n'est pas non plus inadmissible, et il est, à la rigueur, possible que l'empoisonnement thyroïdien exerce une action malfaisante sur le sympathique. Ceci est une concession aux partisans de la théorie thyroïdienne de la selérodermie : concession provisoire, car le traitement thyroïdien n'a aucune influence sur la selérodermie primitive ou secondaire de la maladie de Bascdow.

Celte dernière considération s'ajoute à toutes celles que j'ai énumérées et qui me font admettre, presque sans réserves, que toute selérodermie chronique d'emblée relève d'une affection préalable du système du grand sympathique.

Celle-ci d'ailleurs peut être primitive ou secondaire.

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