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nanisme parmi les affections parasypliililiques1. Il est certain que la syphilis est de toutes les influences morbides la plus dystrophianle. Réserves faites sur sou rôle pathogénique à l'égard du nanisme, elle est, avec l'alcoolisme, responsable des pires dégénérescences héréditaires. Les cas d'infantilisme qui lui sont imputés relèvent-ils de la variété thyroïdienne ou de l'autre? — Je ne saurais vous dire; mais ce qui est certain c'est que les deux variétés peuvent fusionner lorsque les facteurs éliologiques se combinent. Je vous en fournirai dans un instant la preuve.
La cachexie paludéenne elle aussi, surtout associée à la misère physiologique, devient à la longue une prédisposition. Dans l'ancienne Sologne où la malaria n'épargnait aucune génération, on voyait beaucoup de ces êtres rabougris, mal venus et à courte vie, que le dialecte local désignait sous les noms iïaigrels ou û'acrals. C'est-à-dire qu'on les comparait au vert-jus ou raisin qui n'a pas « profilé ». C'était surtout dans les parties de ce pauvre pays où il ne poussait que du seigle que la race avait le plus dégénéré. Les seiglauds étaient opposés aux fromentolins qui habitaient les contrées moins ingrates où la culture du froment n'était pas tout à fait impossible.
A ces causes d'ordres divers , mais indépendantes des sujets eux-mêmes, il faut en ajouter d'autres , celles-là exclusivement individuelles et d'ordre anatomo-pathologique. La plus efficace et de beaucoup la plus fréquente est celle qui consiste en un trouble trophique vasculaire congénital tel que Yaplasie artérielle, le rétrécissement mitral pur, la persistance du trou de Botal. bi ef tout ce qu'on pourrait appeler d'un mot discutable, mais en somme utile, les anangioplasies.il n'est même pas improbable que l'infantilisme d'origine syphilitique relève de quelque malformation cardiaque ou vasculaire et, d'autre part, il n'est guère de cas de maladie bleue où l'on n'ait relevé un ou plusieurs caractères de Y infantilisme anangioplasique.
Une particularité spéciale à cette variété d'infantilisme me semble devoir être encore mentionnée. Les anomalies vasculaires ou cardiaques ne sont pas les seules qui appartiennent à cet infantilisme ou qui le favorisent; très souvent on a fait mention d'anomalies du
1. La syphilis héréditaire tardive. Paris. 1886, p. 20. — Influence dystrophique de l'hérédo-syphilis. Médecine moderne. 1890. — Les affections parasypkilitiques,p.%98. Paris, I8<»V
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squelette'. Or vous savez qu'il n'y a guère d'exemples d'une anomalie isolée. C'est une vérité qui date de Geoffroy St-llilaire. Et il est reconnu que la multiplicité des anomalies spontanées est un témoignage de dégénérescence. L'hérédité syphilitique et alcoolique collabore merveilleusement en vue de ce résultat. Et si la tuberculose s'en mêle à son tour, vous
pourrez voir des produits analogues à celui que je vais vous présenter.
La photographie est impuissante à rendre le contraste de ces deux personnages : le grand a 16 ans et le petit 18 (Fig. 155). Ce dernier joint à ces tares héréditaires sa propre lare alcoolique. Cet enfant monstrueux qui devrait être un adulte et qui semble n'avoir pas plus de 4 ans, boit le rhum et l'absinthe à plein verre. Je m'empresse d'ajouter que sa responsabilité est limitée, car sa mère lui en apporte ici en cachette. Depuis deux ans, une gibbosité pottique a encore diminué sa taille et une adénopalhie tuberculeuse cervicale a dû contribuer pour une bonne part à l'atrophie du corps thyroïde.
Voilà bien la combinaison annoncée de Y infantilisme myxœcîémateux et de Y infantilisme anangioplasique; car dans cette association des deux types, le myxœdèmc est parfaitement reconnaissable et l'infantilisme vrai par atrophie thyroïdienne se fusionne avec l'infantilisme faux de la dégénérescence. L'un n'exclut pas l'autre.
Fig. 153. — Infantilisme myxœdémateux et anangioplasique chez un sujet de 18 ans (le plus petit).
VII. — Je rue suis appliqué à faire ressortir les différences de deux sortes d'infantilisme qui avaient été jusqu'à présent confon-
1. hf'phi. Air/iir. di jixicliitllriii. XVII. fiisc. •>. 6, 1800.
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ducs, et dont l'une seulemenl constitue réellemenl un état d'enfance permanent; celle-là ne procède que d'une seule el invariable cause : l'insuffisance thyroïdienne. L'infantilisme de Lasègue, «le Lorain et de Faneau de la Cour forme un groupe beaucoup moins homogène. 11 se compose de tous les cas dans lesquels soit un vice originel de nutrition, soil un défaut de l'hématose, fixent la forme définitive du sujet connue en un moule de petit calibre, le seul qui lui convienne. Tandis que dans l'infantilisme myxœdémateux, le cartilage épiphysaire conserve, sans l'utiliser, son aptitude à l'ossification, dans l'infantilisme anangioplasique il l'utilise prématurément, et la soudure précoce des os du crâne démontre que l'ossification est le fait d'une insuffisance fonctionnelle des tissus ostéogènes en général. MM. Springer cl Serbanesco ont fait tout dernièrement des recherches à l'aide des rayons de Rœntgen sur les causes des troubles de la croissance et ils ont constaté que, chez les enfants syphilitiques héréditaires, comme chez les . enfants d'alcooliques, l'arrêt de développement parait dh à l'ossification précoce du cartilage. C'est en quelque sorte l'inverse de ce qu'on observe dans l'infantilisme myxœdémateux.
Encore une remarque, et je termine. Il ne faudrait pas croire que le myxœdème — complet on fruste — doive entraîner nécessairement soil des troubles psychiques, soit une simple apathie intellectuelle. En d'autres termes, il est des infantiles dont les fonctions cérébrales sont irréprochables; on en peut dire autant de certains myxœdémateux. De même il y a des infantiles comme aussi des myxœdémateux confirmés qui ne perdent ahsolument rien de leurs aptitudes sexuelles. Cela signifie qu'il existe des myxœdèmes partiels.
Comment cela peut-il se faire?
Une thyroïdectomie totale pratiquée sur un sujet jeune abolit du du jour au lendemain foules les fonctions thyroïdiennes, el le myxœdème s'ensuit avec son cortège de symptômes au grand complet. Mais, au lieu d'une abolition, supposons une simple diminution des fonctions thyroïdiennes, et nous verrons se produire telles altérations trophiques des os, des téguments et des phanères, qui dénotent précisément telles ou telles aptitudes spéciales de la glande.
Il y a mieux encore. Nous savons que la glande thyroïde de l'homme se compose de deux lissus, l'un thyroïdien, l'autre para-
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thyroïdien, tissus différents qui chez certains animaux constituent des glandes absolument distinctes, les thyroïdes et les parathyroules.
Les deux tissus sont juxtaposés chez l'homme cl peut-être môme si complètement mélangés que les lésions accidentelles des corps thyroïdes eu masse doivent intéresser également les deux tissus et troubler les deux fonctions. Mais si une altération spontanée du tissu thyroïdien par exemple — et systématiquement limitée à ce tissu — évolue sans compromettre en rien le tissu parathyroïdien,
Fig. -154. — Famille de myxœdémateux (père, fille et fils). Myxœdème congénital sans infantilisme ni amoindrissement intellectuel.
l'état morbide subséquent différera sensiblement de celui que produirait la perle de la fonction totale du corps thyroïde.
Or il semble, — d'après les indications cliniques et physiologiques, qu'on peut dès à présent mettre à profit, — que la suppression du tissu thyroïdien détermine des dystrophies du tégument et du squelette, tandis que l'abolition de la fonction parathyroïdienne provoque les accidents nerveux et en particulier les troubles intellectuels associés au myxœdème.
Je vous ai présenté récemment une famille de myxœdémateux parisiens — un père, un fils, une fille — chez lesquels le myxœdème était congénital; et il ne s'agissait pas d'une apparence de myxœdème, mais d'un myxœdème aussi complet qu'on put le souhaiter pour les besoins d'une description classique (Fig. 154).
Or, ce père n'a rien perdu de ses aptitudes sexuelles, il est d'un
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niveau intellectuel 1res supérieur à la moyenne. Le lils, encore plus myxœdémateux que lui, est le premier de sa classe dans une école industrielle.
Quant à la fille, elle est bien quelque peu apathique, mais elle est, comme son frère, intelligente et cultivée.
Aucun de ces trois sujets, quoique myxœdémaleux, ne présente la conformation générale des infantiles myxœdémateux. Le myxœdème est donc chez eux une manière d'être se rapprochant d'une monstruosité bien plus que d'une maladie.
Et cela nous explique comme quoi, dans l'infantilisme myxœdémateux, les altérations du tégument, du tissu sous culané, du système pileux, du squelette, etc., sont comme un fait acquis, n'impliquant nullement une dyslrophie évolutive.
Je reviendrai d'ailleurs sur ces trois sujets myxœdémateux dans une de nos prochaines réunions.