Archives générales de médecine, 1887, t. I, p. 3i
ET LA DISTRIBUTION PÉRIPHÉRIQUE DU ZONA. fil
Taxe neural.En d'autres termes le système nerveux des mélamères cutanés et musculaires se forme en dehors et en quelque sorte à l'insu du système nerveux central, llis1 d'abord et Sagemehl2 ensuite semblent l'avoir définitivement démontré. D'autre part les ganglions restent, à l'origine, simplement accolés au tubeneural, sans lui être unis par des libres nerveuses. Plus tard, une véritable communication s'établit entre le ganglion et la moelle. Sagemehl suppose que la moelle pousse des prolongements vers le ganglion, llis admet que les deux centres émettent, pour former la racine postérieure, des fibres allant à la rencontre les unes des autres. La conception actuelle du neurone ferait plutôt croire que la conjonction s'effectue aux dépens des seuls prolongements cylindraxiles des cellules ganglionnaires. Il est, d'ailleurs, probable que les nerfs centripètes sont « dès le début de leur développement, unis à leurs organes terminaux qui sont de provenance ectodermique ». Telle est l'opinion soutenue dès longtemps et à plusieurs reprises par Hansen3.
Enfin il est certain que les crêtes neurales, situées à gauche et à droite du tube neural, représentent le futur appareil ganglionnaire et se forment indépendamment de la moelle.
De tout cela il résulte que l'innervation du tronc est elle-même indépendante des rapports réciproques des ganglions et des neurotomes spinaux. Les ganglions étaient jadis une chaîne continue, saillante de chaque côté du névraxe primitif; et s'ils se chiffrent, dons la suite, par un nombre de petits centres égal à celui des neurolomes, c'est par le fait du développement de parties accessoires, spécialement des enveloppes fibreuse et osseuse de la moelle. L'anatomie embryonnaire ne prouve donc pas que chaque segment ou métamère ectodermique corresponde exactement à un ganglion, le ganglion n'ayant rien en soi qui puisse servir à définir le métamère périphérique. Les nerfs périphériques traversent les ganglions pour atteindre, sur le tube neural, leurs neurolomes respectifs — chacun à la hauteur de son segment spinal et sans subordination constante a un ganglion de tel ou tel numéro d'ordre.
Bref, si la lésion 'd'un ou plusieurs ganglions thoraciques est
1. Die Entwicklunfî der ersten Nervciibaliiicn beiltl meiiscliliclicn Embrvo. Arcli f Anal. u. Phyg. Anat. Abtli., 1X87.
2. l'utersuclimiften Bber die Eiitwicklmif; der Spinalncrven. Dorpat, 1882. ">. Zur Entwicklun-,' des Ncrvensysleiiis. Virchow's Archiv., XXX, 1804.
62 LA MÉTAMÉRIE SPINALE
capable de produire des troubles trophiques répartis exclusivement sur le territoire périphérique de ces ganglions — parlant sur des
Fig;. 19 et 20. — A gauche la distribution périphérique des nerfs intercostaux et lombaires. — A droite, les tranches métamériques correspondant aux tranches d'hyperesthésie indiqués par Head.
trajets nerveux connus — la lésion d'un ncurotonic spinal produil des troubles tropbiques répartis sur un territoire diffèrent; el ce territoire, zone oblique par rapport à celle des nerfs intercostaux,